Yona Dureau : Un panorama
explicatif des dernières frappes aériennes américaines,
et la situation irakienne au Moyen Orient : de l'alliance avec
l'OLP à l'attaque à venir contre Israël
Sommaire :
- Le Rapprochement Irak/Palestine La remilitarisation de l'Irak
- Soulèvement palestinien voilant les manoeuvres irakiennes
- La situation militaire de l'Irak telle que dévoilée
par son beau-fils, Hussein Kamil, en août 1995
- Le programme d'armes biologiques
- L'Irak et la guerre du Golfe : tout cela n'était qu'un
cesser-le-feu, la guerre continue
- Le rapprochement Irak/Syrie et la frappe de cibles américaines
et anglaises
- Le 21 décembre : les menaces irakiennes se réalisent
La situation des relations
entre les Etats Unis et l'Irak est incompréhensible si
on omet de mentionner des évènements de ces derniers
mois occultés par la plupart des médias sous l'effet
de la focalisation sur les affrontements israëlo-palestiniens.
Or ces derniers mois sont cruciaux, à la fois pour comprendre
la réalité de la tension irako-américaine,
mais aussi pour saisir l'ampleur de la conflagration prête
à déferler sur Israël par l'Irak l'Iran, la
Syrie, et l'Egypte.
Le mois de décembre 2000 a été marqué
par des événements soigneusement étouffés
par les médias irakiens et syriens. Il y a eu le 12 décembre,
l'initiation de gigantesques manoeuvres militaires irakiennes,
qui ont été dissimulés par la mise en scène
des "malaises cardiaques" de Saddam Hussein, souvis
opportunément par une rémission permettant de présenter
ces manoeuvres comme une préparation à une grande
parade militaire en l'honneur de la rémission de Saddam.
En réalité, l'Irak se préparait à
la fois à la mise en place de frappe contre des objectifs
anglais et américains, et ces préparations furent
accompagnées de mence explicitement énoncées.
Le 31 décembre, à la faveur de la trève des
confiseurs, l'Irak renforçait sa préparation militaire,
et la presse intenationale se gardait bien de troubler les fêtes
de fin d'année par des nouvelles dont l'Europe tendait
à penser, en définitive, qu'elles ne concernaient
que les Anglais et les Américains, et peut-être les
Israëliens, mais qui s'en soucierait-il?
Les menaces anti-britannique et américaines furent suivis
de l'explosion de bombes en Syrie, le . Mais après que
des itoyens britanniques aient été opportunément
choisis comme suspect de la pose de ces explosifs, des sources
syriennes de la sécurité admettaient que ces bombes
avaeint été posée par l'Irak...
La presse occidentale observa un mutisme pour le moins suspect...
Ces événements expliquent, qu'après la violation
des espaces non-aériens par l'Irak, les Anglais et les
Américians aient décidé de réagir,
leurs sources de renseignement leu ayant confirmé d'autre
part un réarmement irakien massif.
Mais de plus cette situation fut suivie d'un rapprochement entre
l'Iran et l'Irak d'une part et entre ce bloc et la Syrie d'autre
part, union sacrée se reconstituant contre Israël,
ennemi commun.
L'Irak procéda parallèlement à un soutien
financier énorme de l'Autorité palestinienne, versant
850 millions de dollars à l'Autorité palestinienne,
et participant aux paiements des parents d'enfants tués
ou blessés dans l'intifadah, alors que le gouvernement
israëlien ne bronchait pas sur le transfert de ces fonds...
Les éléments du rapport Saxton sont en fait en train
de se mettre en place, et à l'heure ou les journeaux israëliens
parlent de désintégration du pouvoir palestinien
qui expliquerait, disent-ils, que Yasser Arafat va se réfugier
en Irak, on peut surtout envisager que ce voyage, faisant suite
à des allers-retours incessants des conseillers d'Arafat
entre Gaza et l''Irak, ne vienne surtout marquer une deuxième
phase dans la guerre musulmane contre Israël.
