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NUIT ET BROUILlLARD
LE GENOCIDE DES JUIFS.
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- Un antisémitisme endémique existait depuis
des siècles en Europe et en
- Allemagne. Il connaît son paroxysme absolu avec
l'avènement du nazisme.
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- LA JEUNESSE D'HITLER
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- La jeunesse d'Hitler baigne dans un climat antisémite
accentué. Nombre
- d'écrits pseudo-scientifiques, de Gobineau à
Chamberlain, brochures
- antisémites, revues douteuses comme Ostara, l'influencent.
Il adhère
- finalement à un petit groupe nationaliste qu'il
transforme en parti nazi
- (NSDAP). En 1920, le programme du NSDAP.
Indique dans ses points 4, 5 et 6 que seuls les " citoyens "
bénéficient des droits civiques .
Pour être "citoyen ", il faut être de sang allemand,
ce qui légitime ainsi à l'avance le fait qu'aucun Juif ne
peut être citoyen. Le point 18 annonce qu'il faut mener une lutte
sans merci contre tous ceux qui nuisent à l'intérêt
public.
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- MEIN KAMPF
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- En 1923, après le putsch manqué de Munich
et durant la brève période
- qu'Hitler passe dans la forteresse de Landsberg où
Il est incarcéré, il
- consigne ses idées dans Mein Kampf. Selon lui,
l'humanité est composée
- d'un nombre de " races " biologiques se caractérisant
par un ensemble de
- qualités physiques, intellectuelles et morales
liées par l'hérédité. Parmi
- ces " races ", certaines sont " supérieures
" aux autres, " la race
- aryenne " en particulier ; les autres sont considérées
comme " inférieures
- ", notamment la " race juive ". Les rapports
entre ces races doivent être
- ceux des seigneurs et des esclaves.
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- La diffusion de cet ouvrage est tout de suite prodigieuse,
Intensifiée par
- l'appui le plus officiel dès l'accès du
national-socialisme au pouvoir.
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- HITLER AU POUVOIR
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- Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler est nommé chancelier
du Reich par décret
- de Von Hindenburg. Cette nomination, conforme aux résultats
des élections
- des 14 juin et 8 novembre 1932, va bouleverser l'histoire
de l'humanité.
- Les nazis célèbrent leur prise légale
du pouvoir par de violentes attaques
- contre la population juive. De nombreuses arrestations
ont lieu.
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- Le 1er avril 1933, sous prétexte de répondre
au boycottage des
- marchandises allemandes à l'étranger, des
magasins appartenant à des Juifs
- sont soumis à un boycottage sur l'ensemble du
territoire. Le 7 avril, deux
- lois excluent de fait les Juifs des fonctions publiques.
Une loi du 22
- avril exclut les médecins pas des caisses de sécurité
sociale.
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- En mai, les Juifs sont chassés de toutes les activités
culturelles, de
- l'édition et de la presse. Le 15 septembre, une
loi les prive de tout
- droit politique : Ils sont exclus de l'administration,
de la justice et de
- l'enseignement. En septembre 1935, les " lois de
Nuremberg " sont
- promulguées. Elles comprennent deux textes fondamentaux
- la loi sur la "
- citoyenneté ", qui stipule que " pour
être citoyen du Reich, il faut être
- de sang allemand et de souche allemande ", et la
loi sur " la protection
- du sang et de l'honneur allemand ", qui interdit
les mariages entre Aryens
- et Juifs, impose la rupture des concubinages mixtes existant
depuis moins
- de cinq ans et prévoit des peines de travaux forcés
pour les Allemands qui
- ont des rapports sexuels avec les Juifs.
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- LE TOURNANT DE 1938
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- La politique antijuive se fait plus oppressante en 1938.
Après l'annexion
- de l'Autriche, le 13 mars, les Juifs autrichiens subissent
en quelques
- semaines ce que leurs coreligionnaires allemands avaient
connu en l'espace
- de cinq ans. Le 26 avril 1938, Ils sont tenus de déclarer
tous leurs
- biens. De juillet à octobre 1938, ordonnances
et décrets antijuifs se
- succèdent à un rythme accéléré
et inquiétant. Les professions de médecin
- et d'avocat sont interdites aux Juifs. La délivrance
de passeports
- spéciaux s'accompagne de l'attribution du prénom
distinctif de Sarah pour
- les femmes et Israël pour les hommes...
