Le risque de scission d'Israël

 

 

Le risque de scission d'Israël

la dernière lettre de Binyamin Kahanah

Nous ne partagions pas les vues racistes du mouvement kahana, et le but de ce dossier n'est pas de les réhabiliter. Néanmoins, nous tenons à transmettre toute information concernant Israël, et nous nous devons, selon cette éthique journalistique, de remettre à nos lecteurs ce document. Il s'agit d'une lettre circulaire écrite par Binyamin Kahana, et qui devait être envoyée à toutes les implantations juives le jour suivant par Binyamin Kahana s'il n'avait pas été tué.
La lecture de ce document explique les rumeurs qui ont couru concernant la "liquidation" de Kahana et de sa femme par le Shin Bet, et non par des agresseurs arabes. Outre la coïncidence étrange entre cette attaque par un sniper palestinien et le passage exceptionnel de Kahana et de sa famille par cette route puisqu'il passait très rarement Shabbat à Jérusalem, et qu'il avait décidé au dernier moment de ne pas rentrer à Efrat à la sortie de Shabbat mais le lendemain matin, le contenu de cette lettre met en évidence que Binyamin Kahana était en train de fomenter un révolte des yishouvim contre Tsahal et les décisions du gouvernement Barak. Kahana devenait donc un danger pour le plans gouvernementaux de rétrocession de territoires aux Palestiniens, et un obstacle immédiat au démentellement des implantations juives.
Les plans d'insurrection de la Judée Samarie par Kahana étaient connus depuis peu : en effet Binyamin Kahana avait déjà organisé des rassemblements dans les yishouvim de Tapuach, Yizhar, Ittemar, Har HaBracha, en vue de mettre son plan en application.
Elon More. Il avait le sentiment que ces yishouvim étaient prêts à donner bon accueil à son approche du problème, et à son idée centrale : renoncer à la protection tutellaire de l'armée israëlienne.
Plus qu'une révolte pouvant amener à des affrontements fratricides que Kahana n'envisage apparemment pas comme possibles, la lettre de Kahana suggère la possibilité d'une véritable sécession momentanée des monts de Judée Samarie.
Après des années de silence, voilà que Kahana avait commencé à faire la tournée des yishouvim, ce qui montre à quel point il était persuadé de l'urgence de l'application de son plan. Lors de l'un de ses derniers cours aux USA, à propos de Hanoukah, il avait déclaré: "le miracle de Hanoukah était que les Juifs étaient prêts à se battre."

L'existence d'un tel mouvement de pensée dans les territoires de Judée Samarie est grave, mais mérite qu'on le considère dans toute sa portée. Il ne suffit pas de condamner arbitrairement et hâtivement l'excès de certains termes ou expressions de cette lettre: c'est trop facile. Ce mouvement est le résultat d'une conjoncture entre une application aveugle des accords d'Oslo dans les territoires, en dépit de l'existence d'une population juive locale et de ses aspirations, et au mépris continu de sa sécurité. On a voulu laisser se pourrir une situation mettant en danger la vie des yishouvim juifs, en maintenant des forces militaires réduites à un minimum d'intervention, dans l'espoir évident que cette situation contraindrait les populations juives à quitter ces territoires, laissant les mains libres aux politiciens. On a trop mésestimé la volonté de ces populations à rester malgré tout dans ces territoires. La situation actuelle est donc une situation explosive, une impasse qui confrontera à très court terme l'armée israëlienne à ces populations, sans que l'on ait réellement réfléchi aux conséquences de l'application de demandes palestiniennes racistes visant à constituer des territoires "judenrein" (vides de Juifs)

 

Voici donc le texte de la dernière lettre de Binyamin Kahanah, qui fut lue à ses funérailles par le rabbinYehuda Richter:

