L’Islam conquérant de l’Autorité Palestinienne et les autres religions

 

 

Dans son « rapport annuel sur la liberté de culte dans le monde » publié le 5 septembre 2000, le State Department tentait de présenter une image politiquement correcte de la situation des lieux saints au Moyen Orient, en prenant soin de ménager l’Autorité Palestinienne, alors que les plus récents événements avaient montré une destruction systématique de lieux saints juifs, et une attaque physique des Chrétiens sur le lieu même de leur pratique religieuse, à Hébron et à Jéricho.

La retenue rhétorique des Américains soutenait ainsi la représentation erronée de la situation des autres religions en territoire palestinien donnée par l’Archevêque Michel Sabbah, l’évêque Younan, et l’évêque Abbu Assah en Occident, trois membres de l’Eglise dont la fidélité était arabe et palestinienne avant que d’être chrétienne.

Dans ce dossier, nous présenterons le rapport du State Department américain, avant de relater les violations de lieux saints juifs et chrétiens par l’OLP au sud Liban dans les années soixante-dix, afin de présenter dans leur continuité historique les exactions actuelles de l’Autorité palestinienne : le Djihad palestinien n’est qu’une partie minime d’une seconde conquête de l’Islam qui a commencé dans les années soixante-dix, et qui s’étend progressivement dans le monde entier.

 

I.             Le Rapport du State Department

Dès son introduction, le rapport du State Department sur la liberté religieuse dans les territoires palestiniens s’efforce d’établir un parallélisme artificiel entre l’Autorité palestinienne et Israël.

 

 

 THE OCCUPIED TERRITORIES (INCLUDING AREAS SUBJECT TO THE JURISDICTION OF THE PALESTINIAN AUTHORITY)

 

The Palestinian Authority (PA) has no constitution, and no single law in force protects religious freedom; however, it generally respects religious freedom in practice. Although there is no official religion in the occupied territories, Islam is treated de facto as the official religion.

Israel has no constitution; however, the law provides for freedom of worship, and the Government generally respects this right in practice.

 

« L’Autorité palestinienne (AP) n’a pas de constitution, et aucune loi ne protège la liberté religieuse. Elle respecte cependant généralement la liberté religieuse dans la pratique. Bien qu’il n’y ait pas de religion officielle dans les territoires occupés, l’Islam est en général traité de facto comme religion officielle.

Israël n’a pas de constitution. Cependant, la loi prévoit la liberté de culte, et le gouvernement respecte en général ce droit dans la pratique. »

 

Dès cette introduction, le State Department énonce  deux allégations scandaleuses. Tout d’abord, alors qu’il est incontestable qu’Israël n’a pas de constitution, il n’en demeure pas moins que la déclaration de l’établissement de l’Etat d’Israël, qui a fondé les principes légaux et démocratiques du pays, engage dès sa première page l’Etat d’Israël à protéger la liberté de culte DE TOUTE RELIGION : 

« L’État d’Israël sera ouvert à l’immigration juive et au rassemblement des exilés ; il favorisera le développement du pays pour le bénéfice de tous ses habitants ; il sera fondé sur la liberté, la justice et la paix tels qu’envisagées par les prophètes d’Israël ; il assurera une égalité complète des droits politiques et sociaux à tous ses habitants quels que soient leur religion, leur race ou leur sexe. Il garantira la liberté de religion, de conscience, de langue, d’éducation et de culture. Il protègera les lieux saints de toutes les religions... »[1]

L’importance de ce document est telle qu’on trouve ces principes cités dans toutes les lois israëliennes touchant à l’un des points évoqués par cette déclaration, et la Cour Suprême d’Israël a maintes fois insisté sur la valeur fondamentale de ce texte en déclarant qu’il « fournissait un cadre de vie pour tous les citoyens de l’Etat et qu’il impliquait que toute autorité de l’Etat suive ses principes »[2].  De plus, une loi, édictée en 1967, prévoit la liberté de culte et la protection des lieux saints des trois religions.

En revanche, l’Autorité Palestinienne n’a jamais procédé à une telle déclaration de principes. Bien au contraire, Yasser Arafat, nous le verrons, a fait de nombreuses déclarations selon lesquelles la Loi de l’Islam devait seul règner sur l’ensemble de la Palestine (qu’il désignait clairement, dans ses discours, comme couvrant l’ensemble des territoires palestiniens ET israëliens).

Les précautions oratoires du State Department cachent donc mal une partialité purement politique évitant la dénonciation nécessaire des violations de la liberté religieuse par l’Autorité Palestinienne. La suite du rapport reconnait effectivement qu’aucune infraction à la liberté religieuse n’est à imputer à l’État d’Israël, ce qui n’est pas le cas de l’Autorité Palestinienne.

Le rapport du State Department reconnait aussi, plus loin, qu’un petit nombre de musulmans ont été convertis à la chrétienté, et justifie un peu plus loin les assassinats de convertis comme étant un phénomène culturel présent dans tous les pays musulmans. Ce même rapport mentionne comme « des allégations restées sans preuve » les discriminations sociales et le harcèlement de ces convertis par les officiels de l’Autorité palestinienne eux-mêmes, tout en arguant du fait qu’une conversion semble avoir été à l’origine de ces traitements.[3]. En d’autres termes, dans ce texte, même si l’Autorité Palestinienne semble bien avoir été elle-même à l’origine de maltraitance des Chrétiens, les témoignages des Arabes Chrétiens n’en sont pas moins pris en compte avec beaucoup de suspicion face aux justifications « culturelles », ou aux versions alternatives fournies par l’Autorité Palestinienne elle-même.Ainsi, les plaintes des Chrétiens sont relativisées ou minimisées dans leur gravité avant même d’être présentées. Les plaintes des Chrétiens face à la politique de conquête islamiste de Bethléem sont présentées comme des réflexes de voisins trop chatouilleux et trop soucieux de la légalité :

« Les Chrétiens de la zone de Bethléem se sont aussi plaints de l’installation de Musulmans et de la construction illégale de maisons sur des terrains inconstructibles » (« Christians in the Bethlehem area also have complained about Muslims settling there and constructing homes illegally on land not zoned for building ».)

De façon claire, le State Department atténue considérablement les responsabilités de l’Autorité Palestinienne, puisque les constructions sauvages dont il est question sont le fait de l’application pure et simple du programme d’islamisation de Bethléem décidé à Bagdad par la conférence islamiste internationale ayant eu lieu en 1985, avec la construction de près de 70 mosquées dans cette ville en l’espace de 15 ans...

Enfin le State Department reconnait aussi que les moines orthodoxes russes des monastères de Jéricho et de Hévron ont bien été molestés par la police palestinienne qui les a expulsés pour mettre en place des membres de l’Eglise orthodoxe de Moscou. Mais là encore, les faits sont présentés comme étant le fait d’intérêts politiques, semblant suggérer qu’une maltraitance religieuse est excusable si elle sert la politique...

Les exactions palestiniennes concernent non seulement les Chrétiens et les lieux saints chrétiens, mais aussi les lieux saints juifs. Avant d’exposer les faits de ces exactions de l’Autorité Palestinienne, nous allons présenter l’histoire des relations des Palestiniens avec les Chrétiens, en rappelant notament des événements tragiques ayant eu lieu au sud Liban, et des massacres oubliés de populations chrétiennes par l’OLP.

 

II.           Les massacres islamistes de l’OLP au Sud Liban dans les années 70

 

Le massacre de Damour

Le massacre de Damour reste un exemple des traitements réservés par les Palestiniens aux Chrétiens, ainsi que de leur absence totale de respect des lieux de culte et des lieux saints des autres religions.

Damour était un village du Sud Liban, placé sur la route menant de Sidon à Beyrout. De l’autre côté de la route, la mer. C’est, aujourd’hui, un nom oublié des consciences occidentales. Le ministère du tourisme du sud Liban cherche vainement à chanter la gloire de son paysage. Personne ne visite Oradour-sur-Glane pour son paysage. Damour non plus. Mais vous aurez du mal à trouver des images de ces événements : la plupart des photographies d’époque ont été prises par les « combattants » palestiniens eux-mêmes qui étaient fiers de leurs actes et qui les ont rapportés comme des actes de bravoure auprès de leur commandement à Beyrout... Scandale notable aussi des usages et abus des médias, puisque les photographies publiées ont été prises par les bourreaux eux-mêmes, qui se sont ensuite enrichis en les vendant à la presse occidentale. Qui donc a pu témoigner sur ce massacre ? Le Père Labaky, l’un des rares survivants, enfui dans un petit bateau, dont nous vous présentons le témoignage

Damour était un village, ou plutôt un gros bourg de 25OOO habitants, disposant cinq églises, trois chapelles, sept écoles, publiques et privées, et un hôpital publique où les musulmans des villages voisins étaient soignés côte à côte avec des Chrétiens sur les fonds publiques mêmes de la petite ville.

Le 9 janvier 1976, trois jours après l’Epiphanie, le prêtre de Damour, le Père Mansour Labaky procédait à une coûtume maronite consistant à bénir les maisons avec de l’eau bénite. Alors qu’il se tenait debout devant une maison bordant la petite ville du côté du village arabe de Harat Na’ami, une balle siffla à son oreille et entra dans le mur. Une rafale de mitraillette la suivit. Le prêtre entra dans la maison et réalisa que la ville était encerclée. Il apprit rapidement que les forces qui menaçaient Damour étaient celles de Sa’iqa, comprenant 16,000 Palestiniens et Syriens, ainsi que des unités des Mourabitoun et de quelques quinze autres milices, auxquels prêtaient main forte des mercenaires d’Iran, d’Afghanistan, du Pakistan, et un contingent de Libyens.

 

Le Père Labaky téléphona au sheikh musulman de sa région et lui demanda, en tant que dirigeant religieux, d’aider la population de Damour : »Je ne peux rien faire », répondit le sheikh, « Ils veulent vous détruire. Ce sont les Palestiniens. je ne peux pas les arrêter. »

Alors que les tirs continuaient, pendant toute la journée, le Père Labaky appella une longue liste de personnes en leur demandant d’intervenir. Il ne reçut que des mots de sympathie et de commisération, accompagnés d’excuses selon lesquelles «ils ne pouvaient rien faire ». Puis il téléphona à Kamal Jumblatt, qui dirigeait la représentation parlementaire dont dépendait la région de Damour. « Mon Père », lui dit Jumblatt, « je ne peux rien faire pour vous , parce que tout cela dépend de Yasser Arafat. » Il donna au prêtre le numéro de téléphone de Yasser Arafat.

 

Un aide de camp de Yasser Arafat répondit, et comme il refusait d’appeller Arafat en personne, le père lui dit alors : « Les Palestiniens sont en train de bombarder et de tirer sur ma ville. Je peux vous affirmer, en tant que leader religieux, que nous ne voulons pas la guerre, et que nous ne croyons pas en la violence. »

Il ajouta que près de la moitié des gens de Damour avaient voté pour Kamal Jumblatt, « qui vous soutient  », rappella-t-il à l’homme de l’OLP. La réponse qui lui fut donnée fut la suivante : « Mon Père, ne vous inquiétez pas. Nous ne voulons pas vous faire de mal. Si nous vous détruisons, c’est pour des raisons stratégiques.» Le Père Labaky ne fut pas rassuré d’apprendre que la destruction avait lieu pour des raisons stratégiques, et il insista pour parler à Arafat, et pour que celui-ci rappelle ses troupes. L’aide de camp finit par lui dire que les  quartiers généraux de l’OLP allaient donner l’ordre de cesser le feu.

