Un docteur nazi, accusé d'avoir tué les enfants sous sa garde relaxé pour la deuxième fois

Le Dr Heinrich Gross était un jeune docteur nazi travaillant à la clinique fameurse Spiegelgrund, à Vienne, pendant la seconde guerre mondiale. Cette clinique était spécialisée dans les soins pour les handicappés physiques et les délinquents, deux catégories étrangement mêlées, et dont la présence simultanée en un même lieu permit à ce jeune nazi de multiplier son oeuvre de destruction. "Lorsqu'il entrait dans une cour, le silence tombait comme une chappe de plomb, se rappelle un des survivants de la clinique."

Le scandale éclatant atuellement à Vienne, consiste en la suspension "indéfinie" du procès pour la deuxième fois, après 30 minnutes de témoignages médicaux et 5 minutes de délibération. La cause de cette suspension du jugement équivalant à une amnistie est officiellement l'état de santé mentale du nazi concerné, qui paraisait amorphe et abattu pendant tout le procès, et que se releva avec un sourire adressé au juge à l'annonce du verdict. A première lecture, on est tenté de penser que cette amnistie est due au gouvernement composé du parti d'extrème droite actuellement au pouvoir en Autriche. Le problème est loin d'être aussi simple, car il s'agit là du deuxième jugement de ce cas, et si Gross a été protégé en Autriche, c'est depuis plus de trente ans, et par toute l'intelligentsia du pays comme par les gouvernements successifs et plus libéraux que le gouvernement actuel. Gross fut traîné une première fois devant les tribunaux en 1950, mais jugé selon la loi allemande, puisque l'Autriche était considéré comme un pays occupé pendant la guerre. La loi allemande considérant le meurtre d'enfant handicappés mentaux non pas comme un meurtre jusqu'à très récemment, gross fut acquitté. Il fit une carrière brillante, et devint mèdecin pédiatre spécialiste en neurologie, se joignant au parti socialiste, puis devenant expert médical auprès de la cour jusqu'en 1997. C'est à cette date qu'un article médical révéla enfin les roigines de sa "bibliothèque de cerveaux". Le Ministère autrichien de la Justice lança une enquête, et un examen des tissus cervicaux en question révéla la présence de poison, une preuve matérielle que les enfants avaient été assassinés.

Gross n'a pas été condamné parce que l'Autriche se sent coupable des méfaits d'une clinique ouvertement euthanasique où Gross ne constituait qu'un maillon dans la machine infernale. Gross nie les faits et prétend actuellement ne pas se souvenir de quoi que ce soit, mais peut importe son état de santé sénile, car il serait moins sénile, si les autorités ne l'avaient pas laissé vieillir en paix. Condamné et recherché pour ses crimes de guerre, la justice devrait à présent le condamner sur des faits et non en fonction de sa capacité à les reconnaître. Faut-il rappler qu'il avait euthanasié des handicappés mentaux sans guère se soucier de leur capacité à comprendre ce qui leur advenait? Les survivants s'estiment floués et doublement vaincus par Gross et le gouvernement.

Il nous semble qu'un autre point est entré en collision avec la justice, et qui a inversé l'ordre logique de son application.

Gross avait en effet constitué des réserves de tissus humains, et en particulier de cerveaux, à l'instar de l'Université de mèdecine de Berlin et de grandes universités du Reich, qui n'ont remis ces dépouilles aux services d'inhumation juifs il n'y a que quatre ans. Ces réserves ont permis au Docteur de continuer ses recherches après la guerre, et de faire des découvertes qui mettent actuellement tous les dirigeants mal à l'aise. Reconnaître les monstruosités perpétrées par Gross reviendrait à rconnaître officiellement les sources de ces tissus qui ont en définitive profité à toute la recherche autrichienne moderne et actuelle. Tout le monde s'est en quelque sorte nourri du meurtre anthropophage, et on préfère aquitter le monstre plutôt que d'avoir à débattre de l'utiliation des restes de ses victimes.

Il nous semble qu'un tel débat ne doit pas être évacué, qu'il est nécessaire d'admettre les progrès scientifiques effectués, sans pour autant admettre la façon dont ils ont eu lieu. Il est temps à présent de faire justice, d'enterrer dignement ces restes, et de condamner le bourreau. Une pétition internationale serait nécessaire, mais émanant de toutes les organisations humanitaires puisque les victimes n'étaient pas seulement juives, afin que le gouvernement autrichien actuel, qui prétend ne pas porter main forte aux néo-nazis, fasse la preuve de se bonne foi et condamne enfin le bourreau de Spiegelgrund, clinique euthanasique d'"enfants aux traits orientaux", (je cite ici Gross), mais aussi d'handicappés physiques et mentaux, et de délinquents.