Yona Dureau : L'archéologie au péril de l'idéologie




I. Idéologie chrétienne et archéologie en Israël
1. L'école biblique, son idéologie, et sa méthodologie
2. L'affaire du rouleau de cuivre et du rouleau d'argent
3. L'affaire des tombes des maccabées
II. Les points de vue anti-judaïques dans l'école archéologique israëlienne actuelle
1. l'école archéologie israëlienne et son point de vue idéologique anti-judaïque
2. L'affaire d'Abraham : un exemple d'utilisation politique de l'archéologie anti-judaïque israëlienne
III. Idéologie et archéologie : les théories révisionistes palestiniennes
1. Réécriture de l'histoire révisioniste
2. La destruction des sites archéologiques comme guerre de l'information

L'archéologie en Israël est loin d'être une recherche effectuée en toute sérénité. Elle se voit traversée par les courants idéologiques inervant chaque époque [d'une manière démesurée]. En effet, à l'étudier d'un peu plus près, on découvre que cette discipline est investie de missions tour à tour religieuse, ou anti-religieuse, révisioniste quant à l'histoire antique, ou conservatrice, mais dans tous les cas, politiques.
Israël est un pays où le choix d'un lieu de fouilles, l'identification d'objets ou d'implantation est éminement politique, et cette dimension politique est d'ordre à la fois intérieur et internationale. Je vais donc commencer cette étude par la mise en évidence des enjeux idéologiques de l'archéologie en Israël en donnant quelques exemples d'interprétations biaisées de découvertes passées, avant d'aborder les enjeux actuels révisionistes, et la tentative de déligitimisation de l'état d'Israël par la négation de son passé antique.

I. Idéologie chrétienne et archéologie en Israël

1. L'école biblique, son idéologie, et sa méthodologie

L'école biblique de Jérusalem constitue l'un des centres de la recherche archéologique en Israël. Les assyrologues y croisent les égyptologues, et les cours de langues anciennes délivrés par cet institut ne sont pas faits en dehors d'un cadre méthodologique, qui est aussi idéologique. Ce cadre idéologique se fonde sur un point de vue très particulier, puisqu'il emprunte aux historiens bibliques une approche historique du texte, tout en refusant de lui conférer une valeur de document historique, en le remettant en cause de façon permanente, avec les textes des civilisations adjacentes, et selon un cadre périodique qui passe du statut d'hypothèse de recherche, à celui de cadre référentiel historique absolu. En d'autre termes, les datations approximatives des textes de la Bible deviennent très vite des datations absolues dès leur mise en contradiction avec des sources d'autres civilisations. D'autre part, si un texte d'une autre civilisation vient contredire le texte biblique, le principe méthodologique appliqué par l'école biblique consiste souvent à adopter de préférence le point de vue de ce texte, ou d'accepter son lot d'informations plus favorablement, le texte de la Bible étant a priori remis en doute comme étant un texte de croyances. Du point de vue méthodologique, nous assistons à un système logique qui se contredit lui-même, puisque le statut de l'objet d'étude historique/archéologique, soit le texte, est à la fois pris comme document historique ferme et comme document de l'histoire des mentalités sans fiabilité historique archéologique. D'autre part, dans une partie du monde où , à la période antique l'écriture était toujours dotée d'un caractère sacré, et où les scribes des différentes civilisations bénéficiaient d'un statut d'élite proche de celui des prêtres, puisqu'ils devaient conserver la mémoire de dynasties aux dimensions divines, on peut s'étonner de la partialité des chercheurs rejettant la validité du texte biblique comme objet de croyance pour lui préférer les textes des autres civilisations, tout aussi sacrés.

Sous le couvert d'une méthodologie cartésienne, car fondée sur le doute - mais nous avons vu que ce doute ne saisissait pas également tous ses objets d'étude - l'école biblique de Jérusalem a fonctionné pendant près de trente ans au service de l'idéologie chrétienne, niant la judaïté des antiquités qu'elle étudiait pour revendiquer une chrétienneté de plus en plus précoce des groupements humains considérés.
C'est ainsi que les rouleaux de la Mer Morte furent inaccessibles aux chercheurs israëliens n'appartenant pas à l'école biblique pendant plus de vingt ans. Il a fallu encore dix années d'études internationales pour remettre en question la lecture imposée par l'école biblique qui voulait voir dans la secte juive réfugiée à Qumran une secte chrétienne, et l'on sait à présent que les indices relevés dans les textes par l'école biblique étaient très discutables. L'enjeu idéologique est ici évident. Il s'agissait pour l'école biblique de trouver un autre foyer du développement du christianisme ancien, proche de Jérusalem et par conséquent du Temple, où se trouvaient historiquement le plus grand nombre d'opposants à la doctrine chrétienne. Ce faisant, cette découverte permettait de passer sous silence une autre hypothèse, celle d'un groupe juif établi à Qumran pour garder les objets sacrés du temple emmenés avec eux. La destruction totale du Temple de Jérusalem et de ses objets est une partie intégrale du dogme chrétien, selon lequel cette destruction vient effacer l'erreur des Juifs qui refusent de reconnaître la messianité de Jésus. L'interprétation des rouleaux de la Mer Morte effaçait ainsi une hypothèse idéologiquement gênante, puisqu'elle mettait en évidence une survie du judaïsme et de ses prêtres, qui remettait en cause la doctrine de la punition collective.
C'est dans ce cadre que la découverte du rouleau de cuivre, puis du rouleau d'argent vint à nouveau bousculer un montage idéologique.

