Le Hezbollah et l’intifadah  Al-Aqsa
Le Recrutement de terroristes palestiniens
Les Brigades du Retour

 

 

 

Les Liaisons dangereuses par Yona Dureau

 

La récente attaque de Tsahal en Syrie, à la suite d’une attaque terroriste organisée à Gaza peut laisser dubitatif. Mais le type d’explosif utilisé signait l’organisation de cet attentat, qui venait succéder à bon nombre d’actions terroristes marquant l’alliance mortifère du hezbollah et des groupes terroristes palestiniens. L’article qui suit, dont bon nombre d’informations viennent du site MEIB, retracent l’implantation de l’organisation du Hezbollah au sein des territoires palestiniens, qui complexifie encore la donne du paysage complexe du conflit israelo-palestinien.

 

Historique… Quelques événements émergeant de l’iceberg…

Le 2 août  2003, l’un des chefs des opérations du Hezbollah, Ali Hussein Saleh est assassiné par l’explosion de sa voiture, piégée. Le Hezbollah accusa Israël de cet assassinat, ce qui parut tout d’abord de la paranoïa, mais qui reposait, du point de vue du Hezbollah, sur la fonction même de ce chef, les poussant à soupçonner cette riposte israëlienne : Saleh était un chef de liaison entre le Hezbollah et les cellules terroristes de la Bande de Gaza.(1)

Durant les trois dernières années, le Hezbollah a intensifié régulièrement son implication dans le conflit israëlo-palestinien, passant de la fonction de fournisseur de matériel et d’organisateur de camps d’entraînement au recrutement direct d’agents palestiniens placés directement sous son contrôle et son commandement. Parmi ses activités, les esquadrons palestiniens du Hezbollah ont organisé des passages d’armes en contrebande, des attaques à la bombe, des attaques par tirs de snipers et des attaques en guettant les véhicules sur le bord de la route, ainsi que des surveillance préparatrices de communautés israëliennes et de bases militaires de l’armée israëlienne, et des enlèvements d’Israëliens. (2) Plus récemment, selon les informations de l’intelligence service israëlien, les agents palestiniens du hezbollah ont effectué l’attaque à la bombe du 12 août de Rosh Ha’ayin, tuant une personne et en blessant 6 (3)

L’information concernant les liens du hezbollah avec la bande de Gaza vient des témoignages des agents capturés ainsi que de l’information rendue publique en Israël par le Shin Bet (ou ISA). Les découvertes de l’ISA sont crédibles. Elles sont basées sur des confessions et des sources d’intelligence et des sources occidentales ont confirmé leur véracité générale.

 

Le Hezbollah et l’intifadah  Al-Aqsa

 

Le Hezbollah, une organisation musulmane militante Shiite établie au Liban par les Corps de la Guarde révolutionnaire iranienne (IRGC), s’est donné comme unique objectif depuis 20 ans de combattre Israël. A la suite du retrait israëlien du Liban en mai 2000 (qu’il prétend avoir aquis comme une victoire), le Hezbollah a procédé à une escalade de sa guerrilla contre les troupes israëliennes, jusqu’à ses incursions sporadiques dans la zone des fermes de Shebba sur les hauteurs du Golan.

A la suite du déclenchement de la seconde intifadah en septembre 2000, le Hezbollah a fait passer toutes ses ressources sur le front palestinien. La  station de télévision Al-Manar augmenta son nombre d’heures de diffusion de 4 à 24 heures, déversant un torrent de haine en continu sur ses ondes. Le Hezbollah augmenta aussi de façon dramatique son aux groupes palestiniens terroristes, tels que le Hamas et le Jihad.

 

Le Hezbollah fut impliqué dans trois tentatives majeures de passages d’armes dans les territoires. Janvier 2001 : le Santorini est intercepté par Israël. Il transporte des armes embarquées au sud Liban. Un an plus tard, le Karine A, intercepté lui aussi, est parti d’Iran, mais son équipage vient des groupes du hezbollah. En mai 2003, Israël intercepte un bateau de pêche égyptien le Abu Hassan, aui tentait de livrer des explosifs depuis le Liban, à destination de la bande de Gaza. Un membre de l’équipage, Hamad Masalem Mussa Abu Amra, est un expert en explosif du Hezbollah. D’autres tentatives eurent lieu pour introduire en fraude des armes depuis la Jordanie vers la bande de Gaza.

