Yona : Incapacité europénne à opérer un contrôle des fonds de l'aide pour la paix ou calcul machiavélique ?
Le dossier que nous présentons
cette semaine constitue une ligne de réflexion que nous
soumettons à nos lecteurs devant un certain nombre d'anomalies
répétitives dans l'usage fait par les Palestiniens
de l'aide internationale pour leur développement et pour
l'établissement de la paix au Moyen Orient.
Ces anomalies concernent une apparente incapacité européenne
à contrôler l'usage des fonds, à ne pas exiger
de la part de Yasser Arafat des rapports systématiques
sur cet usage, alors que l'Europe a sû, dans d'autres circonstances,
exiger des rapports financiers strictes, opérer un contrôle
de l'établissement d'institutions démocratiques
dans les pays où la démocratie n'avait jamais existé,
aider à l'organisation de vote démocratique...
Il n'a jamais été question dans ces précédents
historiques, d'humilier les pays pris ainsi en tutelle pendant
une période donnée. Il n'aurait pas plus été
question, dans le cas de l'Autorité palestinienne, d'humilier
la démocratie naissante.
L'hypothèse que nous ferons donc, et que nous développerons
à la suite de l'exposition de tous les faits, est que nous
ne pouvons accuser les dirigeants européens d'être
soudain dépourvus de jugement. La situation actuelle est
donc le résultat d'un calcul, d'un enjeu à la fois
politique et économique, dont nous tenterons d'esquisser
les grandes lignes.
I. L'extraordinaire incapacité européene
à exercer un contrôle sur les fonds versés
à l'Autorité palestinienne
1. L'historique
2. Les fonds concernés
3. Les signes visibles de la préparation de guerre palestinienne
II. Les sommes astronomiques versées depuis
dix ans à l'Autorité palestinienne
III. Les enjeux politiques et économiques
du silence européen
L'enjeu de la négligence
: Flatter l'orgueil des pays arabes en traitant l'Autorité
palestinienne d'égal-à égal, comme une démocratie
ancienne
IV L'enjeu
politique de l'échec des pourparlers : Profiter de l'échec des pourparlers de paix
sous l'égide américaine pour « doubler »
les USA sur un certain nombre de marchés des pays arabes
Obtenir une place privilégiée en tant que client
des pays pétroliers
L'enjeu économique de l'échec des pourparlers :
le marché d'armes
4. Le marché d'armes palestinien
5. Le marché d'armes moyen oriental
6. Les fonds européens et leur rôle dans le désarmement
d'Israël
I. L'extraordinaire incapacité européene à exercer un contrôle sur les fonds versés à l'Autorité palestinienne
1. L'historique
Dès avril 1995, un
émissaire britannique du parlement européen écrivait
un rapport dénonçant le détournement des
fonds palestiniens versés par l'Union européene
pour le développement de la paix. Cet émissaire
apportait des preuves dans son rapport que les fonds versés
avaient été d'une part détournés au
profit des membres de l'Autorité palestinienne, mais aussi
et surtout utilisés pour acheter des armes, ce qui constitue
une perspective en soi contradictoire avec les buts de paix devant
être soutenus par ces fonds. L'émissaire britannique
représentant l'Union européenne fait un rapport,
mais personne ne semble entendre.
Depuis cette date, les organisations israëliennes de monitoring
de la paix n'ont cessé de transmettre des informations
aux gouvernants européens à l'échelle nationale
et internationale. Le lien, pour ne citer qu'un exemple de nos
confrères ayant agi dans ce sens, journal diffusé
à partir de Grenoble, envoit depuis 10 ans ces informations
aux députés et sénateurs français,
ainsi qu'aux parlementaires européens francophones. Après
ne pas avoir entendu, il semble que certains n'aient pas lu ce
qui leur était envoyé bénévolement.
2. Les fonds concernés
D'après les sources de Israel Resource Review, l'Union
Européenne a versé 3 milliards de dollars, soit
approximativement 21 milliards de francs à l'Autorité
palestinienne depuis 1994. Ces fonds ont été versés
par le programme d'aide financière européenne à
l'Autorité Palestinienne, et par la Banque européenne
d'Investissement, et ne comprennent pas les sommes versées
par le biais de la Banque mondiale et son organisation de «
joint donors » dont nous avons déjà rapporté
les chiffres dans un autre dossier : 346,84 millions de dollars,
dont il n'était pas précisé s'il s'agissait
d'une somme globale dpuis 1994, ou du budget de l'année
venant de s'écouler.