I. Le Rapprochement Irak/Palestine
L'influence irakienne dans la bande de Gaza a cru de façon
régulière depuis décembre 2000. Yasser Arafat,
selon des sources israëliennes, a donné le feu vert
à Saddam Hussein pour ses opérations à Gaza
et en Cisjordanie. Saddam, quant à lui, a ravivé
le flambeau du mouvement de libération arabe (FLA) basé
à Bagdad et lié aux Palestiniens, et dont beaucoup
de membres ont des liens avec les services secrets irakiens. L'homme
de liaison entre Yasser Arafat et l'Irak est le ministre des affaires
étrangères Azzam Ahmad, qui fait la navette entre
Bagdad et Gaza.
Tout cela n'était déjà pas pour plaire aux
Etats Unis, qui tentaient de stabiliser le Moyen Orient avec un
contrôle relatif des forces politiques par l'intermédiaire
de la mise en place du processus de paix, devant aboutir à
une pax americana, ce que George Bush senior avait appellé
le "nouvel ordre mondial". L'intervention de l'Irak
dans l'équilibre des forces en Israël bouleversait
ces plans, en introduisant une alternative arabe, et en contournant
l'intermédiaire européen potentiel jusque-là
assez bien tenu hors du jeu par les Etats Unis.
Cette situation empira avec l'aide financière irakienne
à l'Autorité palestinienne, soit $890 million,
que certains analystes politiques ont identifié comme la
source financière des fonds versés par l'Autorité
palestinienne aux familles dont les enfants tombaient lors des
manifestations. 500.OOO$ ont déjà transité
par le biais d'une banque à Amman, avec pour but avoué
d'être distribué aux familles palestiniennes. Il
reste que leur destination réelle est difficile à
vérifier, et que ces fonds ont très bien pu servir
à acheter des armes supplémentaires dans le contexte
général d'armement palestinien.
Quoiqu'il en soit, ces informations mettent en évidence
l'aberration de l'image médiatisée par l'Irak, présentant
le pays comme exangue et souffrant d'un embargo intolérable.
Comme toute dictature, le régime de Saddam Hussein sait
où trouver ses fonds pour se réarmer ou pour armer
ses alliés. Nul doute que ces éléments contribuaient
aussi à durcir la volonté américaine de poursuivre
un embargo contre un régime qui parvenait déjà,
dans la situation actuelle, à se réarmer, et à
alimenter en armes les zones déjà instables du Moyen
Orient.
II. La remilitarisation
de l'Irak
1. Les événements récents
Dès le 14 janvier 2001, le ministre irakien du pétrole
réitéra le refus irakien à coopérer
pour permettre aux inspecteurs de l'ONU de procéder à
leurs enquêtes de vérification de l'armement irakien,
à moins que l'embargo ne soit levé. (on se référera
à l'article de l'agence Reuters, "Iraq Will Not Let
U.N.Weapons Inspectors Return," January 14, 2001). Or il
est clair que cette période correspond à une période
où l'Irak a réarmé, vraisemblablement depuis
le début décembre, et procédé à
l'établissement de réserves d'armes non-cenventionnelles,
dont la "découverte" par les inspecteurs de l'ONU
aurait été très gênante. L'Irak a procédé
avec l'embargo en l'utilisant comme une propagande anti-américaine,
en affamant sa population exactement comme le fait actuellement
la Corée du Nord, dans le but évident d'assoir plus
fermement une dictature, tout en se servant de la famine comme
d'un moyen de pression morale sur les démocraties occidentales.
Or le rapport de l'UNSCOM (commission des nations unies chargées
d'inspecter le désarement irakien en particulier sur la
question des armes non-cenventionelles) paru en décembre
1995 montrait déjà que l'Irak ne remettait pas aux
commissions les armes et matériels non-conventionnels découverts,
et que visiblement ce pays ne renonçait pas à ce
type d'armement. En d'autres termes, les commissions d'inspection
constataient l'existence d'amres chimiques et de matériels
permettant de les fabriquer, mais ne parvenaient pas à
les saisir ni à les détruire. Laurie Mylroie, journaliste
et analyste américaine constatit de plus que cette information
n'était pas reprise par la presse mondiale, et qu'elle
ne parvenait même pas à la faire connaître
du public américain car l'éditeur américain
du journal contacté s'étonnait du silence général
sur ce point. Son analyse, fondée sur le rapport de l'UNSCOM
montrait dès Juillet 2000 que le danger des armes non-cenventionelles
n'avait fait que croître au cours des dernières
années ("Iraq in the Absence of Weapons Inspectors,"
Middle East Intelligence Bulletin, July 2000).