Mais il était déjà onze heures du matin. Les minutes et les heures passaient, et les tirs ne cessaient pas. Le Père Labaky appella de nouveau Jumblatt et lui dit ce que l’aide de camp d’Arafat lui avait répondu. Le conseil de Jumblatt fut de persister à essayer de parler directement à Arafat, et de tenter de contacter d’autres de ses amis personnels, parce que « quant à lui [Arafat] » il « ne lui faisait pas confiance ». A vingt trois heures trente, l’eau, l’électricité et le téléphone étaient coupés. L’invasion de la ville commença à une heure du matin, par le côté du village où le Père Labaky avait reçu les premières balles, le matin même. Les hommes de Sa’iqa se précipitèrent dans les maisons. Ils massacrèrent près de cinquante personnes en une nuit.  Le Père Labaky entendit les hurlements et sortit dans la rue. Des femmes couraient vers lui en chemise de nuit en criant « Ils nous massacrent ». Les survivants, quittant cette partie de la ville, se réfugièrent dans la zone près de l’église. Les attaquants occupèrent alors la partie de la ville qu’ils avaient prise.

Le Père Labaky décrit la scène : « Je parvins à entrer dans une des maisons pour aller y chercher les corps au petit matin, malgré les bombardements. Et je me rappelle une chose qui me terrifie encore aujourd’hui. Toute une famille avait été tuée. C’était la famille Can’an, quatre enfants étaient morts, ainsi que la mère, le père, et le grand-père. La mère tenait encore un des enfants dans ses bras. Elle était enceinte. les yeux des enfants avaient été arrachés des orbites, et leurs membres coupés. Ni bras, ni jambes. C’était affreux. Nous les avons emmenés dans un camion. Le seul survivant, le frère du père de famille, Samir Ca’nan, m’aida à rassembler les restes de son frère, sa femme, et de leurs enfants, ainsi que du grand-père. Nous les avons enterrés dans le cimetière sous les coups de mortiers de l’OLP. Et alors que je procédais à cet enterrement, nous trouvions de plus en plus de corps dans les rues... »

 

La ville tenta de se défendre. Deux cent vingt cinq hommes jeunes, la plupart âgés environ de seize ans, armés de fusils de chasse, et tous dénués de formation militaire, tinrent la ville pendant douze jours. Les villageois se blotissaient dans des caves, avec des sacs de sable empilés devant leurs portes et les fenêtres du rez-de-chaussée. Le Père Labaky passa d’abri en abri pour visiter les familles et leur porter du pain et du lait. Il passa aussi souvent « encourager les jeunes gens qui défendaient la ville. ».

Le pilonnage incessant de la ville fit d’énormes dégats. Pendant le siège qu’ils établirent le 9 janvier, les Palestiniens coupèrent immédiatement les approvisionnements de la ville en eau et en nourriture, et refusèrent de laisser la Croix Rouge évacuer les blessés. Les bébés et les enfants moururent de déshydratation. Le 23 janvier, lorsque le dernier massacre eut lieu, des centaines de Chrétiens furent tués. Le Père Labaky continue :

 

'L’attaque eut lieu depuis la montagne qui était derrière. Ce fut une apocalypse. Ils arrivaient, des milliers et des milliers, criant « Allahou Akbar ! Attaquons les pour les Arabes, offrons un holocoste à Mahomet » Et ils massacraient toutes les personnes qu’ils trouvaient sur leur passage, hommes, femmes, et enfants. »

Des familles entières furent tuées dans leur demeure. De nombreuses femmes furent violées par des groupes d’hommes, puis tuées ensuite pour la plupart. Une femme sauva sa fille adolescente du viol en lui passant du bleu de lessive sur le visage pour la rendre repoussante. Pendant les atrocités, les assaillants eux-mêmes prirent des photos. qu’ils vendirent ensuite à des journaux européens. Les survivants du massacre témoignèrent. Une jeune fille de seize ans, Soumavya Ghanimeh, assista à l’éxécution de son père et de son frère par deux attaquants, ainsi qu’au pillage de sa maison qui fut ensuite brûlée. Elle témoigne :

 “Alors qu’ils m’emmenaient par les rues, je voyais les maisons brûler autour de moi. Ils avaient des camions devant les maisons et y empilaient des affaires. Je ne me rappelle combien j’étais effrayée par le feu. Je hurlais. Et même des mois après les événements je ne pouvais pas supporter que quelqu’un enflamme une allumette près de moi. Je ne suppportais plus l’odeur de brûlé. »

Elle et sa mère Mariam, ainsi qu’une jeune soeur et un petit frère, furent sauvés de la tuerie dans leur propre maison, parce qu’elle se précipita dérrière un Palestinien pour se protéger de l’arme d’un autre qui la visait déjà, en criant « Ne les laisse pas nous tuer ». L’homme accepta le rôle de protecteur que la jeune fille lui faisait endosser soudainement. Il répondit à son comparse « Si vous les tuez, il faudra aussi me tuer ». C’est ainsi que la jeune fille, sa mère, sa soeur et son frère furent épargnés, entraînés dans les rues entre les maisons en feu, placés dans un camion pour être emmenés au camp de Sabra à Beyrout[4]. Là ils furent gardés dans une prison surpeuplée « Nous devions dormir à même le sol, et il faisait un froid très vif. » Lorsque le père Labaky trouva les corps calcinés du père et du frère de la famille Ghanimeh, il dut se rendre à l’évidence, « on ne pouvait plus savoir s’il s’agissait d’hommes ou de femmes ».

Dans la frénésie de destruction totale qui les avait saisis, comme si les limites de la Nature ne devaient pas les arrêter, les Palestiniens ouvrirent les tombes, en exhumèrent les ossements des morts qu’ils répandirent dans la rue. Les chrétiens qui échappèrent à la première vague de l’attaque tentèrent de s’échapper avec tous les moyens possibles : des voitures, des charrettes, des vélos, et des motos. Certains s’enfuirent à pied vers la plage pour tenter de s’échapper en bateau. Mais la mer était forte, et l’attente pour des secours fut longue, dans l’angoisse que leurs agresseurs pouvaient fondre sur eux à tout instant.

Quelques 500 personnes se réfugièrent dans l’église de St Elias. Le père Labaky s’y précipita à six heures du matin, lorsqu’il perçut le tumulte de l’attaque. Il dit candidement aux fidèles rassemblés qu’il se sentait impuissant à leur conseiller que faire. « Si je vous dis de fuir par la mer, vous vous ferez peut-être tuer. Si je vous dis de rester ici, vous serez peut-être tués ici. »

Un vieil homme suggéra de brandir un drapeau blanc. « Peut-être nous épargneront-ils si nous nous rendons » dit-il. Labaky lui remit son surplis. Il le mit sur une croix de procession et le plaça devant l’église. Dix minutes plus tard, quelqu’un frappa à la porte, trois petits coups, puis trois séries de trois. Les réfugiés étaient pétrifiés. Le père Labaky dit qu’il allait voir qui c’était. Si c’était l’ennemi, peut-être les épargnerait-il. « Mais s’ils nous tuent, au moins nous mourrons ensemble, et nous aurons une belle paroisse au paradis, 500 personnes, et pas de point de contrôle ! » Les assiégés rirent, et le prêtre alla ouvrir la porte. Ce n’était pas l’ennemi, mais deux hommes de Damour qui avaient fui la ville et qui avaient vu le drapeau blanc depuis la plage. Ils étaient revenus pour prévenir les assiégés que cela ne leur servirait à rien. « Nous avons levé un drapeau blanc devant Notre Dame, et ils nous ont mitraillés. »

A nouveau, ils discutèrent de ce qui pouvait être entrepris. Le prêtre leur dit qu’ils devraient faire une chose, bien qu’elle leur soit « impossible », prier pour le pardon de ceux qui venaient les tuer. Alors qu’ils étaient en prière, l’un des jeunes défenseurs de la ville qui avait vu le drapeau entra et dit : « courez maintenant jusqu’à la plage, on vous couvre. »

Les deux jeunes hommes se tinrent devant l’église et tirèrent dans la direction d’où venaient des fedayins. Il fallut dix minutes aux personnes réfugiées dans l’église pour quitter la ville. Les 500 personnes s’enfuirent, sauf un vieil homme qui dit qu’il ne pouvait pas marcher, et qu’il préfèrait mourir devant sa propre maison. Il échappa à la mort. Le père Labaky le trouva des semaines plus tard dans des prisons de l’OLP et entendit ce qui s’était passé après que les survivants soient partis.

Quelques minutes après qu’ils soient partis, « l’OLP vint et bombarda l’église sans même y entrer. Ils enfonçèrent la porte et jetèrent des grenades à l’intérieur. » Tous aurait été tués s’ils y été restés.

 

Le prêtre mena ses ouailles le long de la plage jusqu’au palais de Camille Chamoun. Mais lorsqu’ils l’attinrent, ils se rendirent compte que la palais avait déjà été pillé et brûlé en partie.

Ils trouvèrent cependant refuge dans le palais d’un musulman qui « n’était pas d’accord avec les Palestiniens », puis ils s’enfuirent dans de petites embarcations, pour rejoindre ensuite un plus grand navire, qui les mena à Jounieh. « Une pauvre femme dut donner le jour à un bébé sur la mer déchaînée d’hiver, à bord de cette petite embarcation. »

 

582 personnes moururent dans le massacre de Damour. Le père Labaky revint avec la Croix Rouge pour les enterrer. Beaucoup des corps avaient été démembrés, de sorte qu’ils durent compter les têtes pour dénombrer les morts. Trois des hommes qu’ils trouvèrent avaient eu leur parties génitales coupées et enfoncées dans leur bouche. L’horreur ne s’arrêtait pas là. Le vieux cimetière chrétien avait été détruit, les cercueils déterrés, les corps dérobés, les cryptes ouvertes, les corps et les squelettes avaient été jetés dans la cour du cimetière. Damour avait été ensuite transformé en forteresse du Fatah et du FPLP (Front de Libération de la Palestine). la ville en ruines devint l’un des centres principaux de l’OLP pour la promotion du terrorisme international. L’église d’Elias servit de garage de réparations pour les véhicules de l’OLP, ainsi que de champ d’exercice de tirs dont les cibles étaient peintes sur le mur oriental de la nef. Le commandant des forces combinées qui attaqua Damour le 23 janvier 1976 était Zuhayr Muhsin, chef de al-Sa’iqa, connu depuis lors dans tout le Liban chrétien sous le nom de « Boucher de Damour ». Il fut assassiné le 15 juillet 1979 à Cannes, en France.

 

Les autres exactions  de l’OLP contre les Chrétiens au sud Liban[5]

Les exactions des Palestiniens au sud Liban ne se limitèrent pas au massacre des seuls habitants de Damour.

Voici reproduit ici l’index (non exhaustif) des massacres de chrétiens par Yasser Arafat, ses troupes et ses alliés :

1975:

14 Avril: La guerre prenant des dimensions religieuses et confessionnelles, des "Commandos" palestiniens habitant la ville de Barja, chassent de leurs maisons les habitants chrétiens du village Ayn el-Assad dans Iqlim el-Kharroub. Les habitants chrétiens des villages voisins fuirent la région vers Beyrouth.