Actuellement, selon les sources de l'Union européene elle-même
(minutes de la réunion du comité de sélection
tenue le 29 septembre 1999, rapport de la direction des relations
générales extérieures de la commission européenne),
le budget de financement des projets de paix (liés au processus
de paix ?) du Moyen Orient, s'élevait à 5 millions
d'Euros, soit 32,95 millions de francs.
Pour être parfaitement honnête sur ce dossier, le
détail de ce financement de 1999 révèle que
toutes les attributions faites n'étaient pas entièrement
négatives, puisque certaines concernaient par exemple l'association
Yaari d'études arabes, dont l'initative consistait à
développer des cadres de jeunes leaders formés pour
développer des projets bi-communautaires israëliens
et palestiniens.
Mais certaines autres attributions, comme celles faites pour les
écoles palestiniennes, doublon des attributions par la
Banque mondiale, dépassent l'imagination, puisqu'en 1999,
on connaissait déjà depuis cinq ans l'utilisation
des fonds de l'éducation faite par l'Autorité palestinienne
pour léducation de la haine.
D'autres attributions sont clairement des soutiens politiques
indirects, soutenant des mouvements inactifs au Moyen Orient,
comme par exemple « The Four Mothers Movement to Leave Lebanon
in Peace » dirigé par Yossi Beilin, financé
à 10O% par l'Union eurpéenne, alors qu'Israël
n'a pas eu besoin de M. Beilin ni de son mouvement pour quitter
le Liban et que son association de pacotille ne peut rien à
présent contre l'agressivité du hezbollah contre
Israël. Autant dire qu'outre les détournements de
fonds palestiniens, les projets financés par l'Union européenne
n'ont rien fait pour assainir le climat politique israëlien,
et constituent une forme de corruption occulte de ministres comme
M. Beilin.
Résumons. Depuis 1995, la corruption du système
de gouvernement palestinien est connu, et l'Union européenne
persiste à fermer les yeux, et à verser des sommes
évaluées à 5 millions d'Euros par financement
de projet, et totalisant 3 milliards sur 7 ans. Nous reviendrons
plus loin sur la question du financement occulte de mouvements
politiques israëliens en contradiction avec le devoir de
non-ingérence dans la politique intérieure d'un
pays
Plus grave encore que la corruption du système palestinien,
on savait dans tous les milieux concernés que l'Autorité
palestinienne cultivait la haine et l'incitation à la violence,
et organisait un réarmement massif.
3. Les signes visibles
de la préparation de guerre palestinienne
Contrairement à ce que peuvent prétendre nos dirigeants,
il fallait être sourd, aveugle, et stupide (au sens latin
du terme, hébété, et dans ce cas précis,
par une dégéneresence précoce du cerveau),
pour ne pas voir les préparations de guerre palestiniennes.
L'Autorité palestinienne ne cache pas ses intentions, mais
les proclame sur les médias financés par l'Union
Européenne, La Voix de la Palestine, radio palestinienne,
et la Télévision Palestinienne, financée
en particulier par la France.
A Gaza, le 12 Novembre 1994, à peine un an après
les accords de Washington, sous les feux des caméras, Arafat
annonce : « Notre peuple va poursuivre son jihad ».
L'événement n'est pas retransmis en Europe, mais
le journal israëlien le plus lu par des hebdomadaires comme
Le Courrier International, Ha'aretz, retranscrit les paroles d'Arafat
en s'alarmant de leur portée sur une foule hystérique,
et étonné de l'indifférence européenne.
Le 16 novembre 1994, lors d'un discours à Gaza couvert
par la presse internationale, Arafat déclare : «
Aujourd'hui, nous célébrons notre indépendence
pour la première fois sur le sol de la Palestine, et nous
continuerons à la célébrer sur des territoires
palestiniens libérés de l'ennemi sioniste. Nous
prendrons tout territoire ouvert et libéré, et nous
établirons notre état sur les territoires quittés
par l'ennemi israëlien. » Le Yediot Aharonot rapporte
les propos du dirigeant palestinien, et la presse européenne
ne commente pas, choisissant apparemment de donner le bénéfice
du doute à Arafat concernant le sens des termes de son
discours.
