La situation des homosexuels côté palestinien

 

Dans l’émission Hashifa de juin 2003, la télévision israëlienne présenta une enquête menée par Saïd Kadifi, « Sahidim o lamout », « devenir shaïd ou mourir ».  Le reporteur interviewa des homosexuels palestiniens qui avaient été aidés par l’association homosexuelle de Tel Aviv. Nous avons traduit et retranscrit le texte de cette émission qui est assez significative d’une situation de violation des droits de l’homme.

 

Ashraf, un homosexuel palestinien, vit depuis deux ans à Tel-Aviv.

« Si j’étais rentré à Gaza, j’étais mort. Je n’ai rien à faire là-bas. »

Dans les territoires palestiniens, poursuit l’enquêteur, on considère et on présente les homosexuels comme des collaborateurs.  Pour mettre en garde les homosexuels et les collaborateurs éventuels avec Israël, la télévision palestinienne diffuse des images des corps des ‘collaborateurs’, exécutés sommairement, torturés auparavant pour la

Les brigades d’exécutions, cagoulées, partent souvent en expédition ensuite pour liquider les homosexuels, que les territoires palestiniens définissent comme des ‘profanateurs de l’honneur de la patrie’.

 

Le second homosexuel palestinien, toujours anonyme, continue :

« Ils sont venus chez moi le soir. Ils m’ont mis un révolver sur la tempe, et m’ont dit ‘tais-toi ou tu es mort’. Ils m’ont emmené à Ramalah, où ils m’ont roué de coups, et ils m’ont torturé, comme ‘assied-toi sur la bouteille’, ‘sur la bouteille ?’ ‘assied toi sur la bouteille !’. Puis il y avait une baignoire pleine d’eau froide, c’est tout, rien à manger pendant trois jours. Ils m’ont battu, me laissant pour mort. Tsahal m’a trouvé alors. Je ne tenais pas debout. Ils m’ont emmené à l’hôpital où j’ai été soigné. »

 

Les jeunes homosexuels palestiniens cherchent refuge et protection auprès de l’association des homosexuels à Tel Aviv. Celle-ci témoigne : « Nous évaluons à 300 le nombre de palestiniens qui ont pû s’enfuir. La plupart se cache dans des villages, ou dans des villes ‘mixtes’, comme Jaffa ou Tel Aviv. Les Tanzims leur donnent le choix entre se tuer par un attentat suicide, ou mourir. On cherche parfois aussi à en faire des agents doubles…

 

Ashraf témoigne : « On m’a dit, deviens shahid, ou meurs tout de suite. J’ai refusé. Beaucoup de Juifs me connaissent. Ils savent que je ne suis pas un retardé de ce type pour faire ce genre de choses… Je leur ai dit que je préférais mourir… 

On m’a dit souvent. Reviens, laisse les Juifs, reviens. Mais les Juifs m’ont permis de vivre. Je reste avec eux. »

-« Que se passera-t-il si tu rentres ? »

« Rien, je mourrai. »

 

Paras Kadoura, ministre Palestinien, interrogé par Yohanan Ranaan sur la situation des homosexuels palestiniens, a répondu en parlant de leur « maladie sociale ». Pour lui, s’ils se sont enfuis, c’est parce qu’ils sont des collaborateurs avec Israël.

Il ajoute : « Il n’y a pas d’homosexuels chez nous, car nous sommes une société traditionnelle. Ces jeunes gens ont été exploités par le shabak (service secret) israèlien, et c’est pour ça qu’ils sont partis. Ils peuvent revenir. Les familles seront très heureuses de pouvoir accueillir à nouveau leurs proches.

-« Est-il vrai qu’ils doivent être rééduqués par les mosquées ? »

« Si c’est le cas c’est très bien, nous ne leur avons pas demandé, mais qu’elles sles rééduquent, c’est une bonne chose. »