I. Le Koweit et l'Arabie saoudite
face à l'Irak
Le Koweit et l'Arabie saoudite sont de plus en plus isolés
et menacés face à l'Irak. Le scénario précédant
la guerre du Golfe est en train de se rejouer. Les deux pays ont
joué une politique de profil bas face à toutes les
provocations irakiennes qui se multiplient. La Jordanie et un
certain nombre de pays arabes pronent une solution arabe aux problèmes
confrontant les pays de la région à l'Irak, en se
désolidarisant à la fois des USA et du Koweit.
Le 3 Août, Radio Irak, par
la voix du fils cadet de Saddam Hussein, Qusay Hussein, lançait
une exhortation à la gloire de l'invasion du Koweit, et
contrairement aux accords de cesser-le-feu de la fin de la guerre
du Golfe, dans lesquels l'Irak s'est engagé à reconnaître
la souvereineté du Koweit:
"Nous nous rappellons avec fierté le 2 Août,
le jour du grand appel, lorsque les hommes splendides de la
manifestation pro-irakienne
en Jordanie le 17 février
garde républicaine et de notre brave armée ont chargé
dans une percée puissante le centre de la corruption et
de la trahison représenté par la Maison de Al-Sabah.
Tout le territoire koweitien avait été libéré
et arraché des mains de ce régime rétrograde
et aborré, et un juste châtiment les attendait."
L'administration Clinton, en fin de mandat, ne commentait même
pas ces

paroles, violant pourtant les accords passés après
la guerre du Golfe. On interprétait même avec bienveillance
ces paroles du côté américain en les interprétant
dans le sens d'une promotion de son fils par Saddam comme son
futur successeur.
Cinq jours plus tard Saddam fit un discours pour l'anniversaire
du cesser-le-feu Iran-Irak. Il attaquait le Koweit et l'Arabie
saoudite de façon virulente, en particulier sur la question
du soutien de ces deux pays à la zone "no-fly"
instituée par les Etats Unis et l'Angleterre en Irak.
qusay hussein
"N'est-ce pas une
honte et une disgrace pour ceux qui offrent un refuge à
la honte et à la disgrace, que les avions des agresseurs
s'envolent de leurs pays et de leurs eaux territoriales et bombardent
la citadelle des Arabes et le berceau d'Abraham (que la paix soit
sur lui), pour détruire la propriété des
Irakiens et les tuer tous: hommes, femmes, enfants?" (télévision irakienne,
8 août 2000)
Depuis, les officiels irakiens, la presse, n'ont eu de cesse de
menacer le Koweit et l'Arabie saoudite, allant jusqu'à
les narguer en demendant si "une leçon ne leur avait
pas suffi?"(Abd-al-Razzaq Muhammad al-Dulaymi, "After
10 Years, Do They Need an Extra Lesson?" Babil (Baghdad),
7 août 2000.
Les articles attaquèrent bientôt la ligue arabe et
le secrétaire égyptien de celle-ci, Ismat Abd-al-Majid,
qui avait tenté d'établir une ligne de critique
modérée face à l'Irak. (Al-Sharq Al-Awsat
(Londres), 20 Août 2000). Les journeaux officiels irakiens,
depuis septembre, ont associé les frappes anglaises et
américaines à leurs désires de vengeance
contre le Koweit, mençant clairement d'attentats terroristes
Koweit et Arabie saoudite (Dr. Aziz Ali, "The Gulf People:
No to Saudi Custodianship and Kuwaiti Arrogance," journal
Al-Iraq (Baghdad), 7 Septembre 2000).
II. L'escalade de l'agression
Comme en Octobre 1994, l'Irak, en Octobre 2000 a
massé des populations à sa frontières avec
le Koweit, réclamant leur entrée au Koweit. L'Irak
a prétendu qu'ils s'agissait de sans-papiers, et le Koweit
de personnes des services secrets irakiens. le 7 Octobre, les
groupes se dispersèrent en déclarant que la cause
palestinienne réclamait leur solidarité contre le
sionisme. (Agence France Presse, 7 Octobre 2000.)
Les incitations belligérentes cessèrent pendant
le temps de l'intifada, mais simultanément, ces événements
permirent à l'Irak de participer à son premier sommet
international au Caire, (depuis la guerre du Golfe), en Octobre
2000, qui permit entre autre à l'Irak de négocier
un accord avec la Syrie et de lui vendre un pétrole lui
rapportant
Uday hussein
2 millions de dollars par jour.
La parade militaire du 31 décembre marquait une nouvelle
phase. L'Irak y déployait de tout nouveaux missiles russes
terre-air, qui lui servirent contre les avions anglais et américains.
Des travailleurs chinois mirent en suite en place des systèmes
de fibre optique permettant une meilleure défense aérienne
(Washington Post, 19 Février 2001.)
Le 15 janvier Uday Saddam, autre fils de Saddam recommandait au
parlement iraklien d'inclure le Koweit dans le drapeau national.
Le Koweit réagit vivement. La ligue arabe émit un
avis défavorable, suivi seulement par l'Arabie saoudite.
Arrivé peu après au Caire, le ministre des affaires
étrangères irakien, Ramadan, signait ensuite un
accord de libre échange avec l'Egypte, et une semaine plus
tard avec la Syrie.
Fin janvier Moubarak rendait une visite de conciliation en Arabie
saoudite puis début février au Koweit.
Les journeaux irakiens allèrent jusqu'à prétendre
que l'Egypte avait conseillé au Koweit d'abattre sa frontière
artificielle avec l'Irak.
III. Les causes réelles de l'animosité irakienne
Selon des sources britanniques,
l'armée anglaise constata pendant près de trois
mois des violations des accords de la fin de la guerre du Golfe
en Irak. En particulier, ces accords stipulaient des "règles
du jeu" ("rules of the game"), selon lesquelles,
les Irakiens avaient l'interdiction de se servir de leurs radars
anti-aériens. les avions britanniques et américains
sont équippés d'un système leur permettant
de détecter lorsqu'un radar les a repéré
et focntionne. Une reprise par trois fois de cette même
violation devait s'ensuivre d'une riposte immédiate, l'avion
repéré disposant d'un appareillage guidant alors
le missile sur le radar à l'oirigine du signal.
Malgré cela, et toujours parce que l'administration Clinton
était en fin de mandat, les USA tergiversèrent.
Il fallut trois mois, et de nombreuses autres violations de ce
type avant que les Britanniques aient l'autorisation américaine
pour riposter, alors que leurs avions étaient en danger.
Toujours selon nos sources, les missiles se perdaient et tombaient
sur des cibles civiles lorsque le radar s'interrompait brusquement
d'émettre, de sorte que la responsabilité de dégats
parmi les populations civiles n'est pas perçue comme étant
due à une négligence américaine ou anglaise.
Toutjours selon nos sources, l'absence d'une coalition autour
de l'Angleterre et des USA n'aurait plus la même conséquence
aujourd'hui qu'en 1990, à cause du formidable développement
technologique des armées, qui nécessitent de moins
en moins d'hommes. Cette analyse, et les récentes tensions
irakiennes vis-à-vis du Koweit et de l'Arabie saoudite,
derniers bastions pro-américains de la région, mettent
néanmoins en évidence que ce qui gêne réellement
l'Irak dans le rôle de ces deux pays reste le fait qu'ils
servent de tête de pont aux avions anglais et américains,
tête de pont sans lesquels une opération, même
de haute technologie, est difficile.