C’est le premier cas de déplacement de population au Liban.

1976:

Début 1976: Les Palestiniens et les milices musulmanes et dites « progressistes » envahirent les villes de Damour et de Jiyé sur la route joignant Sayda à Beyrouth et massacrèrent la population.

Octobre: L’armée-milice dirigée par Ahmad Al-Khatib et la coalition des « islamo-progressistes », envahirent le village chrétien de Aichyé à Jezzine: 52 habitants sont massacrés et les maisons incendiées ou détruites.

Fin de l’année: Massacre des chrétiens à Maasser Beit-Eddine.

Au cours de cette année 1976, surtout dans la première moitié, le sort des chrétiens des cazas de Zahrani, Nabatyé, Hasbayya et une partie de Jezzine, a suivi celui des villages chrétiens de la Békaa, du Nord, de la partie Ouest de la capitale et de sa banlieue sud: enlèvements, exécutions et deplacement de population.

 

1977

6 Mars: 200 chrétiens furent massacrés au Chouf.

 

1978

27 ? 28 Juin: Enlèvement et massacre de 35 jeunes chrétiens au village El-Qaa, Baalbek, Jdaydet-Fakiha.

 

1980

7 ? 9 Juillet: Le massacre du village de Safra, où des partisans du Président Chamoun et de son fils Dani sont exécutés. Béchir Gemayel devient Chef unique de la milice des "Forces Libanaises".

 

1983

18 Avril: Une voiture piégée détruit une partie de l’ambassade américaine à Beyrouth. Des musulmans intégristes en revendiquent la responsabilité (80 morts et 100 blessés).

13 Octobre: Des commandos musulmans, exécutent des attentats aux voitures piégées contre les sièges des forces multinationales. 241 américains et 88 français sont tués.(note: les auteurs de l'attentat sont les hommes du Hezbollah; qui prétendra encore que ce mouvement n'est pas terroriste mais constitue un mouvement de resistance?)

 

L’année 1983 est soldée par une campagne tenue par les Musulmans intégristes pour déplacer les chrétiens de Beyrouth-Ouest et de sa banlieue au Sud de la Békaa, où il ne reste dans les villages chrétiens, hors de Zahlé, que quelques habitants.

 

1984

18 Janvier: Assassinat de Malcolm Kerr, Recteur de l’Université Américaine de Beyrouth.

1985

11 ? 12 Mars: Les intégristes musulmans (Jihad Islamique) entreprennent l’enlèvement de plusieurs européens et américains.

Avril: Iqlim el-Kharroub fut dévastée par les milices du Leader Druze Walid Joumblatt. Les chrétiens se déplacent vers Jezzine. Les villages chrétiens furent complètement rasés.

25 Avril: Après des affrontements à Sayda entre les "Forces Libanaises" et les musulmans intégristes et les Palestiniens, les premiers se retirent unilatéralement de la région, pour permettre à l’armée libanaise de se développer. Les villages chrétiens de l’Est de Sayda, ou du littoral de Jezzine, ainsi que ceux de Zahrani, furent dévastés; leurs habitants ainsi que les chrétiens de Sayda se déplacent vers la ville de Jezzine.

22 Mai: Enlèvement d’Européens à Beyrouth-Ouest.

Désacralisation d’une église et d’un crucifix par des affiches de propagande palestinienne, au Liban sud

 

 

 

Bilan de la guerre chez les chrétiens:

Les chiffres précis de tous ces massacres varient. Selon les estimations les plus basses, on trouve 2 972 personnes massacrées chez les chrétiens, contre 1289 musulmans), et il y eut 670 000  réfugiés chrétiens ( contre 157500 musulmans). Il reste que ces chiffres sont semble-t-il en dessous de la vérité, puisque 582 personnes moururent dans le seul massacre de Damour, et que d’autres massacres suivirent dans d’autres villes avec la même ampleur.

65 écoles chrétiennes furent fermées dans les régions que les chrétiens ont quittés entre 1982 et 1987, pillées ou incendiées ou détruites. Avant cette date le nombre des écoles fermées était de l’ordre de 211 écoles catholiques, 56 écoles musulmanes, 38 écoles orthodoxes et autres.

La Bibliothèque Nationale, fut endommagée et pillée en 1975 par les Palestiniens qui l’ont occupée. Le même sort a frappé la Bibliothèque de Sleiman El-Boustany et du ministère du plan aux mains des Palestiniens. Les chrétiens ont perdu 375 églises, 45 couvents et 17 sièges épiscopaux (les musulmans ont perdu 72 mosquées).

 

L’histoire des massacres de chrétiens ne se limite malheureusement pas à l’histoire passée du Liban, ainsi que le montrent les événements récents du sud Liban, où cinq chrétiens furent emprisonnés par le gouvernement libanais sous contrôle syrien en août 1997 comme « collaborateurs avec Israël » Selon les sources d’information libaniaise chrétienne, leur faute consistait surtout à être chrétien[6].

 

Une enquête menée auprès des différentes Églises présentes en territoire palestinien nous a révélé que le processus d’islamisation meurtrière du sud Liban a déjà commencé dans les territoires de l’Autorité Palestinienne.

 

 

III.        Les actes de vandalisme et d’agressions des Palestiniens vis-à-vis des autres religions, dans les territoires de l’Autonomie palestinienne, depuis les Accords d’Oslo[7]

 

1. Les accords d’Oslo et les lieux saints/ la liberté de culte des trois religions

Les accords d’Oslo abordaient la question des lieux saints, mais d’une façon qui était très loin d’être exhaustive. Pour commencer, certains lieux saints juifs étaient classés comme lieux saints, alors que d’autres figuraient dans la liste des lieux archéologiques. On est ainsi surpris de constater que les seuls lieux saints juifs répertoriés par les accords d’Oslo sont la tombe de Joseph à Nablus et la synagogue Shalom Al Israel à Jéricho (annexe 4 des accords intérimaires ). L’article 32 des accords d’Oslo stipule que les parties s’engagent à assurer le libre accès et la sécurité des pélerins des lieux saints, de sorte que le State Department, en se penchant sur les lois israëliennes et palestiniennes respectives a tout simplement oublié de mentionner que les exactions palestiniennes concernant les lieux saints et les contraventions à la liberté de culte constituaient par là-même des violations des accords d’Oslo. Cependant, à la page 183 des accords d’Oslo, dans le passage intitulé « schedule 1 », on trouve une liste assez enigmatique de « lieux archéologiques importants  pour la partie israëlienne. » Le titre en dit long sur le contenu. Il ne s’agit de rien d’autre que de lieux religieux, classés comme archéologiques pour faciliter la tâche aux législateurs. On y trouve la synagogue de Samoa, la synagogue de Maon, la synagogue de Yata, Tel Rumeida, soit la tombe de Ruth et Yishai, à Hevron, les palais hasmonéens, la synagogue de Naaran, le cimetière juif de Tel Sammarat, et la synagogue juive de Gaza. Soit neuf lieux saints juifs, arbitrairement isolés de la liste les concernant naturellement pour être placés dans une liste archéologique, dont les mesures protectrices, bien entendu, sont bien moindres. Dans les accords spécifiques de Hébron, on trouve enfin la tombe des patriarches, mentionnées avec la mosquée conjointe, et dans le cadre des réglements de sécurité mis en place pour assurer la prière des deux communautés dans ces lieux. Ajoutez enfin les lieux saints juifs absents de toute liste des accords d’Oslo : la tombe de Yehoshua Bin Noun ; la tombe de la famille de Loubavitch à Hébron, et d’autres encore nombreux. Plus de quinze sites religieux juifs sont ainsi passés sous le seul contrôle de l’autorité palestinienne, qui exige à présent, par l’intermédiaire du WAQF (autorité religieuse musulmane, chargée des affaires religieuses, à Jérusalem), de contrôler aussi l’accès au mur des lamentations par les juifs. Or, si le WAQF n’a pas respecté ses engagements (par exemple, il est toujours impossible pour un juif d’aller sur le mont du temple pour y prier, alors que l’Autorité Palestinienne s’était engagée à en garantir l’accès libre dans les accords d’Oslo), on constate qu’Israël a protégé tous les lieux saints de toutes les religions placées sur son territoire. Par contre, les sites religieux juifs placés sous autorité palestiniennes sont soit détruits (voir l’épisode de la destruction de la tombe de Joseph), soit rendus très difficiles d’accès (voir la tombe de Rachel), soit inaccessibles, puisqu’il est désormais impossible d’aller voir la tombe de Yehoshua Bin Noun et celle de Othniel, de Ruth, et de Yishai.

Vis-à-vis des autres religions, on constate que le traitement qui leur a été infligé par l’Autorité Palestinienne n’a guère été plus bienveillant.

Tout d’abord, Yasser Arafat et l’Autorité Palestinienne n’ont cessé de proclamer une hégémonie de l’Islam, non seulement en territoire palestinien, mais, promettent-ils, y compris sur le territoire d’Israël. Selon des déclarations faites concomitament, les accords d’Oslo sont nuls et non avenus quand la prophétie de Mahomet et la réalisation du Coran sont en jeu

 

2 . Quelques déclarations de Yasser Arafat et des membres de l’Autorité palestinienne concernant les lieux saints/la liberté religieuse

 

Les violences palestiniennes à l’encontre des autres religions ne sont ni le fruit du hasard ni le résultat incontrôlable d’une « violence de foule » comme voulait nous le faire entendre l’archevêque Shirvanian dans l’interview qu’il nous accorda. Les déclarations suivantes sont toutes issues de sources et d’informations contrôlées par l’Autorité palestinienne à son plus haut niveau, et énoncent toutes clairement la volonté d’effacer, de nier le droit à la pratique d’une autre religion que l’Islam, en réécrivant l’histoire de Jérusalem ou d’Israël d’une part, et en niant les traditions ou pratiques religieuses d’autre part.

Nous retranscrivons donc ici une série de ces déclarations, liste non exhaustive, mais montrant la continuité de cette politique islamiste de l’Autorité palestinienne. On constatera, en effet, que ce ne sont pas seulement des chefs religieux qui enflamment la foule palestinienne dans un esprit islamiste, en profitant quand il s’agit de déclarations faites dans des mosquées situées en territoire israëlien de la stricte application du respect des lieux de culte par la démocratie israëlienne. Nombreuses sont les déclarations émanant du pouvoir même de Yasser Arafat et de son gouvernement.