2. L'affaire du rouleau de cuivre et du rouleau d'argent
En 1957, une équipe de chercheurs amena en Angleterre un rouleau de cuivre découvert près du site actuel de Qumran, alors Jordanien. Cette équipe était chargée par la Jordanie, à qui appartenait le lieu de la découverte, de tenter de dérouler le rouleau et de le déchiffrer. L'équipe anglaise de spécialistes scia avec une scie de haute précision les différentes épaisseurs du rouleau soudées par le temps. Puis on procéda à la lecture dudit rouleau. L'écriture était d'un hébreu très proche de l'hébreu biblique, ce qui surprit, mais de plus le contenu n'était pas du tout conforme aux attentes de toutes ces équipes. Il ne s'agissait pas de textes religieux, mais apparemment d'un descriptif qui pourrait être qualifié de carte écrite, mentionant la distance et la direction à mesurer entre des points de repères nommés « borim », permettant, en suivant la piste formée par leur emplacement, de retrouver une cache où se trouvait enfoui un second rouleau, le rouleau d'argent, et devant permettre à son tour de trouver la cache d'un très grand trésor d'objets de valeur.
Le débat qui s'éleva ensuite dans la communauté des chercheurs montra clairement le positionnement idéologique de l'école biblique. La découverte d'un rouleau de cuivre décrivant un pareil trésor, à Qumran, sur les lieux désignés par l'école biblique comme étant ceux de l'implantation d'une secte chrétienne, vivant dans une autharcie austère et ascétique, était pour le moins gênante. La stratégie de l'école biblique consista alors à infléchir l'interprétation scientifique du mot « bor » pour situer les lieux décrits par le texte non pas près de Qumran, mais plus près de Jérusalem, sur le mont des oliviers.


Le père Pisner, de l'école biblique de Jérusalem, soutint que le terme de "borim" est à comprendre comme mikvé, et qu'il s'agissait en fait de trous et de bains sacrés situés actuellement dans le cimetière chrétien de Jérusalem, au Mont des oliviers. Cette interprétation pose un problème qui est cependant de taille, même si le père Pisner ne s'est pas confronté à cette contradiction : Il est surprenant que le scribe hébreu ait utilisé un terme pour un autre, puisque le terme de mikvé est un terme précis qui existait déjà à son époque. Pisner pense de plus qu'un rouleau plus complet devait avoir existé, qu'il est tombé aux mains de Romains, et que ceux-ci ont déjà pillé toutes les cachettes : il n'y aurait plus rien à chercher. La première hypothèse de Pisner évacue ainsi non seulement la remise en question implicite de l'implantation d'une secte chrétienne à Qumran, mais elle permet de plus de ne pas aborder l'épineuse question d'un trésor du temple de Jérusalem, et de sa sauvegarde avec celle d'un groupe de Juifs, voire de prêtres.
Le professeur Safraï, de l'Université de Bar Ilan, pense que la description du rouleau ne fait pas sens, puisqu'il y est question de "homa" (muraille)dans le texte. Il a donc arrêté son jugement à ce mot en considérant qu'il s'agissait d'une légende (Qumran ne possédant pas de murailles).


Emile Pouech, lui aussi de l'école biblique de Jérusalem, a cherché à soutenir la théorie selon laquelle le trésor évoqué n'existerait plus, en démontrant, après reconstitution par radiographie et ordinateurs d'un double réel de la méguila, que le scribe faisait plus de fautes à la fin qu'au début, et que par conséquent, le rouleau de cuivre n'était qu'une copie d'un autre rouleau. La méthode est implicitement la même, mais elle va encore plus loin : l'artifact archéologique lui même disparaît, on ne serait plus en présence que d'une copie, d'un faux, et il est clair qu'au delà du rouleau, c'est une histoire donnée du peuple juif que l'archéologue veut ici nier. Symboliquement, cette histoire, celle de la survivance du judaïsme en Israël, après la destruction du temple, ne serait qu'un faux, et seule serait vraie l'histoire d'une secte chrétienne bravant l'ardeur du désert et écrivant pour sa seule descendance, des textes concernant le mont de oliviers ou des textes saints pour eux seuls.
L'hypothèse originelle de la secte chrétienne, loin d'être remise en cause par ces découvertes, se voit hissée au rang d'argument scientifique : puisque le rouleau a été découvert à proximité de l'implantation de cette secte, alors la description d'objets donnée par ce rouleau ne peut être qu'imaginaire, car il n'est pas possible d'imaginer que les quantités d'argent et d'or décrites appartenaient à une secte si petite, isolée dans le désert.