En décembre 1994, Arafat s'adresse sur les ondes de la
Voix de la Palestine, dans une adresse à l'Organisation
de la Conférence islamique : « la glorieuse solidarité
islamique, associée au jihad de notre peuple nous encourage
à nouveau à réaliser nos espoirs. »
(Voix de la Palestine, 15 décembre 1994).
Le 1er janvier 1995, lors d'un discours prononcé à
l'occasion du 30e anniversaire de la fondation du Fatah (sa présence
festive aurait dû dessiller les yeux de ceux qui parlent
du Fatah en tant que dissidant de l'Autorité Palestinienne),
Yasser Arafat déclare : « Nous allons continuer la
révolution palestinienne jusqu'au dernier martyr pour créer
un état palestinien » (Agence Française de
Presse, 1er janvier 1995). Il ajoute : « Nous cherchons
tous le martyr Je dis aux martyrs qui sont morts, et à
tous les martyrs qui sont encore en vie, nous nous en tenons au
serment, nous respectons l'engagement à poursuivre la révolution.
» Faut-il préciser que tous les journalistes couvrant
le Moyen Orient, savent, et savaient à l'époque,
que le terme « martyr » désigne dans le contexte
toute personne sacrifiant sa vie dans un attentat suicide, ou
dans une attaque terroriste. L'Europe ne bouge pas. L'AFP retransmet
l'information sans commenter, laissant ainsi le vague planer dans
les esprits des auditeurs quant à la nature de ce discours,
dont la visée est cependant clairement terroriste.
Arafat répète son discours incitant à la
violence en janvier 1995 à Gaza : « Nous sommes tous
prêts à être martyrs tout le long de ce chemin,
jusqu'à ce que notre drapeau flotte sur Jérusalem,
la capitale de la Palestine. Que personne ne s'imagine pouvoir
nous effrayer avec des armes, parce que nous avons des armes plus
puissantes l'arme de la foi, l'arme du martyr, l'arme du
jihad. » Le discours est rapporté par un journal
américain, Parade Magazine, New York Newsday, le 25 juin.
Pourquoi un tel décalage dans le temps ? Pourquoi la presse
européenne n'en a-t-elle pas parlé ?
Le 30 janvier 1995, Arafat déclare sur les ondes de la
Voix de la Palestine radio financée par la France : «
Nous sommes tous sur notre chemin pour mourir en héros
sur la voie menant à Jérusalem, la capitale de l'Etat
de la Palestine. » L'AFP est muette, les médias européens
se taisent. Pourtant, tout le monde sait que les principes d'Oslo
1 signés par Ytshak Rabin et Arafat comportent le statut
israëlien et indivisible de Jérusalem. Tout le monde
sait donc qu'Arafat bafoue sa propre parole, et fonde les dissenssions
futures en reniant les premiers accords israëlo-palestiniens.
L'Europe n'entend pas. L'Europe ne commente pas.
Toujours sur les ondes de La voix de la Palestine, Arafat déclare
dans un rassemblement organisé le 14 février 1995
à Hevron : « Notre nation est une nation de sacrifice,
de lutte, et de jihad. » Quel meilleur moyen de mettre le
feu aux poudres dans la ville d'Israël d'où sont issus
la majorité des commandos fanatiques du Hamas ? L'Europe
et ses médias ne commentent pas.
Le Ministre de la Plannification de l'Autorité palestinienne,
M. Nabil Shaath, dans une interview effectuée par Al-Watan
le 28 février 1995, déclare : « S'il apparaît
que les négociations avec Israël se dirigent vers
un échec, il n'y aura plus d'autre option que le jihad.
» (cité dans FBIS, 1er mars 1995). Pourtant les Palestiniens
se sont engagés à des négociations, à
un processus de paix, impliquant la notion de compromis. Moins
de deux ans après Washington, la menace de guerre est explicite.
L'Europe ne commente pas, ni ses gouvernants, ni ses média.
Le 31 mars 1995, dans un discours retransmis sur les ondes de
La Voix de la Palestine, Yasser Arafat lance un message pour marquer
l'anniversaire du Jour de la Terre, jour nationaliste palestinien,
régulièrement à l'origine d'émeutes
sanglantes anti-israëliennes : « Nous te promettons,
oh notre grande nation, nous te promettons, oh nos purs martyrs,
que nous continuerons la révolution jusqu'à la victoire
et jusqu'à ce que le drapeau de mon pays flotte sur les
tours de Jérusalem. C'est une révolution jusqu'à
la victoire. » (Voix de la Palestine, 31 mars 1995).
