Dans la presse quotidienne...
L'Humanité, samedi 15 mai 1948

Le quotidien communiste se félicite de la proclamation de l'État dIsraël, et s'il manifeste quelque inquiétude quant au sort des Arabes de Palestine contraints à l'exil, il n'en considère pas moins la victoire des sionistes comme celle de la paix, du progrès et de la liberté. Les responsables de tout le mal sont les Anglais, dont l'impérialisme continue à s'exprimer par l'engagement de la Légion arabe de Glubb Pacha. Les communistes craignent que linfluence économique et financière de Londres ne vienne remplacer la seule présence militaire. La visite en France de la princesse Élisabeth d'Angleterre est également l'occasion de manifester une certaine méfiance vis-à-vis du pays allié d'outreManche, soupçonné de vouloir entraîner la France dans une « alliance occidentale ».

Le Figaro, samedi 15 mai 1948 .

C'est la visite de la princesse Élisabeth et du duc Philippe d'Édimbourg qui occupe ici la pirernière page.

En Palestine, c'est la guerre. Les forces arabes, égyptiennes et jordaniennes ont franchi les frontières accordées au nou vel État juif. La Ligue arabe a procl*amé l'« état de guerre » avec le sionisme. Les États-Unis ont reconnu le nouvel État juif, alors que Londres entend encore réserver quelque temps sa décision. Au niveau du rapport des forces, il semble qu'israël soit en mesure, grâce aux Forces de la Haganah et au contrôle du port d'Haïfa, par où peuvent arri ' ver des renforts et des moyens supplémentaires, de tenir tête victorieusement à l'offensive en cours.

Le Soir, dimanche 16 mai 1948

On remarquera que le grand journal belge et Le Figaro publient en même temps les Mémoires de guerre de Winston Churchill, à qui la victoire travailliste de 1945 a fourni des loisirs suffisants pour la réalisation de cette tâche historique. Le Conseil de sécurité des Nations unies semble bien incapable d'empêcher quoi que ce soit en Palestine, où l'envoi d'un « médiateur » a été décidé.

Libération, vendredi 28 mai 1948

Le quotidien de gauche annonce l'intention du gouvernement de licencier cent cinquante mille fonctionnaires, dans la perspective d'une politique d'économie. Les retombées de l'épuration sont encore loin d'être terminées; on le constate avec les photos montrant Sacha Guitry se recueillant devant le monument élevé à Lyon à la mémoire des Résistants, avec le procès de l'abbé Allesch, la mise en cause d'une personnalité importante du ministère de la Marine, la condamnation à la dégradation nationale d'un commissaire général à l'Agriculture en fonction de mars à août 1944.