De façon symptomatique, l'équipe anglaise de recherche sur le rouleau de cuivre, n'est pas aussi embarassée dans ses hypothèses, car elle est moins liée par les enjeux idéologiques que l'école biblique.
Le Professeur Bruk, de l'Université de Manchester, considère actuellement que les objets de valeur et les quantités d'or et d'argent décrites, ne remettent pas en question la description du rouleau de cuivre, mais bien plutôt la théorie de la secte chrétienne méditative isolée à Qumran. Selon lui, les objets décrits, ainsi que les réserves d'or et d'argent, ne peuvent se justifier que si on considère que ces richesses venaient de Jérusalem, et qu'elles appartenaient au Beit Hamikdash, le Temple. Qumran n'est pas un lieu d'isolement volontaire, c'est une cachette de ces objets à l'approche des Romains et devant le danger de la chute de Jérusalem, par un groupe de personnes proches des prêtres du Temple. Du moins tel était le but des premières personnes installées à Qumran. Bruk appuie son argumentation sur le fait que le rouleau décrit une topographie précise, qu'il n'a donc rien d'imaginaire, et qu'on ne gravait pas un rouleau en cuivre s'il s'agissait d'une légende, comme l'école biblique répondait en contre-attaquant.


Ce point de vue trouva un appui inattendu dans les recherches archéologiques effectuées par Wendel Jones, un Américain qui s'est installé près du lieu de fouilles pour rechercher sans relache les grottes (car telle est son interprétation du terme de « bor ») décrites par le rouleau. Wendel Jones est un marginal dans le monde de la recherche archéologique, et comme il n'appartient à aucune institution pouvant le contrôler, ses recherches dérangent. Wendel Jones, dont le personnage haut en couleur a servi de modèle à Spielberg pour son Indiana Jones, fait des fouilles en Israël depuis près de 30 ans. Sa méthode est simple. Il a pris comme postulat de départ que les textes bibliques ou antiques évoquant des lieux et leur situation sont à prendre au pied de la lettre, et que s'ils ne correspondent pas à la réalité, ce n'est pas parce qu'ils mentent, mais parce que nous ne les avons pas compris. Il se fonde sur des textes de Flavius Josef, qui est assez imprécis sur le topographie, mais aussi sur l'Ecclesiaste, bien que l'un des problèmes d'interprétation consiste à savoir à quel niveau lire le texte. Le rouleau de cuivre est actuellement conservé à Amman, et Wendel a réussi à s'en procurer une copie, sur laquelle il fonde ses recherches.


Dans cette perspective, il pense en effet que le rouleau a été trouvé dans une grotte à proximité des autres grottes dont il donne la description, et qu'il faut utiliser le texte comme une carte.


Il y a cependant plusieurs façons de lire le rouleau de cuivre, même en l'interprétant comme une carte topographique.


On peut le lire de façon linéaire, diachronique, en suivant le texte. Mais Jones a trouvé qu'en lisant la première ligne de la première partie et la première ligne de la seconde partie, on obtient des phrases complètes, qui donnent un sens topographique plus précis. C'est ainsi qu'il a déterminé un périmètre géographique précis.


Jusqu'ici, ses recherches lui ont donné raison, et Wendel Jones a ainsi retrouvé aux endroits décrits des grottes qui ont effectivement servi de hangar pour abriter des pots, des réserves d'encens -qui correspondent effectivement à ceux brûlés dans le temple- un rouleau d'argent, dont il est question dans le rouleau de cuivre, et un curieux pot en terre de grande capacité rempli de cendres animales dont on pense qu'il pourrait s'agir des cendres de la vache rousse.


Wendel Jones dérange l'ordre établi par les institutions. Ils n'est ni membre de l'école biblique, ni membre de la recherche universitaire archéologique. Il poursuit ses recherches en se fondant sur des textes bibliques qu'il croit vrai alors qu'il n'est ni juif, ni vraiment chrétien, puisqu'il a fondé son groupe des Bné Noah, enseignant à ses membres les lois noahides (des fils de Noë), comme étant les seules règles à suivre du monde non-juif.


En fait, Wendel Jones dérange, parce qu'il n'appartient à aucun groupe idéologique clair, puisque nous allons voir que le monde universitaire israëlien lui-même fonde sa recherche sur une idéologie anti-judaïque implicite.

Je souhaiterais auparavant traiter un exemple de la dimension idéologique des recherches archéologiques menées par des membres de l'Eglise catholique en Israël dans le passé.


Il s'agit des recherches effectuées pour retrouver les tombes des maccabées, tombes éminemment symboliques pour Israël mise en péril par une tentative de délégitimisation, puisque les maccabées étaient une famille héroïque ayant lancé une révolte identitaire contre les Grecs.

3. L'affaire des tombes des maccabées


La description des tombes des maccabées nous vient de Flavius Joseph, qui énonce très clairement que la tombe fut construite à Modi'in :
« Et Shimon amena les restes de son frères (Yonathan) et les enterra à Modi'in, son foyer. Shimon construisit aussi une très grande tombe de marbre poli pour son père et pour ses frères, qui était très grande, et s'apercevait de très loin, et il construisit et plaça tout autour des colonnes monolithiques, un monument magnifique. Il construisit aussi sept pyramides une pour chacun de ses parents et frères, il les travailla jusqu'au point d'atteindre la perfection en taille et en beauté, et c'est ainsi qu'elles sont conservées jusqu'à aujourd'hui. » (Flavius Joseph, Antiquités des Juifs, Livre 13, 211) .