Internationellement, les Etats Unis se sont trouvés de
plus en plus isolés face à l'Irak, à la fois
à cause de cette complicité de la presse européene,
et à cause du rapprochement de l'Europe de l'Irak dans
le but clair de prendre les marchés délaissés
par les USA, ainsi que les contrats pétroliers disponibles.
La rupture de l'embargo vis-à-vis de l'Irak orchestré
par la France et les pays arabes, déjà présentée
dans le dossier d'Alliance sur Le Retour de l'Irak, termina ce
processus de renforcement de l'Irak et isolement des USA.
De plus, on semble oublier ou vouloir oublier que l'Irak est
armé dangereusement. le programme nucléaire irakien
est très avancé. Il ne manquait aux dernières
nouvelles que la matière primaire de fission que la France
avait tenté un moment de lui fournir dans les années
1980. récemment, un expert israëlien, Dany Shoham,
estimait que l'Irak aurait en main une bombe atomique en l'espace
d'un à deux ans ("Expert: Iraq to Have Nuclear Arms
in 4 Years," Jerusalem Post, January 12, 2001).
Enfin les plans américains, consistant à aider une
insurrection possible contre Saddam Hussein, très discutés
aux USA car certains y voyaient un risque de déstabilisation
générale, échouérent plusieurs fois
avant d'être abandonnés. le résultat fut donc
d'aboutir progressivement à la situation inverse d'un pays
soutenant majoritairement le régime, et foncièrement
hostile aux USA tenus pour responsables des difficultés
quotidiennes.
2. Soulèvement palestinien voilant les manoeuvres irakiennes
Le réarmement irakien continue, et des mouvements massifs
de troupes furent déguisés par les services irakiens
en préparation d'une pseudo-parade militaire en l'honneur
de Saddam Hussein, remis par miracle de ses attques du début
du mois de décembre. Une source iranienne nous a confirmé
que le défilé militaire du 31 décembre, occulté
avec les préparations militaires irakiennes par les fêtes
de fin d'années et par le soulèvement palestinien
d'autre part, avait été ainsi un camouflage réussi
de ces maneuvres. Il reste que les relations extrèement
étroites existant entre l'Autorité Palestinienne
et l'Irak permettent de penser que ces maneouvres avaient été
prévues pour coïncider avec les troubles palestiniens,
ce qui permet de comprendre aussi la générosité
du financement par l'Irak du soulèvement palestinien.
3. La situation militaire de l'Irak telle que dévoilée par son beau-fils, Hussein Kamil, en août 1995
On se souvient de la tentative de défection de Hussein Kamil, qui tenta de négocier sa sécurité en dehors de l'Irak avec des informations. Ses révélations (août 1995) sont à mettre en rapport avec la date à laquelle l'Irak commença à refuser les inspections de l'ONU. D'après les experts américains, la situation décrite en 1995 n' afit qu'empirer, puisque les commissions de l'UNSCOM n'ont pas réussi depuis à arrêter le programme irakien d'armement biologique, ni à le confisquer. très peu de médias ayant fait le point sur cette réalité, nous avons tenu à le faire.
Le programme d'armes
biologiques
L'Irak a toujours nié avoir un tel programme, et l'UNSCOM
a longtemps manqué de preuves de l'existence d'un tel programme.
Au début 1995 l' UNSCOM reçut des informations détaillées
par ses services d'intelligence concernant l'importation massive
par Bagdad de matériel biologique cultivé en Europe.
Le porte-parole de l'UNSCOM parlait de quantité abasourdantes
("mind-boggling") . Et dans son rapport suivant, daté
du 10 avril 1995 l'UNSCOM révélait l'existence du
programme secret irakien d'armes biologiques.