 

Déclaration du Sheikh Ikrama Sabri, Moufti officiel de l’autorité palestinienne :

« Si les Juifs veulent réellement la paix, il leur faut oublier totalement leurs droits sur le Mont du Temple ou sur la mosquée Al Aqsa... Le mur occidental [ soit le mur du kotel] appartient aussi aux musulmans, et fut donné aux Juifs comme lieu de prière uniquement parce que les Britanniques l’avaient demandé, et que les musulmans acceptèrent de le faire par bonté d’âme. Le mur occidental n’est qu’une barrière appartenant à un lieu saint musulman. Pourquoi accepterions-nous que les Juifs partagent avec nous des lieux qui sont saints pour nous et pour l’Islam... pendant 600 ans, les musulmans ont régné sur ce pays, depuis le calife Omar, et ce n’est qu’à présent que les Juifs se sont souvenus qu’ils avaient un droit sur le Mont du Temple à revendiquer[8]. »

 

 

Déclaration de Yasser Arafat à propos du mur du kotel (mur des lamentations) :

« Ce n’est pas du tout le mur occidental, mais un sanctuaire musulman[9]. »

 

Communiqué de presse de l’Autorité palestinienne :

« L’archéologie de Jérusalem est diverse – les  excavations dans la Vieille Ville et dans les zones l’entourant révèlent les palais musulmans d’Umayad, des ruines romaines, des ruines arméniennes et d’autres choses encore, mais rien de juif. En dehors de ce qui est mentionné dans l’Ancien et le Nouveau Testament, il n’y a pas de preuve tangible de trace juive dans la vieille ville de Jérusalem et ses environs immédiats.[10] »

 

Extrait du journal officiel de l’Autorité palestinienne, Al Hayat Al-jadeeda au sujet de la tombe de Joseph et de la tombe de Rachel, que l’autorité palestinienne s’était engagée à protéger dans les accords d’Oslo :

« Soyez vigilants et traitez la tombe de Joseph et la tombe de Rachel comme des parcelles de territoire palestinien qui doivent être libérés, et traitez Josphe et Rachel comme deux personnes qui sont décédées, comme tout le monde[11]. »

 

Déclaration du Moufti palestinien Sabri

« Le mur de ‘Al-Buraq’ (le mur du kotel) fait partie de la mosquée Al-Aqsa. Les juifs n’ont aucun lien avec ce mur, qu’il y ait eu ou non une décision de les exproprier[12]. »

 

Déclaration du Sheikh Yusef Abu Seina, à la mosquée de Al Aqsa (Jérusalem), et montrant que l’embrasement islamiste vise la totalité du territoire israëlien, en conformité avec l’analyse de M. Raphaël Israeli :

« La Palestine musulmane est une et ne doit pas être divisée. Il n’y a pas de différence entre Haïfa et Naplouse, Lod et Ramalah, Jérusalem et Nazareth, ou Gaza et Ashkelon. La Palestine est domaine du Waqf (autorité musulmane palestinienne) qui appartient à tous les musulmans du monde entier, et personne n’a le droit d’y renoncer ou de l’abandonner. Quiconque fait cela est un traitre à cette autorité religieuse, et n’est rien moins qu’un traitre dont la fin sera l’enfer[13]. »

 

Déclaration de Yasser Arafat

« Abraham n’était ni juif, ni  hébreu, mais tout simplement irakien. Les Juifs n’ont aucun droit de revendication sur la Tombe des Patriarches à Hevron, lieu de repos éternel d’Abraham, pour y avoir une synagogue. Il faudrait plutôt que l’ensemble du bâtiment soit une mosquée[14].

 

Déclaration du sheikh Ismaïl Jamal, directeur de l’OLP du Waqf islamique de Jéricho.

Le peuple d’Israël réalise parfaitement qu’ils n’ont ni temple ni ruines près de la mosquée Al Aqsa. Selon le Coran, le peuple d’Israël vivait quelque part à l’Ouest de Bethléem... Ils vivaient à Bethléem et non à Jérusalem.[15] »

 

Déclaration du Moufti de l’Autorité palestinienne le Sheikh Ikrima Sabri

« Aucun pierre du mur (occidental, du kotel) de Al Buraq n’a un lien quelconque avec le judaïsme. Les  Juifs ont commencé à prier devant ce mur seulement depuis le 19e siècle, lorsque leurs aspirations nationales commencèrent à se développer[16]. »

 

Déclaration du Dr Ahmed Yusuf Abu Halabiya

« Nous la nation palestinienne, avons pour destinée, d’être le fer de lance dans la guerre contre les Juifs jusqu’à la résurrection des morts, ainsi que le prophète Mahomet l’a déclaré : « la résurrection des morts ne viendra pas jusqu’à ce que vous combattiez les Juifs et les exterminiez. » Nous les Palestiniens, sommes le fer de cette épée dans cette perspective, et dans cette campagne, que nous le voulions ou pas. Tous les accords conclus ne sont que temporaires[17]. »

 

Déclaration du Dr Ahmed Yusuf Aby Halabiya

« Jérusalem, la Palestine, le pays et ses environs que Allah a bénis, resteront le centre d’une lutte entre la vérité et le mensonge, entre les Juifs et les non-Juifs sur cette terre sainte. Il importe peu combien d’accords seront signés ou combien de contrats seront confirmés. La vérité est le Coran, qui se vérifie dans les paroles de Mahomet, selon lesquelles la bataille décisive sera à Jérusalem et ses environs : «la Résurrection  des morts ne se réalisera pas avant que vous ne combattiez les Juifs[18] »

 

Déclaration d’Abu Mazen, secrétaire général du comité éxécutif de l’OLP

« A Camp David (en juillet 2000) ... les Israëliens et les Américains ont lançé des ballons-tests concernant des solutions sur les problèmes concernant Jérusalem... Ils se sont concentrés sur le quartier arménien, en prenant pour acquis [l’annexion par Israël du] le quartier juif. Nous avons rejeté de façon catégorique toutes ces propositions, mais nous avons été d’accord qu’ils pourraient prier à côté du mur des lamentations, sans accorder une souveraineté israëlienne sur celui-ci. Nous nous sommes basés sur la résolution britannique de Shaw datant de 1929. La commission a accordé que le Mur appartient au Waqf musulman, tout en permettant aux Juifs de prier à ce mur à condition de ne pas utiliser un shofar[19]. »

 

3. Les exactions de l’Autorité palestinienne à l’encontre des autres religions depuis les accords d’Olso

 

Un petit rappel historique des exactions de l’Autorité palestinienne contre les lieux saints des diverses religions est nécessaire pour prendre la dimension d’une politique qui ne constitue pas le fait d’une foule déchaînée acculant un gouvernement à des décisions, mais bien l’application de décisions venant d’un gouvernement par ses forces de sécurité haranguant la foule en son nom. L’Autorité Palestinienne ne se contente donc pas d’inciter à la violence et l’intolérance religieuse par ses media, elle dirige cette violence par l’intermédiaire de sa police et de ses forces de sécurité.

 

 

La tombe de Rachel : la tombe, située aux abords de Bethléem, est la tombe de la matriarche biblique Rachel, et se trouve sous contrôle israëlien. Depuis les émeutes de septembre 1996, lorsque la foule palestinienne prit d’assaut le site, à coup de pierres et de cocktails molotovs, causant des dégats à la structure du bâtiment, ce lieu saint est une cible favorite des attaques palestiniennes. En septembre 1996, les émeutes furent soutenues par la police palestinienne qui tira même sur les soldtas israëliens gardant le site, tuant l’un d’entre eux.

 

La tombe de Joseph : pendant les émeutes de septembre 1996, une foule palestinienne menée par la police palestinienne attaque la tombe de Joseph, placée sous la protection de l’Autorité palestinienne par les accords d’Oslo. Les agents de la sécurité palestinienne ouvrirent le feu sur les soldats israëliens, tuant six soldats israëliens. Après le retrait temporaire des forces israëliennes, la foule entra dans le site et y mit le feu, brûlant les livres de prières juifs, les Bibles et autres articles religieux saints qu’ils trouvèrent dans le bâtiment. En octobre 2000, la foule palestinienne attaqua à nouveau le site, tuant un soldat israëlien, puis elle détruisit le bâtiment pierre à pierre, soutenue par les forces de police palestinienne.

 

Le monastère russe orthodoxe de Hébron : Le 5 juillet 1997, la police palestinienne de Yasser Arafat prit de force le « monastère de  la sainte Trinité » situé à Hébron et appartenant à l’église orthodoxe russe, expulsant par la force physique les moines et les religieuses, n’hésitant pas à tirer celles-ci par les cheveux Plusieurs des moines et des religieuses durent être hospitalisés.

 

Le monastère russe orthodoxe de Jéricho :  en janvier 2000, la police palestinienne expulsa de force cinq prêtres orthodoxes « russes blancs » du monastère de Jéricho pour remettre le bâtiment au patriarche de Moscou (dit de « l’église orthodoxe communiste »).

 

Le Mont du Temple, à Jérusalem : de septembre 1998 à décembre 2000, les pelleteuses palestiniennes ont creusé sous la mosquée d’Omar sans autorisation ni des autorités du Ministère des Cultes en Israël, ni  des autorités archéologiques, évacuant les remblais toutes les nuits par trains entiers de camions déversant leurs bennes dans des dépots à ordures. Le résultat transforma la Mosquée d’Omar en en faisant la plus grande mosquée du Moyen Orient, (en totale incurie de ce que signifie une telle réunion de fidèle dans un lieu aussi sensible de Jérusalem) tout en évacuant toute trace historique du passé juif du Mont du Temple en mêlant sans discernement les couches archéologiques successives constituant ce sous-sol pour s’en débarasse ensuite dans les dépotoirs locaux...

 

L’église de St Nicholas, à Beth Jalla. Pendant les hostilités d’octobre et de novembre 2000, les hommes du Fatah de Yasser Arafat tirèrent sur le quartier de Jérusalem de Gilo depuis des maisons adjacentes aux églises de Beth Jalla, le village situé face à Gilo. Un prêtre catholique de Beth Jalla rapporta ces faits, en déclarant « les positions choisies par les Tanzims sont clairement proches des églises de Beth Jalla, dans l’espoir que les tirs de riposte israëliens toucheront une église. Cela ferait la première page des journeaux de l’Occident : « Israël détruit à présent des églises ».

Cette tactique fut ensuite appliquée aux maisons des chrétiens, où les Tanzims entraient de force, pour tirer sur Gilo, afin que la riposte israëlienne détruise ces maisons.

 

Les exactions quotidiennes contre les Arabes chrétiens :

les exactions palestiniennes contre les autres religions ne se résument pas à des attaques contre des lieux saints, à des démantellement de ces lieux saints, ou à des violences contre les moines et les religieuses gardant ces lieux saints. Les Arabes chrétiens sont l’objet de menaces quotidiennes. Des foules menaçantes se réunissent sous leurs fenêtres la nuit en leur criant des menaces de mort jusqu’à ce que les familles cèdent et partent en exil, le plus souvent à la sauvette, en abandonnant tous leurs biens. Les jeunes filles sont violées ou épousées de force, les enfants étant alors considérés comme musulmans. Autre exemple, à Beit Jallah, en octobre 2001 des hommes de la sécurité de l’Autorité Palestinienne violèrent trois jeunes filles chrétienne, qu’ils étouffèrent ensuite avec des oreillers avant de les tuer[20]. A Beit Sahour, une femme chrétienne fur attaquée par des Taamari. Ils tentèrent de la violer. Des voisins vinrent à sa rescousse. La police palestinienne vint et prit fait et cause pour les agresseurs, et le commandant du Fatah Kamal Sweid menaça ensuite les chrétiens concernés en leur déclarant que les taamari recevaient leurs ordres directement de Yasser Arafat[21]. D’une manière générale, les enfants chrétiens sont embrigadés de force dans les manisfestations violentes organisées contre Israël, placés en première ligne pour protéger les soldats palestiniens armés. Enfin, lors des derniers mois de tension, il suffisait souvent d’être chrétien pour être accusé de collaboration avec Israël, tué lors d’une exécution sommaire, et livré à la foule comme ce fut le cas pour le « collaborateur » de Ramalah dont nous reproduisons la photo ici, bien que son cas ait été différent et qu’il ait été musulman, mais lui aussi exécuté sans preuve et dépecé par la foule.

photo de l’exécution d’un collaborateur à Ramalah avant le dépecage de son corps par la foule

 

 

 

Devant la gravité de la situation, nous avons tenu à interroger les dirigeants des différentes communautés chrétiennes en Israël, afin d’avoir leur sentiment sur l’urgence de la situation. Les circonstances des interviews auraient mérité un film en soi. Tous parlèrent d’une voix blême, reflétant une peur réprimée devant la nécessité et le devoir de prendre parole. Certains, comme « le père Smith » acceptèrent de témoigner mais sous l’anonymat. Enfin, le père Aris Shirvanian, qui se disait grand ami de Yasser Arafat, et entretenant de très bons rapports avec l’Autorité Palestinienne, tenta bien de tenir un discours politiquement correct. Mais « l’oeil de la caméra » a des effets que le psychisme ne contrôle pas : plus l’interview avançait, et plus le capuchon de l’archevêque s’abaissait sur ses yeux, alors que son visage et ses membres révélaient un tremblement de plus en plus notable.