Le plan final du Hezbollah est de construire son réseau d’agents dans les territoires eux-mêmes. Depuis la moitié des années 1990, le hezbollah a recruté plusieurs terroristes en Europe et a tenté de les introduire en Israël. En 1996, par exemple, Israël arrêta Hussein Makdad, un citoyen naturalisé allemand travaillant pour le hezbollag, après qu’il se soit blessé en construisant une bombe dans un hôtel de Jérusalem Est. L’année suivante, le Hezbollah recruta Steven Smyrek, un Allemand converti à l’Islam, l’entraîna au Liban, et l’envoya en Israël pour photographier des objectifs potentiels d’attaques terroristes. En janvier 2001, les forces isreliennes de sécurité arrêtèrent Jihad Shuman, un membre libanais du Hezbollah qui était entré dans le pays avec un passeport britannique.

Le mouvement du Hezbollah est aussi parvenuà recruter un réseau d’Arabes israëliens . Le Hezbollah a recruté des dealers de drogues libanais qui avaient derrière eux une longue histoire de contrebande de drogue en traversant la frontière, en leur fournissant de la drogue en échange d’espionage et de contrebande d’armes. Il faut cependat noter que la motivation principale de ces agents était avant tout la solidarité éprouvée vis-à-vis des Palestiniens, solidarité iséologique aussi, plus que l’appat financier. Peu nombreux sont ceux qui acceptèrent cependant de participer à des attaques terroristes elles-mêmes, et ils coopéraient volontiers avec les autorités israëliennes lorsqu’ils étaient découverts.

 

 

 

 

Le Recrutement de terroristes palestiniens

 

Au moment du déclenchement de la seconde intifadah, le Hezbollah n’a eu qu’un succès relatif dans son recrutement direct de Palestiniens. L’un des plus célèbres fut  Masoud Iyyad, un officier de l’Autorité Palestinienne, memebre de la force 17 de Yasser Arafat, qui voyageait au Liban lors de l’été 2000. Après être retourné à Gaza, Iyyad dirigea une cellule terroriste qui accomplit une demi douzaine d’attaques à la grenade et au mortier pendant les premiers mois de l’intifadah. Cependant, il fut tué par une attaque israëlienne par hélicopter en février 2001.

A le mi-2001, le hezbollah et le IRGC avaient commencé une campagne de grande étendue pour recruter directement des Palestiniens pour plannifier et accomplir des actes de terrorisme pour eux. Les Palestiniens qui avaient été blessés lors de l’intifadah constituaient les premières recrues potentielles : ils avaient déjà montré leur volonté contre Israël, mais leurs blessures fournissaient en plus le prétexte idéal pour quitter le pays. Une organisation « humanitaire » appelée le comité iranien de l’aide aux blessés de l’intifadah transporta par avion des centaines de Palestiniens blessés légèrement ou peu à Téhéran (on comprend pourquoi l’organisation délaissa les blessés graves) et leur procura une aide médicale gratuite. Pendant leur rémission, les recrues potentielles eurent un véritable lavage de cerveau, elles furent invitées à faire des discours dans des événements publics marquant la lutte contre Israël, et on les persuada de se joindre au Hezbollah. Parmi ceux qui furent impliqués dans ce recrutement, on retrouve l’amabssadeur d’Iran en Jordanie,

Nosratollah Tajik, le Ministre Palestinien des Détenus et des Détenus Libérés Hisham Abdel

al-Razek, et Abu Mahadi Najafi, un agent du Hezbollah.

 

Un certain nombre de ces agents furent ensuite arrêtés par les autorités israeliennes et procurèrent des récits détaillés sur leur recrutement. Shadi Jaber fut recruté par Abu Mahadi après être arrivé en Iran pour des soins médiacux en janvier 2001. A son retour dans la bande de Gaza, il recruta d’autres agents et organisa un certain nombre d’opérations, telles que le kidnapping d’un soldat israëlien. Il facilita aussi le transfert de Palestiniens blessés en Iran, restant tout le temps en contact avec le leader du Hezbollah qui le guidait par téléphone cellulaire.

Un autre agent du hezbollah capturé lui aussi, Jihad Albasha, raconta comment on avait déroulé ^pour lui le tapis rouge après son arrivée en Iran en avril 2001. Il avait même été photographié avec le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah. Il fut aussi recruté par y Abu Mahadi, qui lui procura $30,000 pour organiser une cellule terroriste et qui lui proposa de monter une entreprise deu bâtiment dans la bande de Gaza comme couverture du transfert des fonds qui viendrait ensuite. (4)

Lors de l’été 2002, le Hezbollah recruta quatre agents des tanzims et tenat d’en emmener trois d’entre eux au Liban à travers la Jordanie et la Syrie dans des camps d’entrainement du Hezbollah. Ils furent recruté par Omar Hamdan Mohamad Seif, qui avait été lui-même entraîné dans ces camps. Bien que l’un de ces hommes se soit vu refuser l’entrée en Jordanie, les deux autres - Dargem Salah etIyad Kasem – parvinrent aux camps, où ils apprirent à manier l’ Uzi et les M-16s, à lancer des grenades, et à préparer et faire exploser des bombes. Lorsqu’ils euent fini leur entraînement, ils recurent l’ordre de chefs du hezbollah de mener une surveillance de cibles potentielles israëliennes, de rassembler des informations d’intelligence de préparation d’opérations, et de mener des attaques terroristes. (5)

