Le cas des Arabes chrétiens à Bethlehem

Il fut un temps où les Arabes chrétiens israëliens permettaient à l'Eglise d'ouvrir un second front en Israël. On présentait alors les Arabes chrétiens comme des victimes d'un conflit militaire qui ne les concernait pas. Les Arabes chrétiens, du point de vue de l'Europe, représentait une image projective idéale. Ils étaient les vrais croyants au milieu de deux peuples stupidement monothéistes, dont la lutte, à n'en pas douter, venait de leur mécréance. Ils ne devaient pas être avidement attachés à la terre, eux, puisqu'ils étaient chrétiens.
En Israël, la position politique des Arabes chrétiens était bien souvent éminemment problématique. Les manifestations n'étaient pas rares où se mêlaient les Arabes chrétiens palestiniens, et parfois même israëliens (lors de la dernière année de l'intifada en particuler), les Arabes chrétiens de Galilée étant les plus nombreux, et possèdant la nationalité israëlienne.
Pendant l'intifada, les médias ont sû utiliser l'argument de cette population à l'appartenance ethnique, religieuse, et nationale complexe, pour les présenter comme les intermédiaires naturels de la paix, voire comme l'expression objective de la justice entre les groupes. Si les Arabes chrétiens participaient à une manifestation, il était clair que cette manifestation contre l'Etat Hébreu était juste. S'ils soutenaient les Palestiniens, on présentait ce soutien comme un choix éthique dicté par leur foi chrétienne, et on feignait d'oublier la dimension ethnique qui sous-tendait parfois de telles décisions. Le Nouvel Observateur en particulier, se faisait le chantre de ces observateurs du dedans, et l'on subissait les articles propagandistes de Victor Cygelman sans qu'aucun droit de réponse à son oeuvre de désinformation ne soit jamais respecté.
Les Arabes chrétiens ont aussi servi d'argument au Pape et à Yasser Arafat pour signer un accord sans l'avis israëlien pour l'internationalisation autoritaire de Jérusalem. Bel argument en effet, pour désaisir Israël de sa souveraineté sur sa capitale que de targuer que la présence d'un groupe arabe - et donc proche d'Arafat- mais chrétien, et donc proche du Vatican, justifiait l'intervention supplémentaire de cette troisième force, qui d'après les accords secrets passés entre Peres et le Pape, obtiendrait le contrôle de Jérusalem. Le premier rabbin contacté à Jérusalem pour servir d'intermédiaire avec le Vatican, aurait, d'après nos sources, refusé devant cette clause de perte de souveraineté.
Aujourd'hui, au temps du processus de paix, les Arabes chrétiens n'intéressent plus la presse française, le Nouvel Observateur, ni personne, car ils ne peuvent plus servir de levier idéologique contre Israël. Ils seraient même une carte gênante dans le discours de langue de bois assénée par nos puissants médias.
Les individus se trouvent à nouveau seuls, abandonnés après avoir été utilisés, seuls face au destin que leur réserve l'histoire. Et c'est là où nos confrères de la presse politiquement correcte les ont abandonnés que nous voudrions, avec Alliance, reprendre le dossier de ces oubliés des médias.
Car c'est à présent que les Arabes chrétiens ont besoin d'être entendus. C'est à présent qu'ils sont en danger. J'ai rencontré une Arabe chrétienne habitant Bethlehem, et qui m'a décrit sa situation. "Ca fait des mois que ça se passe comme ça. On reçoit des menaces de mort les uns après les autres. Certains ont été tués. Les islamistes forcent les familles chrétiennes à partir à l'étranger en les harcelant et en les terrorisant les unes après les autres, maison par maison, rue par rue, et on est de plus en plus isolés. Je ne sais pas ce que je vais faire. je ne peux pas venir vivre en Israël, parce que j'habite officiellement dans les territoires contrôlés par l'Autorité Palestinienne. La seule alternative à a mort, c'est l'exil. Je ne comprends pas que personne ne nous défende."
Effectivement, personne ne parle plus de Arabes chrétiens. Le Pape n'en dit pas mot. Et quand une mosquée est revendiquée sur des lieux saints chrétiens en territoire palestinien, on accuse encore Israël d'être à l'origine de la crise. Peut-être faudrait-il changer de discours, et commencer à dire la vérité, ne fut-ce que pour protéger des individus qui ont servi la politique pour leur position ambigüe, et qui ne trouvent à présent personne pour les défendre... Radio Shalom pourrait aussi y réfléchir.