Progressivement, le terme de jihad va voir son sens précisé
par les différents membres de l'Autorité palestinienne,
qui ne cachent pas qu'il s'agit d'une guerre au sens réel
du terme, dont la charge émotionelle est aussi religieuse,
et dont les visées concernent les points que les négociations
de paix n'auront pû obtenir. La stratégie à
double vitesse de l'Autorité palestinienne est donc ouvertement
affichée, mais aucun journal ne la commente, ni aucun gouvernement
européen.
Le 7 avril 1995, le mufti de l'Autorité Palestinienne,
le Sheikh Ikhram Sabri, déclare : « Jérusalem
est occupée, et les musulmans du monde entier devraient
la libérer par le jihad, et la placer sous l'autorité
islamique et arabe. Le jihad n'est pas seulement un jihad au sens
de guerre. Il s'agit ici de mettre tous les moyens possibles en
uvre pour reprendre Jérusalem. » (rapporté
dans Al-Sharq al-Aswat le 7 avril 1995, et dans le Jerusalem Post,
journal anglophone accessible à la plupart des journalistes,
disponible en Europe, dans l'édition du 3 mai 1995.
Le 16 avril 1995, Yasser Arafat, dans un discours public lors
d'un rassemblement à Gaza, compare les accords d'Oslo au
traité de paix temporaire établi par Mohamed avec
la tribu des Quraish, traité violé plus tard par
Mohamed. Arafat déclare : « Nous avons signé
cet accord à Oslo, et si quelques uns d'entre vous ont
une objection à ce traité, moi j'en ai une centaine.
» Le discours est retransmis sur les ondes de La Voix de
la Palestine le 16 avril 1995, et il est cité par FBIS
le 18 avril 1995.
Ce dernier discours précise le programme de l'Autorité
palestinienne. Les accords d'Oslo consistent dans leur esprit
à gagner du terrain par la voie de la négociation,
avant de déclencher les hostilités.
Feissal Husseini, (récemment décédé
et encensé par la presse comme un des personnages pivots
des accords de paix), déclare dans une interview accordée
à l'hebdomadaire égyptien Al-Arabi le 1er mai 1995
: « Si Israël continue à saper le chemin de
la paix, il n'y aura pas d'autre alternative que ce que l'opposition
islamiste palestinienne réclame, l'option militaire. »
L'agence France Presse rapporte ces paroles sans commentaire le
1er mai 1995. On feint d'accepter l'étrange position d'un
dirigeant palestinien qui se présente comme soumis aux
pressions islamiques. On feint d'ignorer que la famille Husseini
est le gardien traitionnel des lieux de l'Islam à Jérusalem,
et que Husseini a fait de la reconqûete de Jérusalem
son cheval de bataille. On ne s'insurge pas que l'Autorité
Palestinienne, qui ne peut encore, en 1995, se plaindre que les
accords de paix soient bloqués, menace ouvertement de guerre
Israël. On feint d'ignorer ces menaces de guerre, tout simplement.
Le 12 mai 1995, la Voix de la Palestine diffuse un discours de
Yasser Arafat lu au centre culturel Sahawa de Gaza par le ministre
palestinien de la Justice, Freih Abu Middein : » Je répète
qu'Israël demeurera l'ennemi principal du peuple palestinien,
pas seulement actuellement, mais aussi à l'avenir. »
Personne ne commente ces étranges perspectives de paix.
Un mois plus tôt, à l'Université Al-Azhar
de Gaza, Abu Middein avait déclaré quant à
lui « nous devons nous rappeller que l'ennemi principal
du peuple palestinien, à présent et pour toujours,
est Israël. C'est une vérité qui ne doit pas
quitter nos esprits. » (rapporté par An-Nahar le
11 avril 1995, puis en anglais dans le Jerusalem Post le 17 avril
1995.)
Dès le 2O mai 1995, les plans de la seconde intifadah sont
débattus en public par l'Autorité Palestinienne.