Selon le Livre des Maccabées, l'antique Modi'in se trouvait à la porte du royaume de Judas, sur une haute colline qui dominait tout voyageur venant de la mer, c'est-à-dire de Jaffa. Dans la Michna et le Talmud, Modi'in est situé à un jour de marche de Jérusalem, et proche du chemin emprunté par les pélerins lors des fêtes de pélérinages vers Jérusalem. Les descriptions topographiques faites par les pélerins chrétiens étaient parfois très fantaisistes. Arlette Sancery, qui a récemment fait une communication sur les crates de Jérusalem dans le monde anglo-saxon à travers les âges a brillamment montré que les cartes sont surtout des cartes imaginaires, symboliques, et qu'elles comportent les épisodes de textes sacrés mentionés par des lieux dont la situation géographique ne recherche pas la précision.

Par conséquent, il ne faut sans doute pas s'étonner que la situation de Modi'in dans la tradition chrétienne varie au cours des siècles, placé tour à tour au Castel, à Tsova,Ofra, Tekoa, Latrun, Tel Gezer, El Kubab (Mishmar Ayalon), etc. St Hieronimus, saint chrétien ayant habité Israël au XIVe siècle place Modi'in près de Lod.

Au milieu du XIXe siècle, des archéologues français et britanniques, financés par le Fond d'Exploration de la Palestine décident de rechercher la tombe des Maccabées. Guérin, un savant français, commence par chercher Modi'in sur le lieu actuel de Latrun et de Tel Guézer. Il retourne bredouille à Paris lorsqu'il avise un article décrivant le voyage d'un prêtre, Emmanuel Fourneur, qui décrit sa traversée d'un village, El-Midia, à deux heures de marche de Lod, qu'il identifie comme étant Modi'in par simple rapprochement phonique. Guérin repart pour la Palestine, bien décidé à trouver les tombes des Maccabées à El-Midia. El-Midia était en fait originellement nommé El-Minia, et son développement était récent. El-Midia est situé dans une cuvette, ce qui semble en contradiction avec les chemins habituellement suivi par les pélerins, évitant les déclinaisons du terrain, et en contradiction également avec la description de Flavius Joseph concernant le lieu de la tombe choisi par Yonathan pour ses frères. Un viel homme croisé sur la route indiqua à un chercheur ayant devancé Guérin d'un an qu'une tombe à proximité portait le nom de « Kobr-el-Yehud », la tombe du Juif, et Guérin fut persuadé qu'il devait s'agir d'une tombe d'un personnage important, comme par exemple les maccabées. Il traversa le lit de la rivière et trouva 20 niches, 20 tombes en ce lieu, qu'il adopta comme le lieu des tombes des maccabées, qui pourtant n'auraient dû être que sept tombes.


Guérin considéra alors qu'une tombe dite d'un sheikh (Sheikh el Hirbawi ) étant à proximité, c'est autour de cette tombe qu'il fallait fouiller. Il trouva six tombes, qui avec celle dite du sheikh composait un ensemble de sept tombes, de taille et de magnificence remarquable. Conder, un chercheur britannique arrivé un an plus tard, fit des croquis du site archéologique, mais le croquis fut censuré par le Fond d'Exploration de la Palestine parce qu'il n'était pas conforme à la découverte d'un autre chercheur français,Clermont Ganneau. Ganneau était prêtre, et son autorité religieuse lui conférait une autorité professionnelle àte époque, parce que sa moralité spirituelle était censée constituer un crédit de sa bonnde foi prfessionelle. De plus, Ganneau mêlait souvent à ses découvertes des éloges de la chrétientée.


Il prétendit ainsi avoir trouvé sur la tombe une mosaïque d'une grande croix byzantine, qui infirmait l'interprétation du lieu comme étant le site des tombes des Maccabées, et sans vérifier scientifiquement la datation des tombes il affirma de plus qu'elles ne dataient pas toutes de la même période.


Aujourd'hui, il est clair pour les archéologues que Guérin et son équipe avaient trouvé le site réel des tombes des Maccabées. Le géographe Zohar Baram et l'archéologue Zvi Eilon ont fouillé à nouveau le site et procédé à des mesures. La taille et l'orientation des ruines ont permis d'authentifier ces tombes, qui correspondent aux descriptions données par le texte ancien. Feu le professeur Michael Avi Yona, une autorité en matière d'archéologie, a aussi authentifié ces ruines. Le Professeur Gibson a récemment confirmé qu'il s'agissait bien du site découvert par Guérin après avoir aussi effectué des recherches extensives sur les archives du Fond d'Exploration de la Palestine. Quant aux déclarations de Clermont Ganneau, elles s'avérèrent sans fondement, puisque Ganneau ne savait pas dater les poteries, et de nombreuses poteries avaient été découvertes sur le site, datant de la période hasmonéenne. Il n'était pas non plus expert dans la datation des couches archéologiques, et la croix qu'il avait découverte sur les lieux datait de la période croisée et non de la période byzantine. Quant au nom donné par les habitants de la localité voisine, « Kobr El Yehud », il semble qu'il ait désigné toute la zone des tombes et non pas de façon spécifique les tombes des Maccabées.