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- L'attentat commis par le jeune Juif Grynspan contre Von
Rath, conseiller
- de l'ambassade allemande à Paris, sert de prétexte
au terrible pogrom de
- la " Nuit de Cristal ", les 8 et 9 novembre
1938, pogrom qui fournit aux
- nazis l'occasion de procéder à l'isolement
complet et dramatique des Juifs
- allemands.
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- Comble de l'ironie, la réunion interministérielle
organisée le 12 novembre
- 1938 par Goering (en sa qualité de chef suprême
de l'économie allemande,
- puisqu'il est responsable du Plan de quatre ans) inflige
aux Juifs la
- réparation des dégâts provoqués
et une amende d'un milliard de marks !
- Lors des débats Goering insiste seulement sur
la spoliation des Juifs ;
- mais Heydrich, le chef de la Sûreté, fort
du succès de sa Centrale
- "émigration juive à Vienne (qui avait
réussi à faire partir, en l'espace
- de six mois, 50 000 Juifs d'Autriche) prononce le mot
décisif : Il faut
- que les Juifs quittent le Reich !
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- Un accord signé par Helmut Wohltat et le représentant
du Comité
- intergouvernemental pour les réfugiés prévoit
l'émigration en cinq ans de
- 400 000 Juifs. L'idée d'une " réserve
juive " en Guyane ou à Madagascar
- progresse. Mais, dans son discours du 30 janvier 1939
devant le Reichstag,
- Hitler - tout en présentant sa menace comme une
sorte de prophétie -
- avertit que, si une guerre mondiale devait éclater,
" ce serait
- l'anéantissement de la race juive en Europe ".
Dès le début de la guerre,
- des mesures de concentration et d'extermination Interviennent.
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- L'INVASION DE L'URSS
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- En mars 1941, Hitler donne l'ordre au commandement de
la Wehrmacht
- d'exterminer, après la pénétration
allemande en URSS, les commissaires
- politiques de l'Armée rouge, les personnes soupçonnées
de communisme actif
- et les prisonniers juifs. D'autre part, Il charge Himmler
de supprimer
- tous ceux qui s'opposent aux intérêts allemands.
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- En mai, les nazis mettent sur pied des groupes d'action
SS - les
- Einsatzgruppen - qui seront chargés d'éliminer
les Juifs soviétiques.
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- Le 31 juillet 1941, un mois après l'invasion de
l'URSS (22 juin 1941),
- Goering adresse à Heydrich une lettre ou il le
charge de préparer une "
- solution d'ensemble ", " finale ", de
la question juive.
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- De la fin du mois de juin 1941 au mois de novembre, les
unités spéciales
- (Einsatzgruppen) effectuent des exécutions massives
et des gazages à
- l'aide de camions. En décembre, l'inauguration
du camp d'extermination de
- Chelmno dans le Warthegau - premier centre de gazage
fixe - permet aux "
- spécialistes " de la question d'esquisser
les grandes lignes d'un projet
- d'ensemble visant à combiner ce qui existe déjà.
le regroupement forcé
- dans les ghettos et les camps, l'élimination par
" affaiblissement naturel
- " et l'extermination totale.
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- Fort de son expérience, Heydrich convoque une
conférence. Elle a lieu le
- 20 janvier 1942, dans la banlieue de Berlin à
Wannsee, sous sa présidence.
- Elle précise les modalités de la "
solution finale du problème juif " pour
- les onze millions de Juifs d'Europe.
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- LES CAMPS
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- Le 17 mars 1942, l'extermination commence à Sobibor.
Jusqu'en octobre
- 1943, on y massacre des centaines de milliers de Juifs.
Le 17 mars,
- l'extermination commence. au camps de Belzec, où
seront assassinés 600 000
- Juifs jusqu'à la fin de 1942. Le 26 mars les Juifs
de Slovaquie sont
- envoyés à Auschwitz et à Majdaneck.
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- Un des trois camps d'Auschwitz aménagé
en mai 1940 sur l'ordre de Himmler
- dans la ville d'Oswiecim, devint un énorme "
combinat de la mort "
- international. On y prépare activement et "
scientifiquement "
- l'extermination massive de la population juive provenant
de tous les pays
- occupés par l'Allemagne hitlérienne, de
la France à l'URSS. Les Juifs
- polonais, hongrois, tchèques et slovaques, allemands,
grecs et hollandais
- y sont les plus nombreux.