Prenez votre destinée en main
A mes chers frères et amis vivant dans les monts de Judée Samarie:
La situation à laquelle nous faisons face requiert que nous affirmions à nouveau avec courage tout ce que en quoi nous avons cru jusqu'ici. Le problème auquel nous faisons face n'est plus seulement le problème fondamental de hillul HaShem (désacralisation du nom de D.) et l'humiliation des Juifs. C'est à présent un problème brut de sécurité qui nous concerne tous jusqu'au dernier.
En tant qu'habitants de la Judée Samarie, nous avons la chance d'être dans une communauté qui, dans sa grande majorité, craint le nom de D., aime sa nation sans hésitation, et se voit prête au sacrifice d'elle-même.
En ces temps de lutte incessante, de violence, et de ce qui caractérise une guerre si ce n'est l'absence de déclaration de guerre, cette foi nous donne un avantage incommensurable sur ceux qui vivent dans des zones apparemment plus sûres.
La capitulation du tombeau de Josef - lors du shabbat Téshouva, le shabbat de repentance- nous a choqué jusqu'au plus profond de nos âmes. Mais en vérité, peu d'entre nous furent réellement surpris, surtout après que l'armée israëlienne ait diffusé des indices et allusions nombreuses de la possibilité d'un tel retrait quelques jours auparavant.
La situation est aujourd'hui difficile et complexe. D'un côté, nous sommes prêts - physiquement, émotionellement, spirituellement- à reprendre le contrôle de notre patrie juive, peut-être plus prêts qu'aucun autre secteur de la société israëlienne. D'un autre côté, Tsahal se dévoile -malgré toute sa bonne volonté- comme un corps empli de confusion, manquant de but et d'idéologie, et, au dessus de tout, dénué de foi en D.
De plus, nous sommes témoins tous les jours d'insurrections juives individuelles à travers le pays, le sens le plus évident étant que ces gens en ont assez du gouvernement actuel et de la situation qu'il a crééee, et qu'ils ont soif d'un leader déterminé qui guidera le pays selon une voie juive.
De plus, des actions individuelles des Juifs de tous les yishouvim (comme le fait de bloquer la route aux véhicules arabes) ont plus de succès dans l'effet de peur qu'elles provoquent chez les Arabes que tout Tsahal avec ses APC, ses jeeps, ses gilets pare-balles, des patrouilles sans conséquence, et ses commandants hagards.
Et à la lumière de tous ces faits et de leurs conséquences, nous, les habitants sommes déterminés à rester où nous sommes; nous refusons de renoncer à notre contrôle sur nos terres, de même que nous refusons d'aquiescer à l'humiliation constante de la Nation d'Israël et à la désacralisation du Nom de D.
Voici ce que je suggère: sur la base des faits que je viens de souligner, tous les yishouvim placés sur la ligne de crête courant du nord au sud tout le long de la Judée Samarie devront s'associer pour former un leadership uni. Ceci sera immédiatement perçu comme message sans ambigüité par Tsahal: "De la même façon que vous avez abandonné le tombeau de Josef à Schehem, alors, nous vous en prions, abandonnez-nous. Abandonnez la totalité des monts où nous vivons." Tout cela doit être énoncé poliement, calmement, et rationellement. "De toute évidence, vous (les soldats de Tsahal) vous ne voulez pas être ici. Vous n'avez pas de but à long terme, sinon l'application idiote des directives et le maintien de l'ordre. Il n'y a aucun sens, dans ces circonstances, à vous forcer à demeurer ici. Nous qui vivons ici sommes prêts et volontaires à prendre la totale responsabilité de cette zone sur nos épaules. Laissez nous seulement prendre cette responsabilité. De toute façon, vous savez que le gouvernement a décidé d'abandonner virtuellement cette région aux Arabes, pourvu qu'Arafat deigne aquiescer à leurs desseins. Aussi, nous vous en prions, donnez-nous ces terres. Grace à D., nous avons dans ces monts une jeunesse magnifique et un personnel militaire entraîné dont le moral est haut. Ils accepteront avec joie de prendre cette responsabilité sur eux. En définitive, ils prendront leur devoir en main, et ce qui est plus important, avec la foi en D. qui nous a donné ce pays. Laissez nous seulement nos armes (et même si vous nous les refusez, nous vaincrons), et Hashem sera notre force."
Il ne fait aucun doute que les Arabes seront terrifiés en entendant ces nouvelles: l'autorité ne sera plus aux mains d'une armée ébranlée, qui a servi trop longtemps de punching-ball aux hooligans arabes. Ce seront les "colons monstrueux" (et grâce à D. les médias arabes ont fait de nous le portrait de diables incarnés, sinon pire) qui la prendront en charge.
Sans l'ombre d'un doute, une pareille action éclaircirait l'air des environs. Ce sera une totale volte-face : ces nouvelles attireront pour la première fois depuis de nombreuses années, des centaines de jeunes (au moins!) qui viendront nous prêter main-forte.
Enfin il y aura le véritable yishouv de la Terre, (l'installation dans la Terre d'Israël) et le début de la souvereineté dans le Pays d'Israël. Ceci mettra un terme aux années d'errance et de quête visant à donner la terre aux ennemis de D., qui ont été le plus grand obstacle à l'accomplissement de la mitsvah que nous accomplissons avec notre être, en étant ici. Pouvons nous seulement commencer à imaginer cette nouvelle et le tremblement de terre qu'elle constituera pour tant de Juifs, à la fois pour les "laïcs" et les "religieux", en Israël et à l'étranger? Cela fait trop longtemps que nous n'avons éprouvé le sentiment profond et émouvant de fierté nationale juive.
Voilà qui est vraiment révolutionnaire! Mais c'est bien moins révolutionnaire que les changements qui ont bouleversé Israël au cours de ces dernières semaines, et nous n'avons rien à perdre.
Même si Tsahal n'accepte pas cette proposition - ce à quoi nous pouvons nous attendre, du moins dans un premier temps- alors, au moins, les dirigeants militaires et le gouvernement comprendront qu'il y a une force supplémentaire et importante sur le terrain, une force qu'ils ignorent à leur péril.
De plus, pour des raisons concernant sa propre sécurité, Tsahal devra prouver qu'il peut protéger les civils; par conséquent, il lui faudra agir avec plus de détermination - pour le moins, et dans les limites qui lui lient pieds et mains et qui lui ont été imposées par les Nations et par la gauche.
Rien de tout cela ne signifie une rupture de notre part de la société. Au contraire, nous resterons une partie constituante de la société israëlienne, prêts à tout moment à nous réunir, par un accord, à cet état qui a jusqu'ici refusé pendant 33 ans de nous annexer. Nous ne parlons pas ici de séparation, mais de souvereineté juive accrue sur une partie d'Israël qui a été trop longtemps abandonnée. Nous agissons pour le bien de la Nation d'Israël, pour le bien de l'Etat d'Israël, pour le bien de la sécurité de nos familles. Par dessus tout, nous agissons pour la sanctification du Nom de D. (Kidush Hashem), et pour l'éradication de la désacralisation de son Nom jusqu'à l'heure de la Rédemption Finale.

Avec beaucoup de soucis et d'amour pour Israël
Binyamin Kahane