La radio du Caire diffuse une interview du ministre palestinien
de la justice Freih Abu Middein : « Nous avons un comité
permanent pour suivre la question de Jérusalem et les développements
récents d'importance. Il y aura aussi des mouvements populaires
pour mobiliser les ressources dans Jérusalem, en Cisjordanie,
à Gaza, et tout cela appelle à une nouvelle intifadah,
quel que soit l'impact qu'elle aura. » (radio du Caire,
2O mai, cité par FBIS le 22 mai 1995.)
Feisal Husseini annonce quant à lui le 21 mai, en anglais,
sur Kol Israel, radio israëlienne la même information,
confirmant que l'annonce faite au Caire n'est pas l'idée
d'un seul individu :
« Il y aura une intifadah, pas seulement à Jérusalem,
mais dans tous les territoires occupés, et dans tout le
Moyen Orient. » L'interview est par ailleurs rapporté
par écrit le 22 mai 1995 par le journal israëlien
Ha'aretz.
Faut-il ajouter que ces annonces confirmaient déjà
les informations du rapport Saxton concernant l'existance d'un
accord offensif entre Iran, Irak Egypte, Syrie, et l'Autorité
Palestinienne, où le rôle palestinien consistait
à occuper Tsahal au centre du pays pendant que les frontières
étaient attaquées par les autres pays de cette alliance
?
Les incitations à la haine et les déclarations d'inimitié,
voire de guerre, ont été on ne peut plus publiques,
et nous arrêtons là la liste précise, par
souci du côté fastidieux de cette lecture. Avec les
années, le nombre de ces discours de haine et de guerre
augmente. 3 discours de guerre en 1994, 18 en 1995, 22 en 1996,
42 en 1997 et nous arrêtons là le décompte.
En effet, on peut toujours prétendre qu'en 1998, c'est
le blocage réel des négociations qui a suscité
ces paroles. On ne peut rien affirmer de tel pour 1994, 1995,
ou 1996
Parallèlement au dossier de plus en plus pesant de ces
déclarations répétées de vélléités
de guerre, l'Europe peut, si elle n'est pas sourde, entendre dès
1994-95 les informations touchant au réarmement palestinien.
Le réarmement
palestinien
Dès 1994, un article de Ha'aretz interviewant Ytshak Rabin
révèle que contrairement aux accords officiels d'Oslo,
des policiers palestiniens en civil, armés, circulent à
Jérusalem.
Parallèlement à l'armement officiel des forces palestiniennes,
la quantité d'armes introduite en fraude à Gaza,
et avec la complicité de l'Autorité palestinienne
est en croissance continue.
En juin 1995, le journal El Pais est le premier à révéler
en Europe un fait très briévement traité
par la télévision israëlienne, puis étouffé
au nom de la censure militaire, en vérité, afin
de protéger l'image de réussite des accords d'Oslo
du gouvernement israëlien : 5 tunnels de 3 mètres
de haut creusés entre Gaza et l'Egypte et permettant l'introduction
d'armes lourdes, ont été explosés par Tsahal
en présence de l'ambassadeur égyptien en Israël.
Aucun journal européen ne reprend l'information de l'agence
de presse espagnole, pourtant non démentie ni par Israël,
ni par les Palestiniens. Actuellement, Tsahal mène un combat
harassant contre le creusement incessant d'une cinquantaine de
tunnels de la taille d'un homme, renforcé par des barrils
de pétrole vides, et permettant l'entrée en fraude
d'armes légères.
En 1995, lorsque l'aide européene s'accroît de façon
exponentielle, les gouvernants, les parlementaires savent donc
tous que l'Autorité Palestinienne possède déjà
10 fois plus d'armes que conlu dans les accords d'Oslo, et que
cette même autorité gouvernementale fait profession
de foi de mener la guerre contre Israël. Nous ne reviendrons
pas sur la mauvaise foi des média européens, que
nous pensons avoir démontrée. Nous abordons à
présent la question des intérêts européens
à cette conspiration du silence. Car à moins de
faire injure à l'intelligence de nos gouvernants, il est
clair que nous sommes face à une politique, et donc à
des intérêts sous-jacents à cette politique.
II. Les sommes astronomiques versées depuis dix ans à l'Autorité palestinienne
Il faut rappeller que l'Union
européenne ne pratique pas la politique de la transparence,
et que ce problème a même été débattu
dans de nombreux articles et manifestations.
