La lettre de Vladimir Volkoff
La nouvelle idole de la Croatie
Complice de l'horreur
Le cas Stepinac ou la perfidie de l'Eglise
Aujourd'hui samedi 3 Octobre 1998, 3 jours seulement aprés
Kippour, jour du Grand Pardon. Le Pape a ordonné la béatification
de Stepinac en Croatie.
Devant cette provocation , les organisations juives s'émeuvent, certes
, mais y a t-il vraiment de quoi s'étonner ?
Il est clair que rien n'a changé. Il n' y a rien à attendre
du pardon , ni de la repentance d'une certaine Eglise.
Cette Eglise qui dans la même année nous demande pardon -53
ans aprés la Shoa -et ordonne aussi ,la béatification d'un
collaboraeur nazi!
Un acte repentance permet-il de tout recommencer ?
Réiterer les mêmes fautes? Il s'agit bien là bien de
fautes -non pas d'erreurs- de responsabilité totale, voulue et volontaire
dans un choix délibéré .
A- t'on le droit de faire semblant de confondre repentance et confession?
Jusqu'où va la perfidie de ces gens là ?
Comment croire un seul instant , à une volonté d'apaisement
entre les peuples ?
Et dans ce cas comment imaginer que nous pouvons pardonner ?
Il est clair que par cet acte l'Eglise affirme haut et fort sa position,
fidèle à ces convictions d'antan.
Elle n'entend pas déroger à sa règle ,celle du mépris
de l'autre, de la haine à la différence de religion, et surtout
elle ne réprouve pas un seul instant son passé à peine
flou avec l'ennemi, au contraire elle l'affirme.
Et ses discours ? ne sont que des discours , des paroles vides de sens,
qui n'engagent personnes et surtout pas l'Eglise.
Il semble qu'il soit plus facile de béatifier un collaborateur du
régime pro- nazi que de reconnaître l'Etat d'Israël...
Et à croire que l'habit fait le moine!
Claudine Douillet
Plus sérieusement et rapporté du trés
sérieux journal "Balkans Infos"
Voici la lettre de
Vladimir Volkoff prix international de la paix en 1989 écrit au Pape
en septembre 1998:
Trés Saint-Père
Les journaux français "La Croix" et "La Vie",
non démentis par votre nonciature, font état de la nouvelle
suivante:
"Mgr Stepinac, archevêque catholique de Zagreb
pendant la Seconde guerre mondiale, sera béatifié le 3 octobre
par Jena-Paul II, lors de sa deuxième visite en Croatie.
Le prélat avait été emprisonné à la fin
à la fin de la guerre, puis assigné à résidence
par le régime titiste. Mais la cérémonie risque de
prendre un tour polémique : pour les Serbes, le cardinal Stepinac
n'est autre qu'un collaborateur du régime pro-nazi d'Ante Pavelic".
(La Vie 16 juillet 1998).
Je me permets d'attirer l'attention de Votre Sainteté sur les points
suivants.
1. "Pour les Serbes" à tort ou à raison, le nom
du cardinal Stepinac est hélas lié non seulement " au
régime pro-nazi d'Ante Pavelic", mais aussi au génocide
qui a coûté la vie à quelques 700.000 Yougoslaves, parmi
lesquels des Juifs et des Tziganes. Le chiffre est contesté mais
non le fait du génocide, auquel des membres de l'Eglise catholique
romaine semblent bien avoir été mélés.
2. Le régime pro-nazi a pratiqué la discrimination religieuse,
forçant les Juifs à porter l'étoile jaune, et les orthodoxes
le brassard bleu. Sans même parler des Juifs, toute marque d'approbation
que Votre Sainteté semblerait accorder à ce régime
serait perçue comme une insulte par bien des orthodoxes, à
qui elle paraîtrait démentir Votre attitude généralement
favorable à l'eocuménisme.
3. Des allégations largement répandues accusent certains membres
de l'Eglise catholique romaine de collusion avec les régimes nazis.
Et c'est sans doute pas pour rien que Votre Sainteté a si souvent
demandé pardon pour elle.