Enfin, lors d'excavations menées par l'Université Hébraïque en 1999 furent découvertes des ruines du 1er et du 2nd temple incluant un mikvé en très bon état de conservation.
En résumé, le site ancien de Modi'in se trouvé à proximité de Givat Hurvat El-Midia, et les tombes situées au sommet de cette colline sont vraisemblablement celles des Maccabées. Près de ce site furent découvertes en 1995 une grotte funéraire contenant près de vingt tombes dont les sarcophages portaient des noms hébraïques. Sur l'une d'entre elles figurait le mot « hasmonai »
L'avenir de ces sites est cependant en danger. Malgré une lettre explicite de l'Autorité des Antiquités aux services et ministères concernés interdisant la poursuite de plans de développements et de travaux sur le site , malgré l'intervention de feu Rechevam Zeevi, la route 45, un nouvel autoroute doit courir au milieu de cette colline, ainsi qu'un échange périphérique et une gare de train. Les fouilles ne sont pas terminées et rien n'est fait concrétement pour protéger le site des vapeurs d'essence et des pilleurs.


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II. Les points de vue anti-judaïques dans l'école archéologique israëlienne actuelle
1. l'école archéologie israëlienne et son point de vue idéologique anti-judaïque
Je vais ici évoquer une partie de l'école archéologique israëlienne actuelle, celle qui, a priori, a choisi une option interprétative problématique, et je m'excuse de ne pas évoquer ici ceux qui, comme le professeur Michael Avi Yona ont au contraire défendu à la fois la validité des textes anciens et les traces de la civilisation hébraïque en conformité avec ces textes. Dans l'ensemble de l'école archéologique israëlienne anti-judaïque, il faut citer tout d'abord le Professeur Israël Finkelstein, à la fois parce qu'il prétend aujourd'hui présenter dans ses ouvrages une relecture historique de l'archéologie en Israël, et d'autre part parce qu'il appartient à un mouvement de pensée des cercles universitaires archéologiques, qui, au nom de leur choix identitaire laïc, tente de nier toute judaïté au passé d'Israël. Par négation de la judaïté, j'entends aussi bien négation du caractère juif de certaines coutumes, objets, mais aussi négation du caractère juif ou hébreu d'implantations, et élimination de l'outil biblique du cadre de recherche archéologique.

Ce mouvement de pensée s'est insensiblement élaboré en Israël, sous l'impulsion indirecte de l'impact d'intellectuels comme Gershon Sholem, qui, bien qu'ayant donné des lettres de noblesse à la kabbalah, l'ont fait en dénigrant toute spécificité identitaire à ce mouvement, confondant volontiers kabbalah, cabbale chrétienne, et autres mouvements mystiques dès qu'une métaphore commune apparaissait. En archéologie, la période des années 60 à 70 a correspondu à une période de découvertes préhistoriques dans la zone géographique mésopotamienne, période antérieure à la présence hébraïque, puis à d'importants progrès dans les langues comme le hittite, la culture cananéenne.


Ce contexte de recherches et le contexte international d'universalisme poussant à la même époque certains chercheurs à élaborer des outils universaux (Dumézil par exemple, avec ses archétypes de la pensée et des civilisations), les chercheurs israëliens commencèrent à penser la civilisation hébraïque en termes de civilisation cananéenne, voire mésopotamienne. (L'utopie n'est pas nouvelle, puisqu'on trouve dans les années quarante une revue dite des Cananéens, d'intellectuels qui tentaient de penser une culture commune géographique héritière des Cananéens, revue et groupe qui avait énormément fasciné Céline).


Mais dans le cas des universitaires israëliens, la relecture est à sens unique, et vise à déjudaïser la civilisation hébraïque. On trouve ainsi des articles expliquant que le texte des dix commandements suit le modèle mésopotamien du contrat, que ce contrat soit un contrat d'achat d'un esclave ou d'une femme, ou d'un objet, et que cette forme littéraire montre une absence d'originalité de la culture hébraïque d'une part, et d'autre part la nécessité de désacraliser ce texte sous prétexte de sa forme mercantile. Pour donner un autre exemple des découvertes ayant ébranlé les modèles de lecture ainsi que les méthodes établies en archéologie, il faut rappeller la découverte, ou plus exactement le déchiffrage, en 1872, par George Smith, employé du British Museum de tablettes assyriennes ayant appartenu à la bibliothèque du roi Ashurbanipal à Nineveh, tablettes recopiées par les cribes du roi qui était très fier de pouvoir lire lui-même . Le texte, après avoir mentioné un bateau abordant le sommet d'une montagne nommée Nisir dit ensuite :
Lorsque le septième jour arriva,
J'envoyai une colombe que je délivrai
La colombe partit, mais revint
Puisqu'il n'y avait pas de lieu pour qu'elle se pose, elle fit demi-tour. (Lance, p 5)

Ce texte constitua la première découverte d'un récit de sources parallèles ou semblables avec des texte de la Genèse, et détrôna le texte biblique de son statut particulier. Mais simultanément il n'aboutit pas à un questionnement pluri-latéral de la question de l'intertexte. Il ne fut utilisé que pour remettre en cause l'originalité du récit de la Genèse, sans considérer les questions aujourd'hui couramment débattues comme la question des intertextes communs aux deux textes, ou d'un substrat hébraïque oral plus ancien pouvant avoir influencé la culture mésopotamienne toute entière.

