Yona Dureau :Le Centre Peres pour la Paix, ou bien le Centre de la Paix, au nom de Peres?
L'ordre des mots a son importance, et il
est étonnant que personne n'ait jamais réagi à
l'ordre des mots du centre Peres pour la paix, ou tout simplement
pour la présence incongrue du nom du créateur, du
vivant de celui-ci, dans le titre de sa fondation. Peres, perpétuellement
sûr de lui, a toujours commis des bévues qui laissaient
transparaître son analyse inconsciente de la réalité
des choses, mais son assurance devait sans doute toujours le porter
à dédaigner les messages dont il parsemait ses discours.
Deux mois après Oslo, il évoquait le processus de
paix, assis sur un pédalo, interviewé en pleine
action. Peres cherchait peut-être à créer
une image sportive et détendue, mais ce faisant, il oubliait
que le battement régulier des pales dans l'eau évoquait
la formule toute faite hébraïque, "litron maïm":
moudre de l'eau, soit l'équivalent approximatif de "pisser
dans un violon". L'image était comique.
A la mort de Rabin, Peres se trahit encore en déclarant
"Tu as toujours chanté faux, mon pauvre ami."
Sans se soucier du fait que le verbe chanter a le même sens
en hébreu qu'en français, et que l'aveu de la dissonance
musicale en trahissait une autre.
Le centre Peres pour la paix s'annonce dès son titre comme
un centre au bénéfice de Peres, et bien que l'orgueil
de son créateur ait aussi trahi ses desseins, il a fallu
un rapport du fisc pour que les malversations financières
de Peres et du directeur du centre soient révèlées
au grand jour. Alors que le centre se prétend "association
à but non lucratif", ce qui signifie pour la loi israëlienne
que 20% maximum des bénéfices du centre peuvent
être utilisés par les fondateurs eux-mêmes,
le centre Peres pour la paix adjuge à son créateur
et à son bureau de direction 70% des bénéfices
. En d'autres termes, ce centre, qui n'a pas à rougir de
ses membres de bureau international (M. Lionel Jospin, M. Bernard
Henry Lévy, et bien d'autres personalités célèbres),
est en train de devenir la cause d'un scandale financier, auquel
s'ajoute le détournement identique des fonds d'autres "amoutots",
associations non lucratives, fondées par M. Peres: 8 millions
de shekels ont été virés par le centre Peres
à des associations "filles", en permettant ainsi
une récupération plus discrète des fonds
par Peres.
En bref, le centre Peres est un centre de détournement
de fonds, aussi bien publics et israëliens, que privés
et internationaux, et il faut espérer que ses membres d'honneur
prendront la mesure du scandale pour éviter de se compromettre
à leur tour.
L'affaire Peres suit de près l'affaire Weizman, et l'on
comprend que les membres de la Knesset, qui avaient lu le rapport
du fisc avant l'élection présidentielle, aient réagi
par la prudence, afin d'éviter de soutenir un autre président
corrompu.
Dons: 20, 026,930 shekels
Entrées par financement: 3,326,554 shekels
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littérature professionelle 24,323
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