 

Les Brigades du Retour

 

Les cellules terroristes palestiniennes établies au Liban par le Hezbollah et les agents  du IRGC s’organisèrent en un réseau connu sous le nom des Brigades du Retour (Kata'ib al-Awda). Les objectifs politiques et opérationnels du réseau mené par le hezbollah et soutenu financièrement par l’Iran, furent confirmés par des confessions de plusieurs agents des Brigades du Retour arrêtés aux alentours de septembre 2002. On trouve un chef parmi eux, Ghaleb Abdel Hafiz Abdel Kader Ikbariya, activiste de l’Autorité Palestinienne originaire de Shweike près de Tulkarem.

 

Dans sa confession, Ikbariya déclara que les commandants du IRGC avaient commencé à établir une nouvelle organisation comprenant une branche politique et une branche militaire. La branche militaire avait pour tâche de mener des attaques terroristes (par exemple l’attaque suicide durant la préparation de laquelle Ikbariya lui-même fut pris, en collaboration avec des  leaders du Fatah de Jordanie et des commandants du IRGC commanders du Liban) pendant que la brnache politique « infiltreraient les représentants  des mécanismes de sécurité de l’Autorité Palestinienne »  afin de prendre le pouvoir « au moment et si l’infrastructure actuelle du Fatah s’effondrerait" (6) Bien que les deux branches du mouvement soient compartimentées, des liens entre la branche terroriste et la branche politique permirent l’arrestation de plusieurs activistes politiques, comme Ikbariya – pour leur role dans des complots terroristes. Ikbariya prétendit que leurs chefs, Bassem Soudki Ahmad Yassin et Fouad Bilbeisi (tous deux leaders du Fatah à Amman), faisaient leur rapport non seulement au IRGC mais aussi au Comité Central du Fatah Mohammad Amouri et à l’Organisation de Libération de la Palestine Liberation par l’intermédiaire de son chef Farouq Kadoumi.

 

Selon l’ISA, avant la contre-offensive israelienne d’avril 2002 dans la bande de Gaza, certaines de ces cellules terroristes furent fondée par le rénégat colonel Fatah Mounir al-Maqdah, basé dans un camp de réfugiés du sud Liban, le camp d’ Ain al-Hilweh – un fait récemment confirmé par Maqdah dans une interview.(7) Cependant, après avoir découvert que Maqdah empochait une plus grande partie de l’aide iranienne que prévu, Téhéran décida qu’il valait mieux s’en remettre aux officiels du Hezbollah et aux commandants du IRGC au Liban. Maqdah sert encore d’intermédiaire pour le passage de fonds vers la bande de Gaza, mais dans une bien moindre mesure. (8)

 

Les chefs des Brigades du Retour doivent informer les commandants du Hezbollah et du IRGC avant et après avoir effectué une attaque et les déboursements financiers respectent des quantités fixées à intervalles donnés après des rapports de compte détaillés. Le contact de base est Qais Ubaid, un ,agent du Hezbollah arabe-israëlien du Liban sud qui joua un rôle central dans l’enlèvement du businessman Elchanan Tannenbaum en octobre 2000.(9) Les cellules communiquent aussi et reçoivent des instructions par le biais des leaders du Fatah en Jordanie, en particulier Yassin et Bilbeisi, qui, selon les déclarations des membres capturés des Brigades du Retour  sont tous deux « dirigés par le IRCG(10)

 

Les différentes cellules des Brigades du Retour maintiennent une coopération opérationelle serrée entre elles, afin de maximiser les ressources, le personnel, et l’entraînement. Par exemple, les leaders des brigades ont fait passer un agent à l’étranger pour l’entraîner au tir de sniper, puis ils envoient le sniper dans la bande de Gaza pour entraîner d’autres cellules des Tanzim.(11) Ils travaillent aussi avec d’autres groupes terroristes palestiniens. En juin 2002, les autorités israeliennes qui menaient une opération de fouille des maisons à Hébron arrêtèrent Fawzi Ayub, un agent du hezbollah né au Liban, qui était entré dans les territoires avec un faux passeport américain au début de l’intifadah.(12) Sans que ce soit une coincidence, l’arrestation eut lieu à peu près en même temps que la découverte à Hébron d’un type de mine qui avait été utilisé auparavant par le hezbollah au Liban. (13) De fait, les spécialistes en explosif du hezbollah ont formé les membres du hamas à maximaliser la force de destruction de leurs bombes. Pour l’attaque suicide meurtrière de Pessah 2002, qui avait tué 29 personnes au Park Hotel de Natanya – le Hamas fit appel à un « expert du hezbollah pour la construction d’une bombe super-puissante. » (14)

