- Vichy
et les juifs
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- A partir du 27 septembre
1940, chaque préfecture établit, à la demande
des autorités allemandes, un fichier des juifs en zone
occupée. Le 3 octobre, le premier statut des juifs est
promulgué par le gouvernement de Vichy. Il est valable
pour les deux zones. Toute personne juive c'est-à-dire
«issue de trois grands-parents de race juive ou de deux
grands-parents de la même race, si son conjoint lui-même
est juif» est exclue de la fonction publique,
de la presse et du cinéma. Les préfets sont autorisés
à interner les «étrangers de race juive».
Les cartes d'identité doivent porter la mention «juif»
et les commerces, l'inscription «entreprise juive».
Le 29 mars 1941,
le Commissariat général aux Questions juives est
créé. Le 2 juin, un deuxième statut des
juifs est adopté: le recensement des juifs est rendu obligatoire
sur tout le territoire. Ils sont exclus des professions libérales,
commerciales et industrielles. En zone occupée, ils n'ont
pas le droit de posséder une radio, d'avoir le téléphone,
de sortir de chez eux après 20 heures. En juillet, les
biens juifs sont liquidés et placés sous contrôle
d'administrateurs non juifs.
Le camp de Drancy est ouvert le 20 août 1941. Le premier
convoi pour Auschwitz en part le 27 mars 1942. Le 28 mai 1942,
une ordonnance allemande oblige les juifs âgés de
plus de 6 ans à porter l'étoile jaune.
Le 2 juillet 1942, René Bousquet, secrétaire général
de la police, et Karl Oberg, chef des SS en France, mettent au
point les modalités de leur collaboration.
En échange d'une reconnaissance formelle de l'indépendance
de la police française, Bousquet se déclare prêt
à faire arrêter les juifs étrangers dans
toute la France. Cet engagement, approuvé par Laval le
3 juillet, débouchera sur de grandes rafles, dont celle
des 16 et 17 juillet 1942 à Paris (rafle du Vel' d'Hiv'),
où sont arrêtées 12 884 personnes, dont 4
000 enfants.