Extrait de l'album "La
bête est revenue" (1998)
de Pierre Perret
Nous tenons a remercier particulierement
Michèle Doubior qui a eu la tenacitéde trouver les paroles
de cette chanson tout à fait d'actualité, ainsi que Alain-Pierre
Perrin qui a bien voulu les lui transmettre.
http://rafale.worldnet.net/~apperrin/collection/chansons.htm
(Pour la petite histoire lors de l'emission "Public" du mois
de décembre présentée par Michel Field, Jean-Marie
Le Pen invité de cette emission a reçu en cadeau ce cd de
Pierre Perret...)
Sait-on pourquoi, un matin,
Cette bête s'est réveillée
Au milieu de Pantin
Qu'elle a tout émerveillé
En proclamant partout, haut et fort
:
" Nous mettrons l'étranger
dehors "
Puis cette ogresse aguicheuse
Fit des clos limitatifs.
Leurs tirades insidieuses
Convainquirent les naïfs
Qu'en suivant leurs dictats xénophobes,
On chasserait tous les microbes.
Attention mon ami, je l'ai vue.
Méfie-toi : la bête est
revenue !
C'est une hydre au discours enjôleur
Qui forge une nouvelle race d'oppresseurs.
Y'a nos libertés sous sa botte.
Ami, ne l'ouvre pas, ta porte.
D'où cette bête a surgi,
Le ventre est encore fécond.
Bertold Brecht nous l'a dit.
Il connaissait la chanson.
Celle qu'Hitler a tant aimé,
C'est la valse des croix gammées
Car, pour gagner quelques voix
Des nostalgiques de Pétain,
C'est les juifs, encore une fois,
Que ces dangereux aryens
Brandiront comme un épouvantail
Dans tous leurs sinistres éventails.
Attention mon ami, je l'ai vue.
Méfie-toi : la bête est
revenue !
C'est une hydre au discours enjôleur
Qui forge une nouvelle race d'oppresseurs.
Y'a nos libertés sous sa botte.
Ami, ne l'ouvre pas, ta porte.
N'écoutez plus, braves gens,
Ce fléau du genre humain,
L'aboiement écoeurant
De cette bête à chagrin
Instillant par ces chants de sirènes
La xénophobie et la haine.
Laissons le soin aux lessives
De laver plus blanc que blanc.
Les couleurs enjolivent
L'univers si différent.
Refusons d'entrer dans cette ronde
Qui promet le meilleur des mondes.
Attention mon ami, je l'ai vue.
Méfie-toi : la bête est
revenue !
C'est une hydre au discours enjôleur
Dont les cent mille bouches crachent
le malheur.
Y'a nos libertés sous sa botte.
Ami, ne l'ouvre pas, ta porte
Car, vois-tu, petit, je l'ai vue,
La bête. La bête est revenue.