Nous vous présentons donc les interviews du film « Les Chrétiens dans le monde de l’Islam », réalisé par l’UPJF.

 

 

IV.         Interviews de chefs de communautés chrétiennes en Israël au sujet de la situation des Chrétiens dans les territoires palestiniens

 

1. Contexte des interviews, et premiers documents :

Nous avons effectué nos interviews alors que régnait en Israël une grande tension à propos de la prise de la Basilique de la Nativité en ôtage par les Tanzims du Fatah de Yasser Arafat. Le 2 avril 2002, les forces des Tanzims entrèrent de force dans l’ensemble de bâtiment dit du «  compound » de la Nativité, à Bethléem.

L’archevêque palestinien Michel Sabah justifia la prise de la Basilique en contradiction fondamentale avec la loi chrétienne permettant de trouver refuge dans un sanctuaire pour tout homme entré sans arme.

 

Ce lieu avait été déclaré hors des attaques de l’armée israëlienne, les forces des Tanzims se trouvaient protégées de facto. Le 6 avril 2002, les Tanzims opérèrent aussi une prise d’otages passée inaperçue auprès des media, au couvent des soeurs Bridgetines, à Bethléem. Nous avons retrancris la discussion entre le directeur du couvent et le porte-parole de l’armée israëlienne qui l’interrogeait. Le dialogue montre l’émotion et la peur du directeur par la confusion ou la tournure évasive de ses réponses, la nécessité éprouvée par le porte-parole de l’armée de lui faire répéter ou préciser des éléments pour le comprendre. Le directeur du couvent répond aussi évasivement à toute question pouvant être de l’ordre des renseignements militaire, soit par souci idéologique de se tenir hors du conflit, soit parce que lors des événements, rien ne pouvait lui assurer que les troupes des Tanzims ne reviendraient pas le menacer à nouveau:

 

Le directeur du couvent: « ils viennent de partir »

porte-parole de Tsahal : « qui ? »

Le directeur du couvent : « les gens qui étaient dedans »

porte-parole de Tsahal  : « qui étaient-ils ? »

Le directeur du couvent: des soldats

porte-parole de Tsahal  : « comment sont-ils entrés ? quand ? »

Le directeur du couvent: « il y a trois jours »`

porte-parole de Tsahal  : « combien étaient ils ? »

Le directeur du couvent: c’est difficile à dire, 40, 60. La maison est très haute

porte-parole de Tsahal  : « qui les a fait entrer ? Comment sont-ils entrés ? »

Le directeur du couvent: « les soeurs ont répondu à la porte. Puis ils ont dit qu’ils voulaient voir la maison, et ils sont restés. ils ont pris leur position de défense »

porte-parole de Tsahal  : « étaient-ils armés ? »

Le directeur du couvent: certains, pas tous

porte-parole de Tsahal  : « était-ce des Palestiniens ? »

Le directeur du couvent:  « Oui, tous, c’était tous des Palestiniens »

porte-parole de Tsahal  : « combien étaient armés ? »

Le directeur du couvent: « je ne sais pas. J’avais d’autre choses à penser. je n’ai pas eu le temps de compter. »

porte-parole de Tsahal : quand sont-ils partis ?

Directeur du couvent : « ils sont partis maintenant, parce qu’aujourd’hui nous avons un mort dans la maison... »

Après ce premier document, nous vous présentons la retranscription des interviews des différentes dirigeants de congrégations chrétiennes en Israël.

 

2. Interviews des chefs de congrégations chrétiennes en Israël

David Parsons : chargé des relations publiques de l’ambassade chrétienne de Jérusalem

« Je me nomme David Parsons, je suis chargé de relations publiques pour l’ambassade chrétienne de Jérusalem. C’est un organisme servant de lien entre les différentes communautés chrétiennes en Israël. Nous représentons un groupe cherchant à réparer le fait que les Juifs ont été persécutés pendant des siècles au nom de Jésus. Nous sommes donc concernés par le sort de l’Etat d’Israël. La plupart d’entre nous sont des chrétiens dits « renés en Jésus Christ. » »

UPJF : « Qu’avez-vous à dire ou commenter concernant la situation des chrétiens dans les territoires de l’Autorité palestinienne ? »

David Parsons : « Les Palestiniens chrétiens sont une minorité qui a vécu au sein d’une majorité d’Islam depuis des siècles. Ils ont appris à vivre au sein d’une telle majorité. Et lorsque Yasser Arafat est revenu dans les territoires palestiniens avec l’OLP, ils représentaient un pouvoir essentiellement islamique. Et malgré toute une rhétorique vis-à-vis des Soviets, ou pour faire plaisir à l’Occident il y a une dizaine d’années, le pouvoir de l’Autorité palestinienne est essentiellement islamique. Et même si ce n’est pas une catégorie aussi grave que celle des Talibans, c’est fondamentalement la même chose. C’est la Loi de la chariah. Si un musulman se convertit à la chrétienté par exemple, il doit revenir à l’Islam ou mourir. »

UPJF : « Que pensez vous du rapport du State Department sur la situation dans les territoires palestiniens ? »

David Parsons : « Je connais ce rapport parce que dans une certaine mesure j’y ai participé, j’ai été interviewé. Le State Department a cherché à trouver des circonstances atténuantes à l’Autorité palestinienne. Partout dans les territoires palestiniens les chrétiens constituent une cible. A Beit Jallah, les maisons des Arabes chrétiens ont été prises d’assaut par les Palestiniens. »

UPJF : « Pouriez-vous décrire la situation des Chrétiens en territoire palestinien ? »

David Parsons : « Bethléem a constitué une cible privilégiée il y a plus de quinze ans à la conférence islamique internationale qui a eu lieu à Bagdad. Il fut décidé de l’islamiser.                                                 

Vue du Mont du Temple devenue « l’Esplanade des Mosquées » pour la propagande islamiste palestinienne »

 

Bethléem avait une mosquée il ya trente ans. Elle en a maintenant 70. La population chrétienne représentait 80% de la population totale de Bethléem. Elle représente à présent moins de cinq pour cent. 55 000 chrétiens palestiniens se sont réfugiés au Chili. La politique d’islamisation de l’Autorité palestinienne n’est pas un fait nouveau. C’est déjà une pratique islamiste connue historiquement, qui s’exprime par exemple, avec la construction de lieux de culte musulmans sur les lieux de culte des autres religions. C’est ainsi que la mosquée dite d’Omar a été construite sur l’esplanade du temple de Jérusalem pour marquer la domination de l’Islam sur le lieu saint central du Judaïsme. Les Palestiniens ont à nouveau appliqué cette politique lorsqu’ils ont détruit le tombe de Joseph à Nablouse, pour la reconstruire sous forme de mosquée. »

De gauche à droite: destruction de la tombe de Joseph ; reconstruction d’une mosquée sur ce lieu saint juif[22]

 

 

UPJF : « Que s’est-il passé à Bethléem ? »

David Parsons : « A Bethléem, comme à Ramalah, l’armée israëlienne avait annoncé que certaines zones étaient déclarées « off limits » et qu’elle n’entrerait pas dans ces zones en cas de conflit. C’était ainsi le cas du carré d’Arafat à Ramalah, et de la Place et de l’Eglise de la Nativité à Bethléem. Les autorités municipales de Beth Lehem ont travaillé main dans la main avec les groupes de Yasser Arafat, que ce soit le Fatah, ou le Hamas, pour utiliser ces zones comme des zones de refuge où ils porteraient le combat en cas de conflit. Ainsi, lorsque les Israëliens sont arrivés à Bethléem, les Palestiniens avaient préparé la Basilique et ses environs, en mettant des bombes tout autour, et ils se sont réfugiés dans l’Eglise de la Nativité lors de l’entrée israëlienne dans Bethléem.

Ce qu’il faut comprendre c’est que les Palestiniens ont porté le combat dans un lieu saint. C’était un fait exprès. »

 

 

 

 

Révérent Petra Heldt

Directrice du centre de fraternité et de recherches oecuméniques de Jérusalem

« Je m’appelle Petra Heldt. je suis pasteur luthérienne, venue d’Allemagne. Je suis directrice du centre de recherche et de fraternité oecuménique de Jérusalem. »

UPJF : « J’aurais aimé avoir votre version des faits sur la situation des chrétiens dans les territoires palestiniens. »

Petra Heldt : « Les chrétiens constituent une minorité au sein d’une majorité musulmane particulièrement à Bethléem, où le population chrétienne est tombée à moins de 5%.

La majorité des Chrétiens qui quittent le pays sont protestants. Ils bénéficient d’une bonne éducation, de liens avec l’étranger. La majorité des chrétiens vivant dans les territoires sont orthodoxes. Ils sont en général très pauvres, sans qualification élevée. Ils ont l’expérience de centaines d’années de vie au sein d’une majorité musulmane. Ils savent d’expérience que s’ils veulent élever la voix, ils doivent s’attendre à des répercussions dans leur vie quotidienne, s’ils ne sont pas soutenus pas une institution forte. La majorité des Chrétiens allant à l’étranger sont protestants. Lorsqu’ils s’expriment à l’étranger, ils expriment le voeu pieux d’une existence d’égal à égal avec la majorité musulmane. Ils n’ont pas l’expérience de cette vie qu’ont les orthodoxes. Les représentants chrétiens qui s’expriment à l’étranger parlent d’une voix forte, et donnent le sentiment qu’ils représentent une majorité. C’est le contraire qui est vrai. Les catholiques sont une minorité. Et au sein de l’Église catholique, on entend deux voix. Une partie exprime le souhait de vivre au sein de la société palestinienne. Une seconde partie, en conformité avec le Concile du Pape, souhaitent donner une place à Israël, à la fois dans la théologie, et dans un rapprochement avec l’Etat d’Israël. Mais les gens qui s’expriment si fort à l’étranger sont pratiquement muets, ici, en Terre Sainte. Si vous demandez au gens du terrain ce qu’ils pensent d’une vie au sein de l’Etat d’Israël, ils seront toujoours très positifs dans leur réponse, car ils savent qu’ils y ont une base solide pour vivre leur foi. Mais si vous leur demandez ce qu’ils pensent d’un avenir au sein de la société palestinienne, ils ne sont pas du tout optimistes. »

UPJF : « Lorsque vous parlez des voix s’exprimant à l’étranger, voulez-vous parler de Sabah Riakh Habou el assah et Younan ? »

Petra Heldt : « Ce sont effectivement eux qui sont le plus entendu en Occident, et qui donnent l’impression à l’Occident qu’il s’agit de la situation réelle. »

 

 

Nous nous sommes ensuite rendus auprès du Père Smith, de confession russe orthodoxe afin de recueillir son témoignage sur la situation des Chrétiens en territoire palestinien, mais aussi pour connaître son interprétation des événements ayant touché la communauté orthodoxe au monastère de Hevron et au monastère de Jéricho.

