Yona Dureau: Le Plan Amirav, ou la continuation de la politique de la langue de bois

Le gouvernement Barak vient à peine de publier le Livre Blanc et de dénoncer Yasser Arafat comme n'étant pas un partenaire pour la paix qu'une nouvelle étape est franchie, toujours sans l'assentiment implicite ou explicite du public, toujours en contradiction avec les dernières déclarations. On vient à peine de reconnaître l'existence d'un problème qu'on le nie à nouveau. On vient à peine de parler de violence que l'on met tout en place pour qu'elle se déclenche à nouveau, et alors que Barak a promis de ne rien décider sur l'avenir de Jérusalem sans l'assentiment du peuple, voilà qu'il engage la sécurité de la capitale et met en place une situation de fait dont le gouvernement suivant ne pourrait pas sortir.
Le Plan Amirav est un plan mis au point par le professeur Moshe Amirav, de l'Université de Haïfa, sur la base de la proposition américaine, et après de nombreuses concertations avec un groupe de leurs homologues palestiniens. Selon nos informations, les deux camps seraient sur le point d'aboutir pour établir un accord officiel.
Le but de ces manoeuvres de dernière urgence est de permettre un coup de théâtre politique à Ehud Barak, pouvant permettre à ce dernier de faire basculer l'opinion publique en sa faveur, et contraindre le pays à de nouvelles élections anticipées même si Ariel Sharon était élu.

Le plan israëlien prévoit des accords pour la sécurité, la vieille ville, les échanges de terres, les infrastructures, et les mouvements (de troupes?) . Sur tous ces points, le professeur Amirav a déclaré que les Palestiniens et les Israëliens étaient proches d'un accord. Amirav a aussi déclaré que Jérusalem Est serait une partie intégrale d'un état palestinien démilitarisé, et que la police palestinienne qui patrouillerait dans cette zone ne serait armée que de pistolets (!) (comme si les Israëliens avaient réussi jusque là à empêcher les Palestiniens d'introduire toutes les armes qu'ils souhaitaient dans toutes les zones!)
Selon le plan Amirav, Jérusalem Est serait donc contrôlée et policée par la police palestinienne, et la police israëlienne continuerait à contrôler Jérusalem Ouest. Une force de police mixte israëlo-palestinienne contrôlerait les zones mixtes et la vieille ville.
une forec internationale devrait être amenée à contrôler les lieux saints de la vieille ville, et à prendre en charge la sécurité des touristes. La Police palestinienne aurait pouvoir sur les Palestiniens et la Police Israëlienne aurait jurdiction sur les Israëliens. Amirav a déclaré que les Palestiniens avaient accepté son plan dans ses principes. Les Israëliens et les Palestiniens ont de plus convenu du principe d'échanges de territoires.
Amirav a ainsi déclaré qu'en échange de quartiers habités par des Juifs à Jérusalem Est comme Beit Zafafa, Israël donnerait des terres inhabitées aux Palestiniens, dont Har Homa, permettant une continuité territoriale des Palestiniens. Néanmoins, Amirav a concédé que des forces de police palestiniennes demeureraient dans les zones croisées par ces routes menant aux zone "juives", même si elles n'avaient pas l'autorisation de rester sur la route. interrogé par David Bedein sur le scénario catastrophe de tueurs palestiniens trouvant refuge à Jérusalem ou dans les zones "arabes", ou sur l'éventualité de violences menées à présent du sein même de Jérusalem, Moshe Amirav a répondu qu'il se fiait au jugement de spécialistes de la sécurité dont il a par ailleurs refusé de donner les noms.
Une source palestinienne a dit que les Palestiniens demanderaient des terres inoccupées de Ouest Jérusalem en échange de zones comme Ma'ale Adumim.
Le plan Amirav met en place deux municipalités partageant une partie des infrastrcutures, et suggère de placer certaines routes sous contrôle international comme la route no 1. L'aéroport de Jérusalem, Atarot, serait aussi partagé avec les Palestiniens, mais l'électricité et les services postaux seraient séparés.
Les deux parties s'efforcent de garder la ville ouverte, sans zone de contrôle, a-t-il ajouté, ajoutant qu'une compréhension réciproque et une vie en bonne intelligence garantirait la sécurité.
Les Palestiniens et les Israëliens ont aussi discuté de problème de partage de souvereineté sur le Mont du Temple, dont le mur du temple et la mosquée Al Aqsa, en évoquant la possibilité de remettre cette souvereineté au Conseil de sécurité des Nations Unies, à l'Egypte, la Jordanie, l'Arabie saoudite, ou le Maroc. Israël et les Palestiniens gèreraient leur propre site, et de cette façon aucun des deux n'aurait besoin de revendiquer la souvereineté et le status quo serait préservé.
Le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat serait nommé gardien de Al Aqsa, et les deux parties devraient signer un accord interdisant à chacun de creuser sous le Mont, en respectant ainsi les revendications de chacun sur ce site.
Pour l'instant ce dernier point n'a sucité l'intérêt que des Israëliens, et a été refusé par les Palestiniens.
Moshe Amirav a de plus déclaré à David Bedein que ces accords devaient être appliqués sous peu, dès la fin des négociations de Taba, et que les spécialistes seraient alors à la disposition des journalistes pour répondre à toutes leurs questions.