Les relations entre le cardinal Stepinac et le "poglavnik" Ante
Pavelic n'étant un secret pour personne, le moment est-il bien choisi
pour faire un geste qui semblerait corroborer ces allégations aux
yeux de l'opinion mondiale ?
4. Quelles qu'aient été les vertus personnelles du cardianl
Stepinac, les guerres atroces qui viennent déchirer l'ex-Yougoslavie
et qui furent, en partie du moins, des guerres de religion, font qu'une
telle béatification risquerait d'apparaître aujourd'hui comme
inutilement provocatrice.
Le cardinal Stepinac doit-il devenir un objet de scandale et une pierre
d'achoppment sur le chemin de la réconciliation entre l'Occident
et l'Orient ? Toute action le concernant ne peut elle pas attendre que les
passions s'appaisent et que l'Histoire est jugée?
Je prie Votre Sainteté d'agréer l'assurance de ma respectueuse
considération.
La nouvelle idole de la Croatie
Extraits d'un remarquable article de Giacomo Scotti dans Il Manisfesto
du 17 juillet 1998.
"Depuis de nombreux mois, la scène politique et religieuse de
la Croatie est dominée par l'ombre du défun cardinal Aloïs
Stepinac, primat de l'Eglise catholique croate à l'époque
de "l'Etat indépendant" oustachi (1941-1945) et ensuite
assigné à résidence pour de longues années,
jusqu'à sa mort, dans son village natal de Karsic à la suite
d'une condamnation pour collaboration par le tribunal de Zagreb en 1946.
En mai dernier, à l'occasion du centenaire de la naissance du cardinal,
un monument à sa mémoire a été inauguré
devant sa maison natale. S'en sont suivis, et continuent, des messes solennelles
, des pélerinages, et des expositions, des réunions, des réunions
d'études et des livres dédiés au pesonnage.
Tout a commencé, il y a quelques années, par l'initiative
prise par le régime du Tudjman de demander la béatification
du vieux prélat "victime des persécutions communistes".
Stepinac a été promu aux honneurs de l'autel par le Pape Jean-Paul
II d'abord comme "le serviteur de Dieu", et récemment comme
"bienheureux".
La cérémonie solennelle de béatification aura lieu
en Croatie, le 3 octobre prochain, dans le sanctuaire de Maria Bristica
et pour cette occasion, le pontife romain visitera la Croatie pour la seconde
fois, de Spolète à Zagreb, en s'arrêtant à d'autres
localités.
L'Eglise catholique slovène lui a fait parvenir une invitation à
visiter aussi la Slovénie au même moment.
Inutile de dire que la parti au pourvoir et Tudjman lui-même font
et feront tout pour que la visite du pape soit présentée comme
une reconnaissance des mérites du régime par la plus haute
autorité morale catholique du monde.
Les mass-média gouvernementaux, dans ce pay parallelement à
une campagne d'exaltation du "martyr" Stepinac, consacrent d'important
espaces aux voix d'extrême -droite qui minimisent les massacres du
régime osutachi et vénérent comme patriotes des criminels
de guerre comme Dinko Sakic; par ailleurs ils célèbrent le
patriotisme et l'anticommunisme de Stepinac, considéré comme
un héros de la "croatité".
De leur côté les leaders des partis d'opposition et les rares
journaux qui leur permettent de s'exprimer "oublient" les nombreux
épisodes où Stepinac se fit le soutien de l'Etat-fantoche
mis sur pied par les nazis et les fascistes durant la Seconde Guerre mondiale,
pour souligner les rares actes positifs du primat à cette époque,
en commençant par la protestation de 1943. Devant la terrifiante
documentation qui lui parvenait sur les exterminations perpétrées
à Jasenovac et dans les autres camps oustachis, Stepinac en informa
le pape, et écrivit en même temps une lettre au duc Pavelic
pour dénoncer en tant que patriote croate-, la honte que Jasenovac
jetait sur l'Etat croate,cet Etat qu'en avril 1941, il s'était dépêché
de bénir comme la réalisation d'un rêve millinaire".