 

Père « Smith », de confession russe orthodoxe [23]ֵ

 

« Je suis le ‘Père Smith’, et je fais partie de l’église orthodoxe russe

Au sujet des événements du monastère de Jéricho, nous avons été expulsés du monastère par la police palestinienne à la demande de Moscou. Nous avons trouvé refuge au monastère de Hébron, où le scénario s’est répété deux ans plus tard, en présence de l’ambassadeur de Moscou.  Deux soeurs sont restées dans le monastère pendant 40 jours, où elles ont été emprisonnées par la police palestinienne, et elles n’ont été libérées que sur intervention de l’ambassadeur américain. Les événements qui ont touché la communauté de Hevron se sont déroulé de façon semblable. »

UPJF : « Comment pouvez vous expliquer ces événements ? S’agit-il d’une islamisation du territoire ? Ou s’agit-il de diviser pour règner pour Yasser Arafat ? ou d’un acte politique ? »

Père Smith : « C’est un service rendu pour un autre. La plupart des Palestiniens ont étudié à Moscou. Le patriarchat communiste de Moscou a demandé cette action, et Yasser Arafat s’est exécuté pour avoir le soutien de Moscou. »

UPJF : « qu’auriez-vous à dire concernant la situation des chrétiens en territoire palestinien ?  et souhaitez-vous commenter les événements récents de la Basilique ? S’agit-il d’une prise d’ôtages ou de l’accord du droit d’asile ? »

Père Smith : « Les chrétiens ont tendance à partir les uns derrière les autres.

Concernant le problème qui s’est posé à Bethléem... si la porte de la Basilique n’avait pas été ouverte pas certains, personne ne serait entré. La porte de la Basilique a été ouverte du côté du Vatican, et la porte de passage entre les parties du ‘compound’. »

UPJF : « Mais le journal Die Zeit a rapporté que la porte d’entrée avait été mitraillée. »

Père Smith : « C’est exact. La porte de passage a été mitraillée, entre le bâtiment de la custody et le bâtiment de la Basilique. Mais on leur a ouvert la porte d’entrée. Je sais aussi que les vitraux ont été brisés pour servir de mirador. Actuellement, l’évêque grec est parti, accompagné d’un diacre, pour se faire soigner à Jérusalem. Enfin, je ne comprend pas pourquoi les moines ont nourri les Palestiniens qui étaient entrés. »

UPJF : « Mais peut-on considérer que quelqu’un menacé par les armes agit librement ? »

Père Smith : « Normalement non. Mais ce qui m’a étonné, c’est que les moines ont reçu de la nourriture qu’ils ont donné aussi aux attaquants, et c’est lors de cette remise de vivres qu’un moine arménien a été blessé. »

UPJF : « Quel est votre commentaire concernant la situation des chrétiens en territoire palestinien ? »

Père Smith : « Je sais que beaucoup de personnes, de chrétiens, veulent partir. »

UPJF : « On parle de viol de jeunes filles chrétiennes, de mariages forcés, que pouvez-vous en dire ? »

Père Smith : « Je ne sais pas. J’ai vécu à Jéricho. Je n’ai rien vu. Mais que cela se passe en sourdine, c’est tout-à-fait possible. Je souhaiterais une vraie paix, sans tension. Du côté israëlien, nous n’avons aucun problème, mais du côté palestinien, nous avons énormément de problèmes. »

UPJF : « Qu’auriez-vous à dire de l’archevêque Sabah ? »

Père Smith : « Il mange à tous les rateliers. Il est tout d’abord arabisant. Certains pensent que l’arabisation de l’Église est une solution. Moi je ne suis pas du tout d’accord. je pense que l’Église doit rester dans sa tradition. L’arabisation est un piège. »

UPJF : « Concrétement, vous pensez que les arabes chrétiens de Jérusalem Est sont menacés ? »

Père Smith : « Si Jérusalem-Est passe sous contrôle palestinien, ils n’auront plus droit à la liberté de culte, ou alors à certaines conditions très dures. Si Jérusalem-Est passe sous contrôle palestinien, vous aurez des centaines de religieuses et de moines dans la rue en train de demander l’asile politique à Israël. »

UPJF : « Y-a-til eu des accords concernant le respect de la liberté de culte ? Une aide d’Israël pour servir d’intermédiaire ? »

Père Smith : « Nous avons eu des accords, les tractations sont en cours, et nous avons réussi à récupérer une partie des bâtiments de Hébron, grâce à l’intervention de l’ambassadeur américain. »

 

UPJF : « Qui est responsable ? »

Père Smith : « Moscou. »

 

Père Elio Passeto

Père Catholique dirigeant la communauté des frères de Sion, à Ratisbone

 

« Bonjour, je suis le père Elio Passeto. Je suis d’origine brésilienne et de famille italienne. Je suis membre de la congrégation religieuse Notre Dame de Sion. Le but de la congrégation catholique, qui est née en France, en Alsace est de se rapprocher des sources juives du christianisme. Nous avons ici deux branches, les frères de Sion et les soeurs de Sion. Etre en contact direct avec le peuple juif sur sa terre, et avec la vie normale du judaïsme. »

UPJF : « Nous souhaitions vous interviewer sur la situation des chrétiens en Israël et dans les territoires palestiniens, avant et après les accords d’Oslo. »

Père Elio Passeto : « La question est immense. Cela couvre beaucoup de rapports différents. Il y a en Israël une communauté chrétienne d’expression hébraïque. Il y a un représentant à Jaffa, un autre à Haïfa, et un autre à Jérusalem. De l’autre côté, il y a 90% de chrétiens de langue arabe. c’est une communauté chrétienne de culture arabe, très particulière au sein du christianisme. Et cette culture rend les contacts difficile avec les membres hébraïsants ou les autres, car la culture arabe influence le point de vue de ces chrétiens, jusque dans leur vision d’Israël.

Au niveau de la foi, ces communautés ne sont pas divisées, et au niveau politique, elles sont parfois opposées. La constitution de l’Etat d’Israël a aussi poussé ces groupes à concevoir pour eux-mêmes une identité politique. Il y a eu des rapports et des contacts importants entre ces groupes, mais les derniers événements nous ont ramenés dix ans en arrière. Nous avons perdu tout contact avec certains groupes habitant dans les territoires palestiniens, par exemple. Les accords d’Oslo ont ouvert une porte d’espérance, de correspondance et d’égalité entre ces groupes, mais maintenant c’est terminé, les rapports sont rompus. »

UPJF : « Selon le révérent Petra Heldt, la communauté catholique est constituée de deux groupes, une partie attirée par la démocratie et l’occident, et une autre partie attirée par le nationalisme palestinien, et représentée par l’archevêque Sabah. Certains voient dans la représentation de la communauté catholique par un archevêque nationaliste une forme de piège, qui enferme la communauté catholique dans une mécanique politique. Quel est votre commentaire ? »

Père Elio Passeto : « C’est vrai qu’il y a cette interprétation possible. Sabah est né à Nazareth. il parle assez bien l’hébreu. Au commencement, on a pensé au contraire qu’il était un choix idéal, capable de comprendre la double réalité des lieux. Il pouvait servir d’intermédiaire entre ces cultures. Les derniers événements lui ont fait prendre une position différente. je peux comprendre pourquoi. Il y a une réalité qui le force à dire telle ou telle chose et à ne pas dire une autre. »

 

UPJF : « Mais il y a une réalité des faits. Les chrétiens vivant à Jéricho et dans les territoires palestiniens sont une minorité croissante. Ils ne sont pas libres de s’exprimer car leurs vies sont menacées. Est-ce que vous pensez, dans ce contexte, que le choix d’un archevêque palestinien permettait de défendre ces minorités et ne le plaçait pas plutôt dans une situation fragile, de par son origine ethnique et culturelle ? Il était placé dans une situation de pression extérieure insupportable. »

Père Elio Passeto : « Au moment où il a été choisi, c’était un bon choix, la situation était une situation d’ouverture. D’autre part, certaines décisions peuvent mettre en danger la communauté chrétienne. Actuellement, il y a une situation des chrétiens qui montrent la grande difficulté de leur vie, et les pressions insupportables qu’ils vivent, et il faudrait prendre des décisions car les gens sont en train de partir. Et les chrétiens ne partent pas à cause d’Israël, c’est clair, mais à cause des pressions exercées sur eux dans les territoires palestiniens. Bethléeem était une ville chrétienne importante dans l’histoire, et la communauté chrétienne est en train de disparaitre, à cause du contexte arabo-musulman. »

UPJF : « Certaines voix alarmistes parlent d’un risque réel de « remake » de ce qui s’est passé au Sud Liban, avec le massacre de Damour. On parle aujourd’hui de mariages forcés des jeunes chrétiennes, de viols, d’islamisation. Que pouvez-vous en dire ? ».

Père Elio Passeto : « Je peux comprendre que ça existe. La minorité chrétienne est en position de faiblesse. Dans l’évolution actuelle de la constitution d’une identité palestinienne, aucune place n’est faite pour les chrétiens, et pour le moment l’Église n’a pas demandé, n’a pas exigé un espace pour les chrétiens au sein de cet espace politique à identité palestinienne. »

UPJF : Les conversions de musulmans à la chrétienté sont en général suivis d’assassinat.

Père Elio Passeto : « ah oui, cela, ça fait partie de la culture, cela n’a pas changé. »

UPJF : « est-ce que vous pensez que c’est excusable parce que cela fait partie de la culture ? »

Père Elio Passeto :  « non, pas du tout. Je pense que c’est le devoir de l’Église de dénoncer ce genre de problème, en particulier pour les petits villages, où les gens sont obligés de partir. L’Église a peur de parler pour protéger ces gens là, mais c’est une erreur, parce que ces données s’installent, et qu’après on ne pourra plus faire marche arrière. »

 

L’archevêque Aris Shirvanian

Eglise orthodoxe arménienne

Pour le père Aris Shirvanian, l’église arménienne, qui est la plus ancienne en terre sainte, a toujours eu de très bons rapports avec l’Autorité Palestinienne, comme avec les différents pouvoirs musulmans à travers les siècles et les différents pays de la diaspora arménienne. Nous savions, pour avoir parlé avec son secrétariat le matin même, que le Père Aris Shirvanian avait été en visite toute la journée à l’hôpital pour rendre visite à l’un de ses prêtres, blessé par balles par des tirs palestiniens. Son témoignage fut donc un témoignage de la dénégation, voire d’un certain « révisionisme historique », gommant les horreurs et massacres perpétrés par les armés de Suleiman le Magnifique lors de leur conquête de Jérusalem, excusant sans vergogne comme « politique nécessaire » les déclarations de Yasser Arafat au cours desquelles celui-ci annonça que « pas une seule pierre d’Israël restera en dehors de la Loi de l’Islam », ou qu’il excusa comme  étant le fait d’une foule incontrôlable les chants des manifestations du Fatah de Yasser Arafat depuis janvier 2001, « tout d’abord nous nous occupons des gens du shabbat (les Juifs) ensuite nous nous occuperons des gens du dimanche (les chrétiens) ». L’archevêque Aris Shirvanian nie la volonté de conquête islamique de l’Autorité Palestinienne, et présente « son ami Arafat » comme un individu « respectueux des lieux saints et de la chrétienté ». Les événements des monastères de Hevron et de Jéricho sont dus aux luttes intestines de l’Église russe orthodoxe, et ne sont pas du fait d’Arafat. La destruction de la tombe de Joseph et les menaces pesant sur la tombe de Rachel sont le fait de « la foule », entité sur laquelle Arafat ne pourrait rien.