En Israël, les textes que nous désignerons de l'adjectif « parallèles » à la culture hébraïque et biblique furent lus comme des textes sources ayant influencé la culture hébraïque. Dans le désir inconscient de se rattacher à une culture universelle parce que mondiale, une partie de l'école israëlienne rejettait tout particularisme ethnique ou culturel, en contradiction logique avec les fondements de la recherche anthropologique.

Le Professeur Finkelstein, qui était récemment interviewé par la chaîne de télévision aroutz 2, revendique ce mouvement de pensée, non pas comme une perspective de l'histoire des idées, mais comme une vérité absolue et universelle, qui aurait succédé à un siècle d'obscurantisme archéologique, qu'il place sous l'égide de l'archéologie de l'école allemande en Israël, école qui aurait précisément revendiqué une recherche archéologique fondée sur les textes bibliques. Dans son introduction à son ouvrage Menavadout léméloukha, (De l'errance à la royauté) (p.9), il expose ses griefs vis-à-vis de ce qu'il considère comme l'école passéiste archéologue en Israël : cette école se serait heurtée à des contradictions entre le texte biblique et les découvertes sur le terrain, ainsi qu'à des difficultés d'ordre philologique :

Cette critique méthodologique se voit accompagnée dans l'émission de décembre 2003 d'un jugement de valeur plaçant comme révolue, et donc sans pertinence, toute recherche fondée sur le texte biblique.


Ce point de vue s'avère particulièrement réducteur pour deux raisons. Tout d'abord, il semble curieux d'adopter un discours se présentant comme une vérité dans ce qui devrait être de l'ordre de la recherche, de la remise en cause scientifique. Il y a là un emprunt délibéré au domaine idéologique. D'autre part, une petite recherche dans les publications mondiales les plus récentes dans le domaine de l'archéologie en Israël montre sans le moindre doute possible que le point de vue biblique reste un point de vue très important, à la fois numériquement et qualitativement, et qu'il n'est plus l'apanage de l'école allemande, mais qu'on le trouve par exemple sous la plume de nombreux chercheurs.


Il est vrai que l'école allemande d'archéologie avait fondé sa recherche sur une lecture naïve des textes bibliques au XIXe siècle. En 1934 encore, on trouve l'ouvrage du Dr Edmund Kalt Biblishe Archäologie (Freiburg : Herder & Co. B.H. Verlagsbuchhandlung). Kalt fonde sa recherche archéologique sur une recherche biblique et philologique des termes et son ouvrage décrit la société aux périodes décrites par la Bible, sur la base à la fois d'une synthèse biblique et comparatiste et sur les découvertes archéologiques parallèles à cette étude.
Certains archéologues britanniques de la même période vont plus loin, car ils n'utilisent pas l'outil de la comparaison philologique, et prennent la Bible comme point de recherche méthodologique, la réalité devant confirmer les descriptions brutes du texte. C'est ainsi que le révérend S.R. Driver, Regius Professor d'Hébreu et Canon de Christ Church à Oxford, écrit en 1922 une ouvrage intitulé Modern Research as Illustrating the Bible (London : British Academy, Oxford University Press).


Mais l'outil biblique en archéologie s'ffine progressivement. En 1953, William Foxwell Albright publie par exemple un ouvrage, Archeology and the Religion of Israel, où l'auteur, après des comparaisons philologiques, des études comparatistes de découvertes archéologiques dans toute la Mésopotamie, se penche sur le texte biblique pour l'étudier comme un texte de l'histoire des Idées. On peut débattre de l'option interprétative, mais en définitive cette méthode a au moins le mérite de placer le texte biblique au même niveau méthodologique que les textes des autres civilisations auxquelles il est comparée, et non a priori situé dans une position de fiabilité inférieure.


En 1974 Shalom M. Paul et William G. Dever publient une série d'études sous le titre de Biblical Archeology. Ils entendent alors par « biblical » une archéologie déterminant son terrain de fouilles d'après la Bible et la pertinence d'une civilisation envers la culture biblique. Leur méthode est donc interactive et effectue un va-et-vient entre l'archéologie et la Bible, sans que la méthode archéologique soit cependant déterminée par le texte biblique, ainsi qu'ils le précisent explicitement au cours de leur étude :
It must be stressed that there are no « special » methods or aims for biblical archeology. It works with the same materials and techniques, it presupposes the same standards of objectivity, it strives for the same total reconstruction of the past, that characterize all archeology. Biblical archeology simply confines itself - not arbitrarily but deliberately - to those aeras which are of direct relevance for the Bible.Its geographical scope extends to all the « Lands of the Bible », which means the entire Eastern Mediterrannean as far as Iraq and Iran, but with primary focus on ancient Syria-Palestine, comprising parts of modern Israel, Jordan, Syria and Lebanon. The chronological scope of biblical archeology dealt with in this volume extends until the Persian period. (Jerusalem : Keter, IX)

