- La question de Gilo
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- Yona Dureau:
- L
es terrains de Gilo furent achetés avant
la seconde guerre mondiale par un groupe d'avocats appellé
Dov Yosef , (qui devint plus tard l'un des conseillers les plus
importants de Ben Gurion), Zvi Schwartz, et Malka Shiff.
Lorsque les territoires de Gilo furent repris aux Jordaniens
en 1967, ces terrains furent rendus à ces propriétaires.
La route principale menant à Gilo porte encore le nomde
Dov Yosef.
Du point de vue légal, Gilo est donc un terrain israëlien
à 100%, puisqu'il a été pris à la
Jordanie après agression par celle-ci, ce qui constitue
en droit international un droit dit de conquête ou de
guerre lors d'un combat de riposte.
Il est clair que les revendications palestiniennes sont fondées
depuis le début des émeutes sur une remise en cause
de la souvereineté israëlienne sur tout terrain aquis
lors d'un conflit causé par une agression arabe, et c'est
sur cette question que devrait porter le débat actuel.
L'autre débat soulevé de façon indirecte
par ces émeutes est constitué par la question de
la liaison trop souvent établie entre terrain acheté
et terrain revendiqué politiquement. Cette dernière
question ne doit pas être appliquée au cas de Gilo,
appartenant de droit à Israël pour les raisons exposées.
Néanmoins, il est important de l'aborder, en démêlant
les problèmatiques différentes exposées
dans les médias.
La première problématique concerne toutes les banlieues
de Jérusalem, et il est clair que la bataille médiatique
palestinienne actuelle va s'attaquer à toutes ces banlieues
une à une, puisque Neve Yaakov subit actuellement des
premières attaques. On mêle ainsi une contreverse
touchant à l'expansion récente de Jérusalem
sur des territoires encore récemment considérés
comme "shtarim", zones achetées par des milliardaires
en plein quartier arabe, et banlieues aquises à la commune
de Jérusalem depuis la fondation de l'état.
La seconde question est une question beaucoup plus fondamentale,
mais qu'il faut avoir le courage de poser dans les DEUX SENS:
il s'agit de la liaison établie entre possession d'un
terrain et revendication politique. Cette question n'a pas été
traitée de front par les accords d'Oslo, et elle constitue
une bombe à retardement qu'il s'agit de désamorcer.
Si tout terrain possédé du point de vue commercial
justifie une revendication politique de souvereineté,
il est clair que dans dix ans ou moins, les Arabes de Galillée
vont pouvoir réclamer à leur tour un état,
ou l'annexion de cette partie du pays aux terrains de l'Autorité
palestinienne.
Dans la perspective d'un après-conflit, que nous nous
devons de poser afin de rester dans une optique constructive,
il est vital de concevoir d'urgence trois types de statuts qui
pourraient seuls assurer une stabilité et dissocier possession
commerciale et statut politique. Il faut admettre la possibilité
d'habiter en un lieu, d'être résident permanent
d'un lieu, et citoyen d'un autre, afin de préserver d'une
part les droits au maintien d'une propriété, sans
mettre en danger la stabilité politique de ces même
région. Seul un tel système permettra aux Juifs
les plus religieux d'habiter des zones qui ont pour eux une valeur
religieuse sans pour autant menacer une autonomie locale palestinienne.
Seule cette déconnection entre terre et nation permettra
à Israël de faire face au problème tabou de
la démocratie arabe pour les dix prochaines années.