12 May, 2001 (Jerusalem, Israel)
Yona Dureau: Le rapport Mitchell, "un rapport équitable et juste"?!?
Traduction et adaptation d'un texte de David Bedein, chef du bureau de presse ISRAEL RESOURCE NEWS AGENCY
A la fin octobre, le président américain
Bill Clinton, convoqua une commission internationale pour enquêter
sur les causes des troubles en Israël, nommant un Américain
arabe, ancien sénateur, George Mitchell, comme président
de ladite commission, et un Juif américain, également
ancien sénateur, Warren Rudman, dans l'équipe comprenant
aussi trois diplomates européens proéminents.
La réaction initiale en Israël, lors de la publication
du rapport de la commission Mitchell au début mai, fut
un soupir de soulagement devant le fait que la commission n'avait
pas accablé le premier ministre Ariel Sharon pour l'instigation
des troubles en septembre 2000, lors de sa visite au Mont du Temple.
Néanmoins, hormis ce point précis, la commission Mitchell a accepté en bloc la totalité des justifications palestiniennes pour la présente insurrection, dont nous pouvons constater qu'elle est devenue une guerre que seule les politiciens européens et israëliens hésitent encore à nommer comme telle.
La commission Mitchell a accepté comme justification des troubles par les Palestiniens la "nécessité d'un mouvement pour l'indépendance et l'auto-détermination réelle", sans considérer pour autant le but avoué (sur toutes les cartes, médias palestiniens, publications de toute sorte) des Palestiniens qui est la "libération" complète de toute le Palestine.
La commission Mitchell qualifie les émeutiers armés de coktails molotov de "manifestants palestiniens sans arme". Il semblerait que le terme soit même directement issu des reportages des nouvelles publiés récemment par l'OLP.
La commission Mitchell considère que les soldats et les forces de sécurité d'Israël ne sont pas en position de danger lorsqu'ils font face à une foule sur le point de les lapider et de les brûler vivants avec des coktails molotovs.
La commission Mitchell ne
mentionne pas que les Palestiniens ont amassé 50 000 armes
au delà du nombre d'armes autorisé par les accords
d'Oslo, violant ainsi clairement les accords d'Oslo, et pas seulement
"l'esprit des accords d'Oslo" qui semble constituer
la préoccupation principale des membres de la commission
Mitchell.
La commission Mitchell accepte sans démonstration ni preuve
l'idée selon laquelle l'Autorité Palestinienne ne
contrôle pas ses propres forces de sécurité,
pourtant très sévèrement contrôlée.
La commission Mitchell rejette l'hypothèse selon laquelle l'Autorité palestinienne (qui l'a pourtant admis) aurait organisé ces troubles, sans prendre en compte la longue préparation de sept ans de propagande, d'éducation de la haine, et de forces de sécurité retournés contre Israël.
La commision Mitchell qualifie de "point de vue israëlien" le point de vue selon lequel l'Autorité palestinienne n'a fait aucun effort pour empêcher le terrorisme contre Israël, en ignorant ainsi volontairement le message que Yasser Arafat a transmis par le biais de ses propres médias depuis sept ans.
La commission Mitchell refuse la caractérisation du conflit faite par Israël, "un conflit proche de la guerre" (comment faut-il alors désigner des tirs de mortiers sur des villes israëliennes?).
La commission Mitchell a aussi rejetté le fait que Tsahal a affronté et tué des officiers de l'OLP dans des situations de guerre qui ne laissaient aucune autre action alternative.
Au lieu de proclamer haut
et fort une condamnation des attaques de snipers palestiniens
sur les routes et autoroutes israêliens, la commission Mitchell
a simplement condamné "la position de tireurs près
de liex d'habitations civils", laissant supposer que des
attaques perpétrées par l'OLP depuis des bâtimensts
vides seraient acceptables.
La commission Mitchell suggère que l'armée israëlienne
devrait considérer la posiibilité de se retirer
à ses positions d'avant le 28 septembre 2000, afin de réduire
les points de friction", ceci en ignorant volontairement
le fait qu'une telle décision laisserait les points d'entrée
de nombreuses villes israëliennes sans protection appropriée
dans la période actuelle de guerre.
La commission Mitchell exige qu'Israêl transfère à l'Autorité palestinienne tous les revenus de taxes dus, et permette aux palestiniens qui étaient employés en Israël de retourner à leurs emplois, en recommendant de façon surprenante à Israël de payer à nouveau leurs salaires au personnel armé de l'OLP qui se bat actuellement contre Israël.
La Commission Mitchell se
fait le porte parole de la propagande palestinienne lorsqu'elle
appelle les forces israëliennes à ne plus raser ni
maison ni arbre ni zone agricole sans envisager la possibilité
que ces maisons, ces arbres ou ces zones, s'ils ont été
rasés, abritaient les forces de sécurité
palestiniennes pendant leur combat contre Israël.
La commission Mitchell accpete la notion que les "colons
et les implantations" restent la cause première du
soulèvement palestinien, parce ces communautés juives
violent "l'esprit du processus d'Oslo", bien que pas
un seul mot n'apparaissent dans les accords d'Oslo concernant
le démantelement des implantations juives.
En conclusion, la commission Mitchell établit une relation entre les "activités d'implantations" ("settlement activities") et la capacité palestinienne à reprendre des négociations et son absence de volonté de les reprendre "aussi longtemps que les implantations dureront", donnant ainsi une excuse à l'OLP pour continuer le combat.
Les membres de la commission
Mitchell savent très bien qu'aucune partie des accords
d'Oslo ne mentionne de démembrement des implantations juives.
Et cependant, pour une raison qui échappe à l'observateur
le plus doué de bonne volonté, (à moins de
voir là une manoeuvre politique destinée à
gêner Sharon, dont il partage le gouvernement), le ministre
des affaires étrangères M. Shimon Peres a qualifié
le rapport de la commission Mitchell d'"équilibré"
et de "juste". yasser Arafat, rencontrant ses alliés
politiques le 11 mai, a déclaré que la commission
Mitchell avait donné un rapport qui serait la base de la
reprise des négociations entre les parties.
Cela signifie-t-il que toute présence juive de Judée Samarie devra cesser pour que reprennent les négociations, et que le gouvernement accepte ce préalable?
Pour qui travaille Peres?