NIMRODI: Une ténébreuse affaire...

L'affaire Nimrodi a fait couler beaucoup d'encre, et pourtant, lorsqu'on tente d'interroger les Israëliens sur cette affaire, on a l'impression singulière d'être projeté dans un roman d'Orwell, tant la mémoire collective, lessivée par une information répétitive sur la question, semble avoir effacé les données primordiales du problèmes.

Nimrodi, directeur du journal Ma'ariv, est arrêté depuis bientôt trente jours, et voit régulièrement son arrestation reportée, sans que le chef d'accusation n'ait été encore officiellement précisé par la justice israëlienne. L'affaire, dit-on, remonte à des années. Elle n'a éclaté, en fait, que depuis trois mois, sans que les détails de la découverte en question ne soient donnés. Il semble bien, malgré tout, que ce soit le police qui n'ait commencé à faire son propre ménage.

M. Nimrodi appartient à l'une des familles les plus riches du pays. Il est accusé d'avoir procédé à plusieurs tentatives d'assassinat sur des concurrents économiques, comme par exemple les dirigeants du journal Yediot Aharonot, et d'avoir payé des policiers pour étouffer l'affaire. M. Nimrodi aurait aussi procédé, à l'aide de policiers à la retraite, à la mise sur écoute d'un certain nombre de journalistes concurrents, et de politiciens.

L'affaire Nimrodi apparaît progressivement comme une affaire à multiples ramifications. Elle ébranle actuellement les fondations de l'institution de la police, qui restait un fondement encore stable de l'Etat d'Israël. Elle pourrait impliquer, semble-t-il, des hommes politiques. Tout cela reste encore au conditionnel, car malgré des efforts considérable de la police pour faire le point sur cette affaire, l'enquête traîne en longueur, l'accusation officielle tarde à venir, et tout est loin d'être dit. Une affaire à suivre, sans sombrer dans la désinformation de la répétition hypnotique...

Yona Dureau