La recherche archéologique contemporaine associée à la Bible est loin d'être aussi caricaturale que ce que le Professeur Finkelstein peut en dire. Sa méthodologie évolue, varie d'un auteur à l'autre, permettant à Arthur Gibson, par exemple, de présenter en 2000 une recherche fondée sur les tablettes d'argile en sumérien et en hittites pour aboutir à un travail comparatiste avec les textes bibliques, à l'inverse de la démarche originelle de la recherche biblique.
Parmi les tenants actuels de la recherche archéologique associée à la Bible, on trouve H. Darrell Lance. Lance présente une voie médiane modérée de la recherche méthodologique. Il démontre en particulier dans son ouvrage The Old Testament and the Acrheologist qu'une recherche archéologique utilisant le support du texte biblique doit s'appuyer sur une connaissance exégétique du texte, et non sur une lecture naïve et détachée du contexte sémiologique. Gene Tucker, dans l'introduction de cet ouvrage, critique par ailleurs les chercheurs du XIXe siècle, qui se sont servi de l'archéologie pour étudier le texte biblique très souvent à contresens : « In the last century archeology has been widely used - and not infrequently misused - in the study of the Bible. » La difficulté essentielle de l'utilisation des textes hébraïques pour la recherche archéologique, explique-t-il plus loin ( p.10), vient du fait que cette utilisation présuppose la maîtrise de plusieurs disciplines, comme par exemple la paléographie hébraïque ancienne, disciplines si complexe qu'elles requièrent parfois une vie d'expérience, de sorte qu'elles se sont peu à peu développées en tant que spécialités distinctes. Selon la démonstration implicite de Lance, l'archéologue doit donc reconstituer un puzzle de connaissances si gigantesque qu'il lui est plus aisé d'utiliser ses découvertes pour éclairer le texte biblique que le contraire. Dans le mouvement de va-et-vient entre le texte et les découvertes archéologiques, Lance préconise donc d'utiliser le texte biblique pour éclairer le sens des découvertes archéologiques, et non comme outil originel de recherche étant donné la complexité de sa lecture.

Par contre les publications des chercheurs israëliens anti-judaïques ne sont pas très nombreuses, même si ces chercheurs tiennent le devant de la scène et le haut ds chaires universitaires. Certains, comme Nili Wazana, et bien qu'interviewée en tant que spécialiste et présentée comme telle par le professeur Finkelstein, n'a pas même publié un article depuis sa thèse, Biblical Border Descriptions in Light of Ancient Near East Literature.
On reste aussi rêveur devant les sujets de prédilection de cette école israëlienne d'archéologie. Nili Wazana se penche sur la question des frontières d'Israël dans le texte biblique pour les remettre en question. Le Professeur Finkelstein étudie quant à lui les « implantations » (hitnahalouiot) dans son livre « L'archéologie à la période des implantations et de Juges » (Ha archeologia shel tkoufat hahitnahalouiot véhashoftim). Le terme est étrangement moderne (le dictionnaire Ibn Shoshan précise que le terme est moderne, c'est-à-dire date au plus tôt de la période de la haskala, soit du XIXe siècle) et ne correspond à aucune expression utilisée par les textes hébraïques pour la conquête d'Israël. Il résonne de façon significative à notre époque, suggérant que cette étude pourrait bien, en définitive, renvoyer à une réflexion sur les implantations de l'époque moderne en Judée Samarie, et sur la légimité des frontières de l'état d'Israël.

Le problème essentiel de ce mouvement est qu'il entre en confluence avec l'idéologie de gauche israëlienne qui cherche à l'exploiter pour sa démonstration, et avec un mouvement mondial de déligitimisation de l'état d'Israël, qui lui donne alors une caisse de résonance.

2. L'affaire d'Abraham : un exemple d'utilisation politique de l'archéologie anti-judaïque israëlienne:


Les tenants de cette archéologie anti-judaïque ont vite attiré l'intérêt des media et des politiciens désireux de démontrer par ce biais l'illégitimité de la présence juive sur une partie ou sur tout Israël.


Abraham Segal fit ainsi un film, sorti sur nos écrans de cinéma en 1996, Abraham, où le réalisateur, membre du mouvement Shalom Arshav, interviewe tour à tour des philologues de l'école biblique et des archéologues de l'Université Hébraïque, pour démontrer d'une part que le lieu du Hevron historique n'est pas assuré, d'autre part, que le personnage d'Abraham n'est qu'un légende, et enfin que le Caveau des patriarches ne contiendrait pas les patriarches, dont l'existence est elle-même remise en question, mais la dépouille mortelle d'un croisé. Le réalisateur conclut son film en déclarant qu'en définitive on se bat à Hevron pour un héritage imaginaire, et qu'il faudrait évacuer à la fois cette ville, mais aussi tous les territoires des implantations pour rétablir la paix.


Quelle que soit l'opinion du réalisateur, on peut regretter qu'il n'ait construit son film que sur le témoignage de chercheurs partageant son idéologie. Choisis parmi les tenants anti-judaïques de l'archéologie, les chercheurs interviewés donnent en effet une image monolithique de la recherche israëlienne, et de plus sapant la légitimité, non seulement de la présence juive dans les territoires palestiniens, mais dans tout Israël. Le film d'Abraham Segal, qui a bénéficié de l'aide automatique à la création filmique en Israël versée par l'état d'Israël, a ainsi servi des arguments pro-palestiniens aux spectateurs français juste avant le déclenchement de la seconde antifadah. Le débat public qui suivait le film lors de sa projection fut houleux, et laissait déjà percevoir dans les réactions haineuses du public à l'encontre d'Israël l'antisémitisme que la seconde intifadah allait achever de révéler.


