INTIFADA ET DESINFORMATION
Par Renee Kaddouch

http://www.nouvelleliberte.com

Les médias, souvent présentés comme le Quatrième pouvoir, ont le devoir d'informer. Cette affirmation, qui s'apparente à une lapalissade de prime abord, est de plus en plus souvent démentie par les faits. Ainsi, depuis la Guerre du Golfe, et la simulation d'un massacre d'orphelins du Koweit par les troupes irakiennes, tournée comme un film aux Etats Unis, la presse a fréquemment tronqué, simulé la vérité. La guerre en ex-Yougoslavie et l'assimilation historiquement et moralement indécente des Serbes à des nazis ont été l'occasion de parfaire le procédé. Il s'agit de définir préalablement de manière manichéenne les "bons" et les "méchants" et de présenter chaque image, chaque propos comme illustrant cette vérité première unilatéralement définie. L'actualité internationale récente en fournit un nouvel exemple. L'opération de légitime défense conduite par l'Etat d'Israël, afin d'assurer sa sécurité, est systématiquement présentée dans les médias comme une oppression illégitime, les "mauvais" israéliens, racistes- inusable argument du terrorisme intellectuel - massacrant les "gentils" palestiniens, en lutte pour leur existence en tant que nation. Il n'est pas inutile de rappeler les faits.
Peu avant le Nouvel An Juif, le chef de l'opposition israélienne, Ariel Sharon, héros de la guerre du Kippour, s'est rendu sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem. Cette visite visait à démontrer la souveraineté incontestable d'Israël sur la Ville sainte et l'inanité des prétentions palestiniennes à en faire leur capitale. Elle a entraîné une vague de violence dans les territoires autonomes de Gaza et de Cisjordanie sans précédent depuis l'Intifada. Dès lors, en réplique à ces violences, et à des attentats meurtriers, commis par les islamistes, Israël a choisi de mener une politique de répression.
Dès lors, les médias français, ont pu utiliser leur arme favorite. Israël est un Etat extrémiste et raciste (sic), car il n'hésite pas à tuer des enfants qui se bornent à jeter des pierres sur les soldats de Tsahal. Et les photos d'un enfant de 12 ans mort sous les balles d'abonder dans la presse du monde entier. Pourtant, le raccourci est pour le moins saisissant et la désinformation flagrante, pour plusieurs raisons.
En premier lieu, les caméras occultent volontairement le fait que derrière des enfants jetant des pierres - mais aussi, au demeurant, des cocktail molotov - se trouvent des islamistes armés de mitraillettes et de grenades.
Ensuite, pas un seul média ne s'insurge contre le procédé honteux qui consiste à se servir d'enfants comme boucliers. Tous les journalistes semblent trouver légitime que de jeunes êtres humains puissent délibérément être envoyés à la mort par des fanatiques religieux. Au demeurant, l'enthousiasme de certains palestiniens à faire de leurs enfants des martyrs de la Jihad est systématiquement occulté, de même que les encouragements en ce sens des autorités religieuses musulmanes.
Par ailleurs, Jérusalem est présentée par la presse occidentale comme "le Troisième-lieu-saint-de-l'Islam". Or, plusieurs géopolitologues de renom (dont Frédéric Ancel) ont démontré qu'à aucun moment le Coran ne faisait allusion à Jérusalem comme lieu saint de l'Islam, les musulmans s'étant d'ailleurs désintéressés de la Ville Sainte jusqu'à une date récente. Au demeurant, personne ne remarque que Jérusalem, même si elle était sacrée pour les Mahométants, l'est encore davantage pour le judaïsme, dont elle est le premier lieu saint.
Bien d'autres exemples de désinformation pourraient être avancés. Ainsi du procédé malhonnête qui consiste à présenter chaque attentat perpétré en Israël comme étant commis "en représailles". Ainsi encore de la complaisance des médias envers l'autorité palestinienne, qui enseigne aux enfants la haine des Juifs, en en donnant une représentation digne de l'époque nazie ou en présentant le territoire du futur Etat palestinien comme englobant le territoire israélien.

En définitive, ce procédé de désinformation démontre, si le besoin s'en faisait sentir, que la liberté de la presse n'est qu'un leurre. Les médias demeurent à la botte du pouvoir politique. Ce n'est sans doute pas un hasard si les positions officielles du Quai d'Orsay, notoirement pro-arabe, coïncident avec la présentation médiatique des faits