 

Le Hezbollah a aussi utilisé les Brigades du Retour pour étendre ses capacités internationales. A la mi-2003, les forces israeliennes arrêtèrent Ghulam Mahmud Qawqa, un membre à la fois des Marthyrs d’El Aqsa du Fatah et des Brigades du Retour, pour son rôle dans plusieurs attaques à la bombe à Jérusalem dans l’intifadah d’al Aqsa. Selon les informations découverrtes après son arrestation, Qawqa avait aussi organisé des attaques contre des intérêts israëliens en Europe et en Asie pour le compte du Hezbollah. Fin 2002, Qawqa chargea une femme libanaise qu’il connut en Allemagne de photographier l’amabassade israelienne à Berlin depuis des angles différents pour organiser une attaque. (15) A peu près au même moment, un de ses amis jordaniens, employé en Chine, aida Qawqa à organiser son voyage par la Jordanie pour assassiner Yitzhak Shelef, l’ambassadeur d’Israel en Chine. Qawqa avait aussi approché un agent du hezbollah pour qu’il l’aide dans mission, mais il fut arrêté avant de pouvoir faire ce voyage. (16)

 

Maintenant qu’il contrôle un réseau terroriste très significatif dans la bande de Gaza, le Hezbollah s’est établi comme agent actif destructeur du processus de paix du Moyen Orient. Il peut ainsi diriger directement des attaques terroristes si les groupes terroristes palestiniens décident de respecter un cessez-le-feu. Bien qu’Israël agisse pour miner le réseau terroriste du Hezbollah, l’arsenal de missile du hezbollah rend toute attauqe directe sur les camps du sud Liban une opération qui risque de coûter cher en vies humaines. En réponse à l’assassinat de Ali Hussein Saleh's , le Hezbollah bombarda le nord d’ Israel, tuant un jeune garçon.

L’attaque de Tsahal en Syrie constitue peut-être une alternative à des attaques au sud Liban. Nul doute qu’elle soulignait encore les liens existant entre Hezbollah et terroristes de Gaza, en désignant simultanément une option de résolution du problème : l’intervention syrienne contre le hezbollah.

 

 

 

 

 

 

(1)  "Suicide Bombings Expose Fragility of Cease-fire," Forward, 15 August 2003.

(2)  "Iranian Activities towards Inflaming the Palestinian Intifada," Israel Security Agency, December 2002 (author1s personal files)

(3)     Author interview with intelligence sources, September 2003.

(4)   "Iranian Activities towards Inflaming the Palesitinian Intifada," Israel Security Agency, December 2002 (author1s personal files).

(5)   Ibid.

(6)  "IRGC Intentions to Establish a Substitute Organization for the Palestinian Authority," Israel Security Agency, 12 October 2002.

(7)  Nicholas Blanford, "Al-Aqsa cells being funded and guided from Ain al-Hilweh," The Daily Star, 4 July 2003.

(8)  interview de Mathew A. Levit avec des sources de l’ intelligence, juillet 2003.

(9)  interview de Mathew A. Levit avec des sources de l’ intelligence, juillet 2003.

(10)               "IRGC Intentions to Establish a Substitute Organization for the Palestinian Authority," Israel Security Agency, 17 October 2002.

(11)               interview de Levit avec des sources d’ intelligence Juillet 2003.

(12)               "Hezbollah (part 1): Profile of the Lebanese Shiite Terrorist Organization of Global Reach Sponsored by Iran and Supported by Syria," Intelligence and Terrorism

Information Center at the Center for Special Studies, Israel, June 2003; and author interview with intelligence sources, July 2003.

(13)               James Bennet, "Israeli Killed As His Commandos Demolish West Bank House," The New York Times, 16 February 2002.

(14)               Molly Moore and John Ward Anderson, "Suicide Bombers Change Mideast's Military Balance," The Washington Post, 18 August 2002.

(15)               "Germany Surprised to Learn From Press of Plan to Kill Israeli Envoy," Spiegel Online (Hamburg), 3 January 2003, translated by BBC Worldwide Monitoring, 4 January 2003; "Hezbollah (part 1): Profile of the Lebanese Shiite Terrorist Organization of Global Reach Sponsored by Iran and Supported by Syria," Intelligence and Terrorism Information Center at the Center for Special Studies, Israel, June 2003; and author interview with intelligence sources, July 2003.

(16)               Ibid.