Avant même la seconde intifadah, les media internationaux servirent encore d'amplificateur à ces idéologies, préparant sans le savoir le nouveau révisionisme historique palestinien.


Pour ne citer qu'un exemple, Der Spiegel publia en 1998 un numéro entier (près de 120 pages) sur une relecture de la sortire d'Egypte d'après les archéologues. Moïse, pouvait-on y lire, était un Egyptien, ainsi que les esclaves dont ils s'était fait le chef. Il n'ya avait donc plus de sortie d'Egypte à proprement parler, ni de peuple hébreu, et encore moins de réalisation de promesse divine. Les fondements historiques de l'implantation du peuple hébreu sur la terre d'Israël disparaissant, toute la légitimité de l'état s'effondrait.


Très curieusement, ces mêmes media ne reprennent pas les découvertes archéologiques confirmant la validité des textes bibliques. Le Spiegel se faisait l'écho des archéologues qui remettaient en question le récit d'un pharaon possèdant une immense écurie. Récemment, en 2002, une équipe d'archéologues britanniques a retrouvé une ville, enfouie dans les limons d'un affluent asséché du Nil. Cette ville avait en son centre une immense statue pharaonique portant le nom de Ramses, soit la ville portant le nom du pharaon dont parlent les midrashim. Des écuries de plus de cinq cent chevaux témoignaient d'une puissance militaire du pharaon exceptionnelle pour l'époque Le Spiegel ne reprit pas l'information, pourtant diffusée par la BBC

Alors que les media européens, trop souvent, trient avec habilité les informations archéologiques, les Palestiniens réécrivent l'histoire d'Israël, tout en effaçant les traces archéologiques hébraïques des sites sous leur contrôle.

III. Idéologie et archéologie : les théories révisionistes palestiniennes
1. Réécriture de l'histoire révisioniste
Le site de l'Autorité Palestinienne prend beaucoup de soin à réécrire toute l'histoire du Mont du Temple, et de lui substituer une histoire qui serait celle d'une mosquée ayant existé depuis des siècles, bien avant Suleiman le Magnifique, bien avant Israël, et peut être même bien avant l'Islam. Les Juifs se sont trompés, entend-on répéter dans les médias palestiniens. Le Mont du Temple n'a jamais été le Mont du Temple . Et puis, les Juifs n'ont jamais sû où était leur temple. Et puis d'ailleurs, les Juifs n'ont jamais été en Israël. De façon significative, le site palestinien accuse les Juifs d'avoir toujours tenté de détruire la mosquée du Mont du Temple. Mais simultanément, ils ne mentionnent pas le temple qui précédait la construction de la mosquée d'Omar.

2. La destruction des sites archéologiques comme guerre de l'information
Il faut concevoir l'importance de la destruction des vestiges archéologiques découverts par les autorités du Waqf sur le mont du temple lorsque les travaux d'élargissement de la mosquée eurent lieu. Des trains entiers de camions déblayérent de nuit les vestiges, les jetant à la décharge publique en massacrant ainsi les couches archéologiques successives et en rendant le travail des archéologues impossible. Il était vital d'effacer toute trace de présence antécédente à l'Islam en ce lieu, de même que le site de l'Autorité palestinienne réécrit l'histoire, donnant une identité musulmane au roi David et à Salomon. Le Mont du Temple renommé devint ainsi l'esplanade des mosquées. L'histoire réécrite et le lieu saccagé, la légitimité d'Israël en ce lieu peut être effacée de la mémoire collective.

De même, la tombe de Joseph fut détruite, et reconstruite sous forme de mosquée après qu'un travail de délégitimisation du lieu ait été fait. Alors que les Palestiniens déclaraient que ce lieu était la tombe d'un sheikh, les archéologues israëliens interviewés par les media les secondaient en déclarant qu'il n'y avait aucune preuve archéologique de l'authenticité de ce lieu.

Conclusion
Nul doute que certains chercheurs, dans ces groupes repris par les media, ne soient sincères dans leur démarche, et que leurs déclarations soient dépourvues d'intérêt politique. Leur responsabilité scientifique devrait tout de même les amener à s'interroger sur l'utilisation idéologique et politique de leurs déclarations, et à analyser l'utilisation systématique faite par les Palestiniens de ces débats qui devraient ne concerner que le cercle des chercheurs.
Le processus idéologique enclenché par les Palestiniens est si simple, si limpide, qu'il n'est pas très difficile à comprendre : plus un lieu sera juif, hébraïque, plus ils revendiqueront ce lieu et effaceront son passé, matériellement, mais aussi dans la mémoire historique collective.
Tout cela nous rappelle l'importance de notre propre mémoire et de l'étude de notre histoire, qui plus qu'un patrimoine, constitue une part vitale de l'identité d'Israël.