Ce réveil tardif, et sa mise en accusation par le titisme,
en octobre 1946, devant le tribunal de la république fédérale
de Croatie, ont fait de Stepinac, aux yeux de l'Eglise, malgré les
crimes dont il a été au moins l'auxillaire passif, un "résistant"
et un martyr du communisme. Cela suffit-il vraiment pour le béatifier
?
"En fait, si peut paraître exagérée l'affirmation
de l'historien italien Enzo Bentarelli, selon laquelle" l'extermination
des Serbes, des orthodoxes, des communistes, des Juifs, de la façon
la plus violente dés les premiers temps de la domination et du corsetage
de la Croatie par les oustachis a été planifiée par
l'autorité catholique du pays", on ne peut nier que l'Eglise
cahtolique, sous la conduite de Stepina, fut la première à
reconnaître "l'Etat" oustachi, à le soutenir et à
obtenir que le Vatican lui accorde une reconnaissance de fait par l'envoi
à Zagreb de son représentant et l'accueil d'un représentant
de Pavelic au Saint-Siège. Sans parler- comme l'a écrit un
autre historien italien. Mario Pacor- "de la participation de nombreux
élements du clergé croate aux opérations sanglantes
contres les Serbes et auc baptêmes forcés des orthodoxes".
(...)Les protestations timides de Stepinac, élevées lorsque
l'extermination avait déjà pris des proportions gigantesques
et que le sang des victimes coulait comme des rivières ne donnèrent
aucun résultat ; tout continua comme avant, ou pire qu'avant "avec
le consentement tacite" des autorités catholiques, comme l'a
prouvé l'historien Carlo Falconi"
Giacomo Scotti
Jusqu'en 1943, il a été
complice d'un régime qui a horrifé même les Allemands
et les Italiens |
Les témoins qui ont publié leurs récit
aprés la guerre sont tous d'accord : ils n'avaient jamais connu de
telles atrocités.
"Lorsque les leaders du mouvement oustachi déclarent
qu'ils ont exterminés un million de Serbes, y compris des nouveaux-nés,
des femmes, des veillards et des enfants, je pense qu'ils se vantent. Selon
les rapports qui me sont parvenus, j'estime le nombre de personnes sans
défense qui ont été assassinées que de trois
quart de million" Sonderraufrag Sudosten 1940-1945 par Hermann Neubasher
envoyé spécial d'Hitler pour les affaires des Blakans)
"Une véritalbe haine mortelle s'exprimait contre
les Serbes et les Juifs, qui ont été officiellement déclarés
fogelfrei, c'est à dire qu'on pouvait en faire ce qu'on voulait
et les tuer impunément... Des massacres d'une ampleur sans précédent
ont été organisé systèmatiquement. Exemple :
la petite ville de Vojnik...
Ce massacre des Serbes marqua le commencement des bestialités sans
fin de la part des oustachis... des régions entière sétaient
soumises à des tueries en masse."(Chef de l'espionnage allemand
dans l'Europe du sud-est en 1950
Dans son célèbre livre Kaputt, l'écrivain
italien Cursio Malaparte racaonte sa visite au "Poglavnik" (chef)
oustachi Ante Pavelic,le président du nouvel Etat croate.
"Tandis qu'il parlait, j'observais un panier
d'osier posé sur le bureau à droite du Poglavnick. Le couvercle
était soulevé: on voyait que le panir était plein de
fruit d emer. Tout au moins c'est ce qu'il me sembla ;On eut dit des huitres,
mais retirées deleurs coquilles, comme on en voit parfois exposées
sur des grands palteaux,d ans les vitrines de Fortnum and Mason à
Picadilly, à Londre. Casertano (le minitre d'Italie, assistait à
l'entretien)me regarda et me cligna de l'oeil :
- ça te dirait quelque chose, hein, une belle soupe
d'huître ?
- Ce sont des huîtres de Dalmatie ? demandai-je.
Ante Pavelic, souleva le couvercle du panier, et me montrant ces fruits
de mer, cette masse d'huître gélatineuse, il me dit avec un
sourire, son bon sourire las:
- C'est un cadeau de mes fidèles oustachis: ce sont vingt kilos d'yeux
humains."
Ces articles sont extraits du journal numéro 25 de septembre
1998 "Balkans Infos"

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