En juillet, Ekeus mena une équipe de l'lUNSCOM à
Baghdad et pour la première fois, les officiels irakiens
reconnurent l'existence d'un tel programme. Ils déclarèrent
que l'Irak avait produit 20,000 litres de l'agent biologique botulinum
et 640 litres d'anthrax. Mais ils prétendirent que l'Irak
n'avait jamais transformé ces agents en armes. ils prétendirent
même que cette matière première avait été
détruite en octobre 1990, alors que la guerre menaçait,
afin d'éviter une relâche accidentelle de ces produits
dans l'air si les Etats Unis attaquaient les sites de stockages
et de production biologiques.
Mais après la défection de Hussein Kamil, on apprit
que l'Irak avait produit de beaucoup plus grandes quantités
d'anthrax et de botulinum qu'il ne l'avait admis ne fut-ce qu'un
mois plus tôt. L'Irak reconnaissait aussi avoir produit
d'autres agents biologiques, dont le ricine, une toxine hautement
mortelle, extrait du clostridium perfingens, qui cause la gangrène,
et de l'aflatoxine, qui cause le cancer du foie. L'Irak reconnaissait
également avoir fait des expériences avec des virus
exotiques et mortels liés à la famille de l'ébola,
ainsi qu'à la vérole du chameau, maladie présentant
des symptomes proches de la petite vérole et ayant permis
ainsi à l'Irak de faire passer ses recherches pour des
recherches médicales.
Il apparut aussi dans les informations communiquées par
Hussein Kamil que l'Irak avait continué à produire
des agants biologiques pendat la guerre du Golfe. En mai 1996,
l'UNSCOM détruisit les installations de productions biologiques
de l'Irak mises à jour par les informations de Kamil. Cependant
aucune des réserves d'agents biologiques que l'Irak avait
reconnu avoir produit ne fut remis pour être détruit
à l'UNSCOM. Et à nouveau, l'Irak prétendit
avoir détruit la totalité de ses matériaux.
Or il est évident que ce programme continue à être
appliqué. personne ne prétendra sérieusement
que quatre nuits de bombardements en étaient alors venus
à bout.
Les informations de Hussein Kamil révélèrent aussi, dans l'arsenal biologique de l'Irak, l'existence de réservoirs-sprays qui pouvaient être fixés sur des avions sans pilote pour disséminer des agents biologiques. L'UNSCOM considéra que "c'était là le moyen le plus eficace pour la diffusion d'agents biologiques dans un but de guerre." . Ils furent pris pour cibles lors de l'opération "Desert Fox," ("Renard du Désert") lorsque le secrétaire anglais de la défense George Robertson décrivit le projet, en soulignant que le programme irakien d'armes non-conventionelles n'avait jamais cessé, ni avec la guerre du Golfe, ni avec le cesser-le feu, ni avec la défection de Kamil.
En 1990, Saddam ordonna la proiduction d'avions sans pilotes équippés de réservoirs-sprays pour pouvoir être prêt à une attaque éventuelle. Les premiers efforts irakiens pour transformer du matériel aérien traditionel échouèrent, mais l'équipement aspergeant fut testé avec succès avec une substance proche de l'anthrax. En 1995, Saddam lança un nouveau programme utilisant un avion d'entraînement converti à ce but au nom de code aircraft L29. Les premiers vols d'essai eurent lieu en 1997 et le programme de tests continue. L'avion a été équippé de deux réservoirs à anthrax sous les ailes contenant jusqu'à 300 litres d'anthrax ou autres gaz inervants. Si cette quantité était déversée sur Koweit-city, cela tuerait des millions de gens Une fois les prototypes perfectionnés, les experts américains pensaient que Saddam allait déployer ces appareils au sud de l'Irak, menaces directes sur ses voisins . Ces informations nous révèlent aujourd'hui la menace réelle que percevaient au cours des mois qui suivirent les Américains chaque fois que l'Irak violait le territoire aérien qui lui avait été accordé.