Les sommes que nous avançons sont donc les sommes connues
officiellement, et cela signifie concrétement que les 3
milliards de dollars donnés à l'Autorité
Palestinienne depuis 1994 et cités par l'ONU, aussi bien,
ne recouvrent pas la totalité des aides versées
par le biais de missions du type de celles que nous citons de
septembre 1999.
On peut avoir un aperçu du dépassement des sommes
déclarées officiellement, en jetant un regard attentif
aux sommes affichées par ailleurs sur le site de la Banque
Mondiale, qui cite nomément les pays ayant versé
des dons à l'Autorité Palestinienne. On consultera
à ce propos le dossier présenté par Alliance
sur la Banque Mondiale et le système des « joint
donors ».
On remarquera simultanément que la Banque Mondiale elle-même
joue sur le flou de ses présentations, en ne précisant
pas si ses tableaux désignent en résumé tout
ce qui a été versé à l'Autorité
Palestinienne depuis 1994, ou s'il s'agit de versement annuel
de la Banque Mondiale auprès de l'Autorité Palestinienne
par les pays concernés.
Si l'on s'en tient aux sommes annoncées officiellement,
et en considérant que le versement de la Banque Mondiale
est un versement unique et non renouvelé, on obtient quand
même la somme de 3 milliards, 450 millions de dollars versés
en 7 ans à l'Autorité Palestinienne, puisque les
sommes versées par la Banque Mondiale sont aussi des sommes
versées par l'Union Européenne, mais individuellement
par pays.
On constate aussi que le flou des fonds européens, ne permet
pas non plus de savoir si les 3 milliards de dollars incluent
ou non des aides officielles (à la TV palestinienne, à
la radio palestinienne, aux manuels scolaires palestiniens, etc).
Le Parlement européen se replie aussi derrière des
lois d'interdiction de publication de « document sensibles
», dont la définition est assez large pour couvrir
tout ce qu'on souhaite dissimuler.
Il est donc clair que tout est mis en place pour verser des fonds,
sans contrôle par les gouvernés européens,
fonds destinés à être laissés au détournement
libre par l'Autorité Palestinienne, afin d'être ensuite
récupérés de façon occulte par les
fabricants d'armes, les grosses industries européennes.
III Les enjeux politiques et économiques
du silence européen
L'enjeu de la négligence : Flatter l'orgueil des pays
arabes en traitant l'Autorité palestinienne d'égal-à
égal, comme une démocratie ancienne
Si le silence européen a un sens, si la négligence
apparente du parlement européen n'est pas le fruit du hasard
(ce qui est difficile à concevoir dans le contexte d'un
problème de détournement de fonds durant depuis
près de dix ans), c'est parce que cette désinvolture
sert les intérêts des pays européens. Ce silence
est servi pas la confidentialité de nombreuses informations
du Parlement européen, l'interdiction par exemple en France
de publier des documents déclarés « sensibles
» la classification des documents variant avec les options
politiques. Quel peut donc être l'intérêt de
l'Europe à se plier aux désiderata de l'Autorité
palestinienne ?
Il s'agit tout d'abord de flatter, à la fois l'Autorité
palestinienne et les pays arabes, en leur faisant miroiter une
forme de rapport pseudo-égalitaire. Nous ne contrôlons
pas vos fonds. Vous êtes assez grands pour les gérer.
Et alors que les alliés, après la guerre, ne se
sont pas gênés pour mettre en place une démocratie
allemande sous leur contrôle, on feint dans le cas palestinien
de croire que la démocratie naîtra seule. On feint
de croire que les fonds atteindront leurs buts, alors que l'expérience
de l'aide au Tiers Monde nous a depuis longtemps appris qu'un
contrôle est nécessaire à toutes les étapes
de versement de fonds, et qu'un rapport détaillé
de l'utilisation réelle des fonds est indispensable.
En fait, on met tout en place pour corrompre un régime,
pour faire capoter les accords de paix menés par ce régime,
et c'est cette vérité qu'il nous faut à présent
aborder : les intérêts européens à
l'échec des accords de paix.
IV L'enjeu politique de l'échec
des pourparlers :
L'échec des accords de paix constitue une stratégie
européene subtile et à multiples facettes. Il est
claire que c'est là le but recherché par des gens
qui ne sont pas des imbéciles, et qui versent sans cesse
depuis dix ans des fonds, tout en sachant pertinament que ces
fonds vont servir à la guerre. Cessons d'être naïfs
et de croire encore que tout cela n'est qu'un accident. Considérons
plutôt les causes de cette politique.
