La propagande égyptienne en marche...


On se souvient que les accords de paix avec l'Egypte comportaient une clause selon laquelle les pouvoirs égyptiens devaient désormais contrôler leur média pour les empêcher de continuer à divulguer des thèmes antisémites et plus précisément adressés aux Israëliens. Cette clause était essentielle pour les Israëliens qui venaient de donner le Sinaï à l'Egypte et avec lui 200% des besoins israëliens en pétrole.
Ces dernières années, le centre d'études stratégiques de Bar Ilan a constaté que la presse égyptiennes ne publiaient pas un seul journal sans une caricature raciste anti-juive, sans une ligne de diffamation contre l'état hébreu. Les clauses de paix n'ont jamais été respectées.
Cette propagande a monté d'un cran dans l'absurdité et la manipulation d'une population peu éduquée la semaine dernière. A la veille de la manifestation de la droite israëlienne pour la souveraineté israëlienne sur Jérusalem et sur le kotel, les journeaux égyptiens se sont déchaînés. On pouvait lire à la première page des journeaux une véritable surenchère sur la menace que ferait peser sur l'Egypte le rabbinat israëlien : "Les rabbins de Jérusalem ont décidé de construire un mur des lamentations en Egypte", titrait l'un, "et ils réclament cette partie de l'Egypte". "Les rabbins juifs exigent de construire quinze murs des lamentations en Egypte," titrait Al Ouma (Le Peuple). D'autres journeaux parlaient de revendications israëliennes sur des lieux saints égyptiens. Le procédé était simple: on transposait les problèmes israëlo-palestinien au sein de l'Egypte, et on obtenait ainsi une identification idéale de l'Egyptien au Palestinien.
Ces violations du traité de paix sont inquiétante car chacune de ces phrases, qui font sans doute sourire un lecteur occidental, touche droit au but le lecteur peu éclairé moyen d'un pays pauvre. de plus, le regain de cette propagande laisse penser que le gouvernement égyptien l'a non seulement autorisé, mais orchestré, préparant ainsi son opinion publique à un affrontement armé éventuel.
Les rabbins israëliens n'ont pas réagi, estimant sans doute inutile de tenter d'obtenir d'un pays si hostile actuellement une quelquonque rectification de l'information. L'ONU n'a pas réagi non plus. Le laisser-faire internationale est en place autour d'une agression arabe potentielle. Que l'on relise les chiffres du réarmement égyptien en 1997-98 publiés par Alliance, et l'on constatera que l'horloge du conflit a encore avancé de cinq minutes.