Le problème du manque d'organes en Israël et les filières de traffic d'organes

Nous avons déjà présenté un dossier concernant la halacha et la pénurie gravissime de donneurs d'organes en Israël.
Nous avons démontré, avec les textes des décisionnaires, en hébreu, en anglais, et en français, que la loi juive considère que le don d'organes est non seulement permis, mais constitue une obligation morale puisqu'il s'agit de sauver des vies. Actuellement, il y a toujours aussi peu de Juifs en France et en Israël prêts à donner leurs organes après leur mort.
En Israël, la situation n'a évidemment pas évolué en un an. Elle a même empiré. Rappellons les faits.
Israël est le pays avec le plus petit nombre de donneurs de tous les pays développés.
Cette situation a aboutit à une pénurie d'organes qui cause une attente de quatre ans en moyenne aux patients nécessitant d'urgence une transplantation d'organes.
Sur le plan international, cette pénurie risque d'entraîner la radiation d'Israël de la banque internationale d'organes fonctionnant actuellement en Europe, car concrétement, Israël reçoit volontiers des organes étrangers, mais n'en donne jamais.
Le Docteur Halévy, directeur du centre de transplantations reinales et cardiaques en Israël explique que c'est toujours la superstition sans fondement de l'intégrité corporelle nécessaire à la résurrection qui cause cette pénurie.

Il serait grand temps que tous les poskims de halaha se lèvent et organisent une campagne pour le don d'organes, car la situation a aujourd'hui abouti à un ignoble traffic d'organes, et nous n'en sommes plus à tenter de sauver des vies, mais à empêcher qu'on en mette d'autres en danger.


L'Etat d'Israël, par l'intermédiaire de la sécurité sociale israèlienne et des assurances médicales des "kopatrolim", n'a trouvé comme alternative aux quatre années d'attente pour une greffe d'organes que de permettre un remboursement partiel de toute greffe d'organes opérée à l'étranger sur un citoyen israëlien, ne pouvant offrir de solution d'urgences aux malades en phase très avancée de dégradation physique par dysfonctionnement d'un rein ou d'un coeur.

Cette solution alternative, qui choisit de "fermer les yeux" sur le lieu et les modalités des greffes à l'étranger, ouvrit la porte à des traffiquants, et permit la mise en place d'un réseau que nous allons décrire, dans l'espoir que ces phénomènes pousseront les poskims à réagir.


M. Kobi Dayan tient une agence très particulière à Tel Aviv.
Présentez vous en annonçant que votre mari ou votre épouse est très malade du rein, et que le système hospitalier lui demande quatre ans d'attente, période que son état ne lui permettra pas de supporter. M. Dayan vous offre alors la possibilité de tout organiser pour que vous ayiez une greffe de rein pour lui/elle dans un délai de 3 à 4 mois.
Il vous annonce que le coût total de l'opération s'élèvera à 50 000 dollars.
La plupart des clients de M. Kobi Dayan ne posent pas plus de questions et s'iscrivent.
Tout paraît honnête jusque là. Il est naturel de penser qu'une opértaion engage des fraîis médicaux, et ces frais sont les frais ordinaires d'une transplantation d'organe tout à fait légale dans une clinique américaine (si l'on ne prend pas en compte l'hospitalisation qui s'ensuit).
Trompés plus ou moins consciemment, les clients de M. Kobi Dayan (nous ne citons que lui, mais de nombreuses filières existent), signent donc les papiers nécessaires, et payent l'avance nécessaire au lancement de l'opération.

Dans le délai annoncé, l'intermédiaire israèlien recontacte la famille concernée, et propose un voyage pour la Turquie, ou pour la Moldavie, où s'effectuera l'opération. Mike Levinski, citoyen israëlien, fût le pionnier de la filière d'organes moldave.
En Moldavie, un certain Docteur Amishrav, qui refuse toute interview et tout communiqué, opère très rapidement les clients israèliens...


Et quelques heures après des opérations bénignes, de l'apendicite, ou autre, de jeunes Moldave, comme Serghei Thimus, se réveillent avec des cicatrices mal placées, et on leur annonce qu'il a fallu leur enlever un rein qui ne fonctionnait pas bien, ou bien, comme dans le cas de Serghei, on refuse de commenter, et une radio future lui révèlera que son chirurgien de confiance lui a tout simplement volé un rein...


Les chirurgiens de cette filière ont évidemment assuré leur sécurité.
Peut-être que les pouvoirs publics ne peuvent même rien faire contre les seuls et rares praticiens de spécialités aussi rares dans ces pays...
Et pendant qu'un Israëlien retourne soigné et rassuré en Israël, un jeune Moldave souhaite que ce crime soit un jour révélé au receveur dans son horreur, et pèse sur sa conscience...
Un nouvel esclavage s'est mis en place, un marché monstrueux, conséquence inéluctable d'une pénurie due aux superstitions, et des disparités de richesse entre le monde industrialisé et les pays pauvres. Le judaïsme peut-il accepter cela?