Les négociations israëlo-palestiniennes ont placé
l'Amérique en position de médiateur qui entraîne
des avantages considérables pour les USA. L'idée
explicite de Bush, lors de son annonce, après la guerre
du Golfe, concernant l' Ȏtablissement d'un nouvel
ordre mondial », était de faire du Moyen Orient un
marché commun américain. Il est clair que ce marché
américain moyen oriental constituait un contrepoids embarassant
pour l'Europe, dans une région géographiquement
proche. Ce marché commun risquait aussi de signifier la
mise hors jeu de l'Europe et de ses productions pour une région
vaste du globe, région qu'elle s'était attribué
comme un marché naturel comme les USA considèrent
le Pacifique et l'Asie comme leur chasse gardée. Si l'on
prend l'exemple de Boeing, imposé comme avion courant à
Israël par les USA à la suite des aides financières
et militaires, on comprendra comment la politique américaine
peut très vite aboutir à une exclusion des produits
européens.
L'échec des négociations israëlo-palestiniennes
constitue donc du point de vue européen l'échec
de ce marché commun américian du Moyen Orient.
D'autre part, contrecarrer la politique américiane vis-à-vis
des pays arabes aboutit souvent à permettre à des
pays européens à se présenter comme les amis
éternels des pays arabes, et à souffler des marchés
à l'Oncle Sam. Que l'on considère un instant la
rupture par la France et l'Allemagne de l'embargo onusien contre
l'Irak , et l'on a une démonstration claire du phénomène,
puisque les Etats Unis, en continuant à respecter l'embargo
se sont mis eux mêmes hors jeu dans une course ouverte par
Saddam : les premiers arrivés seront les premiers servis
La France et l'Allemagne ont ainsi damé le pion aux USA
sur un bon nombre de marchés pétroliers
Eh oui, le pétrole, toujours le pétrole Quand on
n'a pas de pétrole, on a des idées, disait la publicité
La France dépend du pétrole arabe, il ne faut pas
l'oublier Tout est bon pour s'assurer des relations privilégiées
avec PLUSIEURS pays arabes afin de ne pas être dépendant
d'un seul fournisseur. La question n'est donc pas détablir
des relations avec un seul fournisseur, mais d'avoir de bonnes
relations avec le plus grand nombre possible de pays arabes pétrolifères
L'enjeu économique
de l'échec des pourparlers : le marché d'armes
Cherchez des chiffres sur le marché d'armes de la France
vous n'en trouverez pas Défense nationale On peut donc
toujours vous accuser d'affabuler Il reste que la France accepte
d'agréer son rang de deuxième fournisseur d'armes
de la planète. Or le Moyen Orient constitue 1/3 du marché
mondial d'armes.
4. Le marché d'armes
palestinien
Cela met en évidence un petit jeu subtil pour ne pas dire
honteux de l'Europe avec les fonds d' «aide» aux Palestiniens.
Cela explique le silence de circonstance à chaque annonce
d'achat d'armes par les Palestiniens, ou concernant les détournements
de fonds de l'aide internationale.
Plus on verse de l'argent aux Palestiniens au nom de l'aide internationale,
plus ceux-ci ont des fonds pour acheter des armes européennes.
Simultanément ces achats d'armes, poussant à la
guerre, confortent la politique européenne contre le marché
commun américain
Fonds d'aide immenses. Fonds détournés Europe enrichie,
Europe renforcée Qui ne serait pas silencieux à
ce prix ?
5. Le marché d'armes
moyen oriental
Deuxième conséquence économique et politique
: ce faisant l'Europe et la France gagnent d'autres marchés
d'armes importants : ceux des pays arabes, qui à cause
du soutien financier et politique européen aux Palestiniens,
vont à leur tout accorder leurs préférences
aux fournisseurs d'armes européens
6. Les fonds européens
et leur rôle dans le désarmement d'Israël
Dans ce contexte, nous associons dans notre analyse notre prochain
dossier, qui concernera l'aide eurpopéene à toute
tendance politique pouvant mener à l'affaiblissement israëlien
dans ce conflit. Cela explique les fonds considérables
versés aux partis et lobbies « pour la paix »
au Moyen Orient en dépit du danger croissant menaçant
Israël, et précisément parce que ces factions
idéalistes proposent des solutions mettant en danger Israël.