La détermination
de l'Irak à utiliser ces armes contre des hommes fut de
plus soulignée par la découverte par l'UNSCOM, de
chambres "d'inhalation" de produits biologiques pour
des tailles humaines, ce qui exclut l'explication donnée
par les Irakiens que des expériences avaient eu lieu dans
ces chambres sur des ânes, et ce qui est encore confirmé
par le fait que l'Irak n'avait jamais utilisé de singes
dans ses expériences scientifiques. Des expériences
d'agents biologiques ont donc eu lieu, pratiquées directement
sur l'homme.
Scott Ritter expliqua en détail ces points, en précisant
que l'Unité 2001, en 1995, procéda à des
expériences pratiquées sur des sujets humains vivants
enlevés à la prison de Abu Ghaib, utilisant des
agants bilogiques (BW) ou bianires dits CW. Près de cinquante
prisonniers furent ainsi pris comme cobayes pour une zone d'expérience
dans le sud de l'Irak, afin de vérifier la viabilité
d'agents biologiques en stock. Tous les prisonniers moururent.
Enfin, après la défection de Hussein Kamil, on apprit
le scénario final prévu par Saddam Hussein en cas
de problème. Il fut révélé en effet
par ces informations, que la réponse de Bagdad au vote
du conseil de sécurité de l'ONu, le 29 novembre
1990, autorisant l'utilisation de la force contre l'Irak s'il
ne se retirait pas du Koweit avait été de charger
25 SCUD de têtes bilogiques, d'anthrax et de botulinum.
Les missiles furent emportés à des terrains d'aviations
lointains, d'où ils devaient être tirés sur
Israël et l'Arabie saoudite, si pendant la guerre les armées
de la coalition étaient parvenues à atteindre Bagdad
et à faire tomber le régime.
4. L'Irak et la guerre
du Golfe : tout cela n'était qu'un cesser-le-feu, la guerre
continue
Jusquà la première moitié de l'année
1995, l'IAEA, commisssion de démilitarisation de l'Irak,
pensait en avoir terminé avec l'armement nucléaire
irakien, avec ses missiles, et ne devoir plus que s'occuper de
l'armement biologique de l'Irak. Le rapport de Hussein kamil révéla
que l'Irak avait conservé secrétement ses installations
non-conventionelles intactes, en ne livrant aux inspecteurs de
l'ONU que les armes les moins importantes ainsi que du matériel
général et non vital. Cette information ne fut jamais
soulignée par les médias à sa juste proportin,
alors que le pivot du cesser-le-feu de la Guerre du Golfe avait
été précisément la destruction du
potentiel d'armes non conventionelles par l'Irak (Résolution
687 du Conseil de Sécurité (UNSCR)). La violation
de cette résolution revenait à la violation du cesser-le-feu,
et consistait en d'autres termes à déclarer que
la Guerre du Golfe n'avait jamais cessé.
Telle sembalit bien être d'ailleurs la compréhension
des choses par l'Irak. Interrogé par Rolf Ekeus, président
del' UNSCOM en octobre 1995, alors qu'Ekeus conseillait au général
Amir Saadi, chargé du programme de missiles irakien, de
remttre les armes prohibées rapidement afin que les sanctions
soient levées rapidement, Saadi répondit "Mais
l'Irak a besoin de son équipement militaire. Ce n'est qu'un
cesser-le-feu" Ainsi qu'Ekeus l'expliqua ensuite au sénat
américain, "le gouvernement irakien ne considère
pas que la guerre du Golfe a eu une fin. La lutte continue. C'était
une bataille du Koweit, pas une guerre du Koweit" .
La situation qui se dessinait peu à peu était donc celle d'une poudrière établie en Irak avec la bénédiction européene, et la mise en place d'une force armée aux canons tournés vers Israël, alors que les Etats Unis étaient progressivement mis hors jeu d'une alliance pan-arabique contre israël, Jihad généralisé dont la conflagration serait telle que l'Europe pourrait se déclarer impuissante à l'arrêter.
C'est dans cette situation que se produisirent deux sortes d'événements majeurs : le rapporchement de l'Irak avec la Syrie, et la réalisation des menaces irakiennes contre des cibles américaines et anglaises.