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- Les victimes sont gazées massivement dans des
chambres spéciales. Une fois
- déshabillées, elles sont conduites dans
la morgue-chambre à gaz. On leur
- dit qu'elles vont au bain et qu'ensuite elles recevront
un repas, puis
- qu'on les enverra au travail. Au moment ou on lance le
gaz, pour étouffer
- les cris et les gémissements des agonisants, on
branche un moteur d'auto
- spécialement placé là. La mort résulte
aussi bien du zyklon B (acide
- cyanhydrique) que du monoxyde de carbone qui provoque
une asphyxie
- cellulaire mortelle.
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- Des expériences " médicales "
on lieu. Il est même décidé de tuer les
- déportés par injections de phénol
dans le coeur.
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- La faim, le travail épuisant et les mauvaises
conditions d'hygiène
- favorisent en permanence les épidémies
de typhus exanthématique, de fièvre
- typhoïde, de tuberculose, de nombreuses maladies
de la peau, etc.
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- Les corps des victimes de ces camps de la mort sont d'abord
enfouis dans
- des fosses communes. Plus tard, Ils seront brûlés
dans des fours
- crématoires ou sur des bûchers. En mai 1942,
l'assassinat d'Heydrich
- paraît donner le signal "une accélération
des massacres.
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- En ce début de l'année 1942, quelques informations
sur les activités des
- Einsatzgruppen et sur les massacres perpétrés
dans les camps de la mort
- parviennent aux pays occidentaux. Vers la fin de l'année
1942, ces rumeurs
- sont confirmées. Ces nouvelles suscitent l'horreur
et l'indignation dans
- la plupart des pays en guerre contre l'Allemagne, mais
aucune action
- militaire n'est entreprise pour sauver les Juifs.
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- LE SAUVETAGE
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- En mai 1942 quand on édicta, en France, le port
de l'étoile jaune pour les
- Juifs des deux sexes à partir de l'âge de
six ans, des centaines de
- Parisiens tinrent à tourner en dérision
la brimade, en se confectionnant
- eux-mêmes des étoiles de fantaisie. Une
marchande de journaux accrocha une
- étoile au cou de son chien ; un employé
de commerce se fabriqua un insigne
- portant l'inscription " goy " . un architecte
affichait son origine d'"
- Auvergnat " ; des " bouddhistes " des
" papous " et même des " swing " se
- répandirent à travers les rues parisiennes.
Certains furent arrêtés en
- qualité de " manifestants gaullistes "
et durent passer de longs mois dans
- les camps d'internement.
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- Diverses populations acceptent de collaborer avec les
nazis et participent
- à l'extermination des Juifs : dans les pays baltes,
en Croatie, en Serbie
- et Slovaquie... D'autres demeurent totalement indifférentes
à leur sort,
- comme en Pologne. Il n'en reste pas moins que les Danois
ou les Bulgares -
- pour ne citer qu'eux - sauvèrent la plupart de
leurs ressortissants juifs.
- Au péril de leur vie, de nombreux non-juifs, prêtres,
ouvriers ou paysans,
- accueillirent puis sauvèrent les proscrits. Ces
" justes ", par leurs
- actes héroïques arrachèrent à
une mort certaine des enfants, des femmes,
- des vieillards.
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- L'HEROÏQUE RESISTANCE
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- Dans les ghettos, des mouvements clandestins participent
à tous les
- aspects de la vie juive. La plupart des associations,
partis ou
- organisations juives dissoutes continuent à militer
dans la clandestinité.
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- La résistance armée juive revêt trois
aspects :
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- [Imala rébellion armée dans les ghettos
et dans les camps à Varsovie,
- Bjalystok, Cracovie, dans la région de Zaglembia;
- [Imala formation d'unités de partisans;
- [Imale rattachement aux mouvements de résistance
en Europe occupée .
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- Si des centaines de milliers de juifs parvinrent à
survivre en émigrant,
- en se cachant, grâce à la protection courageuse
de nombreux particuliers
- ou institutions non-juives ou en se joignant à
la lutte armée contre la
- barbarie nazie, Il rien reste pas moins que six millions
d'entre eux, de
- tous âges, conditions et appartenances, périrent
dans des conditions
- tragiques et, le plus souvent, dans l'indifférence
générale.
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- Marc KNOBEL
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