En fait, l’archevêque Shirvanian oublie de mentionner que l’Église arménienne est la seule à avoir demandé des privilèges particuliers l’an dernier à l’Etat d’Israël, et que le refus à ces demandes a convaincu cette église à prendre momentanément une position politique de soutien à Yasser Arafat pour créer une pression supplémentaire sur l’Etat d’Israël et obtenir par ce biais un statut hors du lot.

 

Devant l’accumulation de « contre-vérités » prononcées sans vergogne par un homme d’église s’adonnant au « politiquement correct » vis-à-vis d’Arafat, ce témoignage ne nous a pas semblé mériter une retranscription intégrale comme les autres interviews, et nos lecteurs pourront se référer à la version filmique de ces interviews s’ils souhaitent toutefois le consulter. Retenons que pour Aris Shirvanian, le fait qu’un musulman souhaite assister à la messe de minuit n’est pas un acte de politique mais un acte ressenti, alors que les déclarations islamistes d’Arafat seraient, elles, dues aux circonstances et à la politique, et non pas à une conviction de la part de ce même musulman.

 

L’archevêque Aris Shirvanian, qui considère que l’Autorité palestinienne témoigne du respect des lieux saints des autres religions, témoigna en faveur des militaires palestiniens « réfugiés » dans la Basilique de la Nativité, et se plaignit amèrement que l’armée israëlienne ne leur ait pas fourni des vivres mais seulement de l’eau.

 Il ne mentionna pas la désacralisation de l’église de la Nativité par les affiches de propagande d’Arafat, dont nous reproduisons ici une photographie, ni le fait que l’un des prêtres de la Basilique, arménien lui aussi, appela à l’aide les soldats de Tsahal en se présentant avec une banderole pour pouvoir fuir la Basilique qu’il déclara « avoir été prise de force par les Palestiniens ».

 

 

Jan Van der Hoeven

Directeur du Centre Chrétien International Sioniste de Jérusalem

Mr Van der Hoeven est une homme de paix, dont la première femme était une Arabe chrétienne et dont le fils est marié à une jeune femme sépharade, de sorte que la famille réunit en son sein les trois religions. M. Van der Hoeven s’est engagé dans une lutte devant « l’assymétrie de moralité » entre les Palestiniens et l’Etat hébreu.

M. Van der Hoeven : « Nous avons eu une pré-vision de ce qui se passe actuellement dans les territoires palestiniens au sud Liban, où les nonnes furent violées, les églises transformées en champs d’exercice de tirs. Rappellez-vous que lorsque les tanks israëliens sont entrés au Liban, les chrétiens marronites les ont accueillis en lançant du riz et des fleurs sur les tanks. C’est la même chose qui se passe actuellement dans Beit Jallah, Beit Sahour, et Beit Lehem, villes littéralement spoliées depuis que Yasser Arafat est revenu dans les territoires palestiniens. A Beit Jallah, les maisons chrétiennes ont été forcées, pour servir de lieu d’où émanaient les tirs sur Gilo, en Israël, de manière à ce que les ripostes israëliennes touchent des maisons chrétiennes. Le but était d’entraîner de force les chrétiens dans le torrent de haine contre Israël. La manoeuvre était satanique et très intelligente, puisque les Israëliens devaient soit s’abstenir de riposter, soit détruire par leurs ripostes les maisons de population qui leur étaient a priori favorables.

Protestations chrétiennes publiées dans un journal chrétien (Middle East Digest) devant la désacralisation de la Basilique de la Nativité par la propagande palestinienne (poster de « l ’ingénieur » )

 

« J’ai ici, dans mon bureau, le témoignage d’un prêtre de Beit jallah qui fut publié dans le journal officiel du Vatican ici, Terra Sancta, et  qui titre « Les véritables raisons pour lesquelles les Chrétiens quittent la Terre Sainte», et où il explique que les chrétiens sont harcelés en permanence, que les jeunes filles sont menacées, et doivent de force épouser des musulmans ou quitter le pays, et ce prêtre explique que les chrétiens partent donc de la Terre Sainte pour échapper à ces pressions intolérables, et s’en vont au Canada, aux Etats-Unis, ou ailleurs. Ce prêtre a eu beaucoup de courage puisque sa vie est désormais en danger.

Je me suis demandé pourquoi le Vatican ne régissait pas vis-à-vis de Yasser Arafat et le recevait  très souvent.  Je pense que c’est parce que le Pape est entouré de gens qui ont peur de nuire à l’Eglise catholique et aux communautés catholiques au sein de la société arabe. Par exemple, ce prêtre, dont la vie a été menacée, et les autorités musulmanes sont allées voir l’archevêque local, Michel Sabah, qui est un Palestinien d’abord, un chrétien ensuite, pour lui demander de retirer ce numéro de Terra Sancta de tous les kiosques, en lui disant « qu’ils ne pourraient pas lui assurer que la vie de ce prêtre catholique ne serait pas menacée si ce journal n’était pas retiré. Cela nous montre que le Vatican est donc en position de faiblesse par rapport à la pression des islamistes. »

 

M. Raphaël Israeli, professeur à l’Université hébraïque

 

M. Raphaël Israeli, professeur à l’Université hébraïque et spécialiste de l’Islam du Moyen Orient et de la Chine, pense, quant à lui, que les événements actuels sont à placer dans le perspective d’une islamisation du monde. Pour lui, l’embrasement ne fait que commencer, et correspond à une seconde conquête de l’Islam.

M. Raphaël Israeli : Tout d’abord, il faut connaître une règle générale. Là où se produit une montée de l’intégrisme islamique dans le monde, se produit un départ des chrétiens. Parce que tant que les islamistes ne sont pas un groupe important, musulmans et chrétiens cohabitent. Dans la Galilée par exemple, on a des villages de musulmans modérés avec des Chrétiens. Dans les dernières vingt années se manifeste une pression et une montée de l’intégrisme. Par exemple, en Egypte, les Coptes souffrent le martyre. En Israël, Nazareth est une ville dont le pourcentage de population musulmane a cru, et les islamistes ont pris le pouvoir dans la ville. Ils veulent voir se traduire dans la ville de Nazareth l’hégémonie religieuse, et c’est pour cela qu’ils veulent construire une mosquée sur la place de l’église de l’Annonciation. Nous sommes en plein débat car la dernière décision du gouvernement israëlien a été de leur interdire cette construction, mais ils continuent à saisir le territoire, car ce terrain appartient à l’état. Ils ont pu agir ainsi car ils se sentent soutenus par la majorité des arabes israëliens, qui sont à majorité musulmane (80%). Il n’y a que 20% de non-musulmans arabes israëliens, druzes et chrétiens.

UPJF : Peut-on donner une date de la montée en flèche de ce mouvement intégriste ?

M. Raphaël Israeli : Ce mouvement universel de l’intégrisme a commencé à la fin des années soixante-dix, avec les frères musulmans. Ils ont tenté de prendre le pouvoir en Egypte. Ils ont tenté de faire une révolution en 1982 en Syrie, et la ville de Ramah, qui était leur citadelle est tombée en ruine et 22 000 personnes ont été massacrées par le régime syrien. Par conséquent, il y eut une montée de l’intégrisme palestinien hors d’Israël, qui gagna bientôt la population palestinienne en Israël.

La ville la plus importante pour la chrétienté en Israël en dehors de Bethléem est Nazareth. A Bethléem, il s’est passé le phénomène suivant : jusqu’à il y a à peu près 30 ans, la population chrétienne constituait à peu près 50% de la population. Devant la montée de l’intégrisme, la population de Bethléem se trouva devant un choix : quitter le pays, ou bien émigrer de l’intérieur vers des villages à majorité musulmane modérée. En Israël, la situation était un peu différente, parce que les chrétiens habitaient avec des musulmans dans les mêmes villages. En temps de calme, cela ne posait pas de problème, mais avec la montée de l’intégrisme, ces chrétiens avaient une option différente de celle des chrétiens des territoires : ils pouvaient immigrer de l’intérieur vers des villes à majorité juive, comme Haïfa, et où les musulmans ne pouvaient plus constituer une majorité, ce qui leur assurait une tranquilité d’existence, au moins pour le moment. Mais la tendance est là, aussi bien en Cisjordanie qu’en Israël.

UPJF :

Au terme de cette enquête, que dire encore lorsque les faits sont si graves. Reste l’espoir que notre travail d’information fait, d’autres voix s’éléveront à leur tour pour cette fois agir dans le domaine du politique, et arrêter la barbarie.

On pourrait souhaiter qu’une déclaration des Droits des Religions soit par exemple proclamée par l’Union Européenne, selon laquelle « toute religion peut exister qui s’engage à respecter les autres religions », déclaration qui serait fondamentalement associée à tout accord économique et de soutien à tout pays désirant recevoir l’aide européenne.

Enfin, le plus urgent serait sans doute de cesser toute aide européenne « aux forces de sécurité palestinienne » devant les exactions commises par celles-ci auprès des chrétiens du Moyen Orient.


 

 

ANNEXE 1

(Lettre d’appel au secours adressée par les chrétiens libanais à Mme Albright)

WLO MEMORANDUM TO SECRETARY OF STATE MADAM ALBRIGHT ON THE CHRISTIANS OF LEBANON

 

 

 

Washington, DC, staff, Lebanon Bulletin, September 7, 1997

 

The Washington office of the World Lebanese Organization (WLO), addressed a letter to US Secretary of State, Mrs Madeleine Albright before she took

off to the Middle East. The content of the letter follows:

 

 

 

Mme. Albright,

Secretary of State:

 

As the official who is most responsible and concerned about our American interests abroad, we address these concerns to you.

 

We hope that we can draw your attention and that of official, bi-partisan Washington to a once-free Lebanon. Because of its urgency, please focus on the embattled and always disparaged Christian enclave of Jezzine and environs. This area is the last truly free, unpersecuted Christian portion of an occupied Lebanon.

 

Jezzine must not be abandoned and allowed to collapse. If this is allowed to happen, we envision a more total persecution of the Christian citizens of Lebanon and the dissolution of their freedom-loving Judeo-Christian civilization and their tolerant body politic.

 

This last outpost of our Western, Christian civilization in Lebanon has the moral support of millions of co-religionists and other non-Muslims scattered throughout these once Christian homelands of the Middle East.