III.le rapprochement Irak/Syrie et la frappe de cibles américaines et anglaises
1. Le 14 décembre
2000: Les menaces irakiennes contre Anglais et Américains
Les médias irakiennes, dont la télévision,
menacèrent les USA et l'Arabie saoudite d'attentats. La
télévision irakienne en particulier avertit "qu'un
certain nombre de pays du Golfe Arabe auraient à faire
face à des explosions et des opérations contre des
forces américaines basées dans ces pays." La
télévision irakienne ajouta que les "signes
de menaces accrues" incluaient "l'opération commando
contre le destroyer américain Cole dans le Golfe de l'Aden,
les explosions de voitures d'experts britanniques en Arabie saoudite,
et des manifestations contre les Etats Unis et le sionisme."
L'annonceur poursuivait: "Si la relation officielle avec
l'administration américaine reste identique, des feux incontrolables
et destructeurs d'allumeront à la lumière de la
colère des masses. dans cette situation, le pétrole
ne sera plus aux maisn des leaders de cette politique."
2. Le 21 décembre : les menaces irakiennes se réalisent
Le journal anglais The Independent
(London) rapporta que deux Britaniques comptaient parmi les cinq
personnes arrêtées en Arabie Saoudite le 21 décembre,
après que trois bombes visant des citoyens britanniques
dans le pays aient explosé, en tuant une personne et en
en blessant cinq. Officiellement les Saoudiens attribuèrent
l'attenta à contrebandiers. Mais une source saoudienne
informa que ces attaques venaient d'Irak et visaient à
faire pression sur l'Angleterre et les USA en frappant des Américains
et des Britanniques pour obtenir l'abrigation de la zone interdite
de vol en Irak. La frontière de l'Arabie saoudite avec
l'Irak est notoirement une véritable passoire qui explique
la facilité avec laquelle ces attentats furent commis,
mais aussi la prudence des déclarations saoudiennes après
l'attentat.
En pleine trève des confiseurs, cet attentat fut totalement
ignoré par la presse française, alors qu'il marquait
un stade de passage-à-l'acte significatif des menaces irakiennes
contre l'Angleterre et les Etats Unis.
3. Le rapprochement Irak/Syrie
Le journal arabe Al-Hayat (Londres) rapportait le 11 décembre
2000, qu'une unité spéciale militaire avait été
formée en Irak, appellée "Al-Maqdis,"
destinée à être stationée aux frontières
syriennes et jordaniennes, entourant ainsi Israël, et marquant
le rapprochement de la Syrie avec l'Irak.
Selon cette même source, le nouveau corps comporterait des
éléments de la seconde division d'infanterie blindée,
en plus de deux divisions de "Feddayins Saddam", et
une broigade de la Garde Républicaine de la Division Hammurabi
. ces divisions seraient rejointes ensuite par une partie du système
de défense aérienne dans le "1er secteur aérien
de défense" qui couvre le centre de l'Irak, ainsi
qur par une force spéciale comprenant 27 "pilotes
Fedayins". Le commandant de cette nouvelle unité est
le Lt.
Général Hamid Ramadan, qui a dirigé auparavant
la 8e division des forces Al-Muthanna.
Le rapprochement de l'Irak avec la Syrie d'une part, et de l'Irak avec l'Iran d'autre part (l'Iran déclarant que toute attaque d'Israël par l'Irak serait soutenue par l'Iran ), contribue encore plus à l'isolement américain et à l'échec de l'implantation du "nouvel ordre mondial", de la mise en place d'un marché commun du Moyen Orient sous potentat américain. Mais de plus, les tensions mettaient visiblement en danger les Amériacins et les Britanniques, confrontés à une reprise de son espace aérien par l'Irak, alors même que son arsenal biologique restait disponible.
La situation est donc préoccupante,
mais cette vue d'ensemble éclaire la réaction britannique
et américaine, voire la justifie. Il reste qu'Israël
est entré dans l'Ere du cauchemard des accords de paix,
la situation d'union arabe crainte pendant de si nombreuses années
s'est bien réalisée à la faveur d'accords
trompeurs.