 

Did you know that the persecuted in that part of the world gauge their own relative safety be asking this question: "How are the Christians in Lebanon faring? How are things in Bkirke (the seat of the Maronite Patriarch of Antioch)?" Ask the Christian laborer, shopkeeper, and Bishop in Egypt, Iraq, Syria and elsewhere and learn that Lebanon's Christians are barometer for optimism and hope and or for fear and despair. These Christian defenders do not seek martyrdom nor do they accept conversion to avoid persecution. As long as their is life and hope, they will fight to repel more anti-Christian pogroms and massacres.

 

Our United States of America, through you Madam Secretary, must courageously say to the opponents of Judeo-Christian civilization: "Here and no farther"! We American benefactors of Jefferson's and our founding fathers' principles must give public support to the cause of the beleaguered Lebanese

Christians now. You must be aware that we Americans and all beneficiaries of Judeo-Christian morality and civilization will have lost something unretrievable if these free spirits are deserted and cast away to be crushed forever.

 

If not Lebanon, then where will we start to support the persecuted. For the present, we must demand from those in power in Lebanon a Western-guaranteed religious freedom and equality with the overwhelming majority. It must be the same as the constitutionally guaranteed religious freedom and other rights enjoyed by the millions of Muslims who have emigrated to America.

 

We must bravely confront our "allies" in the Middle East and request (dare we say "demand") that an American and Western guarantee of basic human rights be granted and effectively implemented in the countries of persecution. Because we Americans do not persecute non-Christian millions who have emigrated and settled in the United States, we have morality on our side in demanding the same from non-Christian lands who confidently know that their settlers here in America will never be subject such persecution. Reciprocity must be demanded of those well-known offending allied nations. We pray that their prejudice and intolerance of Judaism, Christianity, and even Atheism(!) will never be propagated in our country and the West.

 

On a smaller scale, the freedom-loving Lebanese Christians resemble most the East Europeans of Hungary, Poland, Czechoslovakia, the Baltic nations and all the others who fought a similar religiously intolerant, all-consuming Communism. America and the West did not abandon them!

 

The Lebanese Christians --even with the spiritual strength derived from millions of their fellows in the United States, the new world, Europe and elsewhere--can not long withstand this relentless slaughter and assault. They are today's version of the Jewish martyrs who took a stand and died at Masada and the Byzantine Christians in 1453 A.D., who finally lost Constantinople and the lands of the Eastern Roman Empire to the enemies of Western Judeo-Christian civilization. The oppressor of today's Middle Eastern Christian is the same. That foe of civilization has destroyed great civilizations, has established bridgeheads in Europe and is encroaching massively there. Where will the West make its decisive stand?

 

For the sake of the Western World and the truly free democracies, the Christians of Lebanon must be championed publicly and never abandoned to state and theological intolerance. Such would never be tolerated by us Americans or any other free people.

 

We pray that your mission will succeed in bringing peace and security to Christians as well as to Jews and Muslims in the Middle East. We pray that within your very soul and heart --not just by your official of the United States Government-- you will find more than abundant resolve and grace to issue an official public statement expressing concern for the threatened political status and free existence of Christians of Lebanon.

 

May God bless all your efforts toward true peace. We pray that with the Providence of God publicly expressed moral intervention NOW may be of real

consequence!

 

Washington, DC Office

World Lebanese Organization (WLO)

ANNEXE 2

(reproduction des articles des accords d’Oslo concernant les lieux saints et leur protection)

INTERIM AGREEMENT BETWEEN ISRAEL AND THE PALESTINIANS

 

September 28, 1995

 

Annex III -- Protocol Concerning Civil Affairs

ARTICLE 32 -- Religious Sites

Responsibility over sites of religious significance in the West Bank and the Gaza Strip (hereinafter - "Holy Sites") will be transferred to the Palestinian side. In Area C, this responsibility will be transferred gradually to Palestinian jurisdiction that will cover West Bank and Gaza Strip territory except for the issues that will be negotiated in the permanent status negotiations, during the further redeployment phases, to be completed within 18 months from the date of the inauguration of the Council.

Both sides shall respect and protect the listed below religious rights of Jews, Christians, Moslems and Samaritans:

 

                                   a. Protection of the Holy Sites;

                                   b. Free access to the Holy Sites; and

                                   c. Freedom of worship and practice.

a. The Palestinian side shall ensure free access to, respect the ways of worship in and not make any changes to, the Jewish Holy Sites listed in List No. 1 of Schedule 4.

b. The Palestinian side shall ensure free access to, and respect the ways of worship in, the Jewish Holy Sites listed in List No. 2 of Schedule 4.

 

SCHEDULE 4 Pursuant to Article 32, paragraph 3 of this Appendix:

 

List No. 1

Elazar's Tomb, Ittamar's Tomb and the Tomb of the 70 Elders in Awarta, Joshua's Tomb in Kifel-Hares, The Cave of Othniel ben Knaz in Hebron, The Eshtamoa Synagogue in Samoa, The Yata Synagogue, Batir, Sebastia/Samaria

 

List No. 2

 

Nun's Tomb and Caleb's Tomb in Kifel-Hares, The Tombs of Natan the Prophet and Gad the Seer in Halhul, The Naran Synagogue - Ein Duk, The Jewish Cemetery in Sammerat, The Synagogue in Gaza City.

 


 

ANNEXE 3

 

(http://www.wlo-usa.org/Bulletins/bulletin39.htm#)

 

LEBANESE FRONT CONSIDERS FIVE J

 

 

LEBANESE FRONT CONSIDERS FIVE JAILED CHRISTIANS ACCUSED OF FRIENDSHIP WITH ISRAEL AS "POLITICAL PRISONERS"

 

Beirut, staff, Lebanon Bulletin, August 15, 1997

 

A spokesperson on behalf of the (jezzine-based) Lebanese Front, said the Lebanese government is jailing five Lebanese Christians accused of "collaboration with Israel." The Front, which was headed by assassinated leader Danny Chamoun in 1990 and currently led by Etienne Sakr, said on Monday May 13, 1997, Riyadh Tali', first military investigating judge, issued an indictment demanding a term of imprisonment of no less than five years for Etienne Sakr, Antoine Yusuf Bulus; Tony Kamal Albert Yamin; Marun Qazhiyah Yaghi; Ilyas Ibrahim Hulayt; a lawyer referred to by the initials E. Kh.; and Louis Emile Mallat.

All but Sacr and Mallat are arrested in a military jail. The Lebanese Front said "we consider the persons arrested as political prisoners by the Syrian dominated regime. Syria and the Hariri government assume the responsibility of their arrest and imprisonment." The LF said "hundred of other Lebanese civilians are arrested and jailed, many are tried by military tribunals and sentenced without a real defense. We do not recognize their judicial system nor do we recognize the regime as a whole. We will act upon the fact that these five men and many others are just political prisoners, and will be released upon the liberation of the area were they are arrested.



[1] « THE STATE OF ISRAEL will be open for Jewish immigration and for the Ingathering of the Exiles; it will foster the development of the country for thebenefit of all its inhabitants; it will be based on freedom, justice and peace as envisaged by the prophets of Israel; it will ensure complete equality of social and political rights to all its inhabitants irrespective of religion, race or sex; it will guarantee freedom of religion, conscience, language, education and culture; it will safeguard the Holy Places of all religions;.. »

 

[2] 2 H.C. 262/62, Perez contre Kfar Shmaryahu Local Council 16 Piskei Din 2101, 2116 (par le Appel du Juge).

 

[3] « The PA generally does not restrict freedom of religion, and there is no pattern of PA discrimination against or harassment of Christians. However, since the establishment of the PA, there have been periodic allegations that a small number of Muslim converts to Christianity sometimes are subject to societal discrimination and harassment by PA officials, including detention and questioning by security forces. During the period covered by this report, there were several unconfirmed allegations that converts to Christianity were subjected to societal discrimination and harassment by PA officials, including detention and questioning by security forces. In some cases, conversion may have been only one of several factors influencing the mistreatment. »

 

 

[4] Ce détail du témoignage révèle à quel point le « camp de réfugiés » de Sabra n’en avait que le nom, puisque ce camp, telle une ville, était libre d’entrée et de sortie, et possèdait même des prisons. C’est précisément parce que beaucoup de chrétiens furent emprisonnés et torturés dans cette ville que les chrétiens libanais se vengèrent en attaquant ce « camp » de Sabra, et en faisant subir aux Palestiniens ce que ceux-ci leur avait fait subir pendant près de dix ans. Mais alors que la presse européenne s’était tue sur les massacres de chrétiens, elle s’éleva contre ce massacre puisqu’il lui permettait de tenter d’impliquer Ariel Sharon comme co-responsable. Sharon, quant à lui, déclara qu’il avait lancé des « fusées éclairantes » dès qu’il avait compris le double jeu des Syriens entrés dans le camp, en espérant que les populations environnantes interviendraient pour arrêter le massacre. Ce geste fut utilisé par la propagande palestinienne comme un geste d’assistance non aux victimes, mais aux agresseurs.

[5] Les informations qui suivent concernant le calendrier historique et les chiffres de ces massacres sont issues du site : http://afp.generalweb.co.uk/docs

 

[6] voir annexe 3

[7] Nous reproduisons en note les accords d’Oslo concernant les lieux saints protégés par accords des deux parties.

[8] Makor Rishon, 22 mai 1998.

[9] Ma'ariv, 11 octobre 1996.

[10] .communiqué de presse du ministère de l’information de l’Autorité palestinienne PA Information Ministry Press Release, 10 décembre 1997.

[11] Al-Hayat Al-Jadeeda, 1er décembre 1997.

[12] Al-Ayyam, 22 novembre 1997.

[13] Télévision palestinienne, 8 septembre 2000.

[14] The Jerusalem Report, 26 décembre 1996.

[15] . Chicago Jewish Sentinel, 18 mai 1995.

[16] Kul Al-Arab, 18 août 2000.

[17] Télévision Palestinienne 28 juillet 2000.

[18] Télévision Palestinienne 11 août 2000

[19] Al-Hayat (Londres-Beyrouth), 23 Novembre 2000

[20] source : Israel Resource Agency

[21] Israel resource Agency, janvier 2002.

[22] Selon cette pratique désormais classique, loin de reconnaître la destruction du lieu saint pour des raisons d’hégémonie religieuse, l’autorité palestinienne a joué le jeu de la dénégation, en niant que le lieu était un lieu saint juif. Voici par exemple ce qu’on peut lire sur le site d’arabia.com comme explication donnée pour cette destruction aux media arabes : « Many Jews believe the site to be the final resting place of the biblical patriarch Joseph, while Muslims believe that an Islamic cleric, Sheikh Yussif (Joseph) Dawiqat was buried there two centuries ago. » C’est le même type d’explication qui aboutit actuelleme,nt à une revendication de Nazareth comme ville d’Islam par une révision de l’histoire niant le passé chrétien de la ville. On pourra consulter aussi le site de palestine.com pour sa réécriture de l’histoire de Jérusalem où l’Autorité palestinienne réécrit l’histoire du mont du temple pour nier son passé juif, et réislamiser l’histoire a posteriori.

http://www.arabia.com/news/article/english/0,11827,30892,00.html

[23] Le « Père Smith » est un nom d’emprunt, ce prêtre orthodoxe russe ayant souhaité conserver l’anonymat, puisqu’il vit au milieu d’un village arabe. Pour la même raison cet interview n’est pas accompagné de portrait photographique.