Yona Dureau : Saddam prépare la guerre

Tout en réussissant avec succès à contourner l'embargo onusien et les sanctions contre les exportations irakiennes de pétrole, Saddam et ses deux fils, Qusay and Uday, ont exprimé des paroles et effectué certains actes, qui semblent indiquer que Bagdad se prépare à une nouvelle confrontation armée avec l'Occident.
L'article qui suit vous résume ces derniers incidents. On notera que ce dossier complète et confirme l'analyse que nous avions faite des réels enjeux européens dans le jeu des pourparlers de paix au Moyen Orient, puisqu'il est clair que l'Irak sert d'outil dans la lutte menée par l'Europe contre les Etats Unis au Moyen Orient. Toutes les manoeuvres actuelles faites pour briser l'embargo, voire pour favoriser une confrontation US/Irak vont dans ce sens, et sont à entendre comme des moyens mis en oeuvre pour gagner au contraire du terrain auprès de pays de l'or noir.
I.Nouvelles proposition de sanctions, et début des hostilités ouvertes
II. Les problèmes de frontières
III. Têtes Mises à Prix
IV. Le commerce non officiel et très profitable

 

I. Nouvelles proposition de sanctions, et début des hostilités ouvertes
Nous l'avons vu à maintes reprises, l'ONU et les USA se débattent devant l'échec répété des tentatives faites pour désarmer l'Irak. Dimanche, l'ambassadeur irakien aux Etats Unis, a déclaré à la télévision américaine que Bagdad offrait une récompense aux officiels militaires irakiens pour abattre les avions alliés patrouillant dans les zones « de non vol ».
La déclaration eut lieu dans un contexte de tensions de frontières avec l'Arabie saoudite ­ un allié arabe des Etats Unis important ­ et les menaces irakiennes de rejetter les nouvelles « smart sanctions » « sanctions intelligentes », proposées par les britanniques et actuellement discutées aux Nations Unies.

Les nouvelles « sanctions intelligentes » consistent en une proposition britannique de sanctions visant à alléger les restrcitions touchant les civils et en particulier les importations touchant les civils, pour au contraire durcir l'embargo concernant les produits liés à l'activité militaire.
La proposition devant passer au vote auprès des Nations Unies le 3 juillet, vise aussi à mettre fin à la contrebande et au commerce illégal entre l'Irak et certains de ses voisins.

II. Les problèmes de frontières
Les points essentiels avec l'Arabie saoudite ­ les incidents de frontière, les problèmes de pétrole et de gaz naturel ­ sont des faits connus et habituels pour les observateurs du Moyen Orient qui ont encore en mémoire l'escalade de 1990 avant l'invasion du Koweit par Saddam Hussein.

Bien que les faits se soient passés dans un silence médiatique quasi général en Occident, l'Arabie saoudite a récemment saisi un pipeline irakien qui n'était plus en fonction, (du fait des sanctions et de l'embargo), pour l'utiliser à son propre compte.

Selon les media contrôlés par le gouvernement saoudien, le royaume arabe prévoit d'utiliser le pipeline saisi pour transporter du gaz naturel à travers le désert pour des marchés d'exportation après que les répérations et modifications techniques aient été faites.
Dans une déclaration publiée par l'Agence de Presse officielle Irakienne (INA) vendredi 22.06,un officiel du Ministère des Affaires étrangères refusa de reconnaître les prétentions saoudiennes sur ce pipeline en déclarant quele pipeline « avait été construit selon les accords signés entre l'Irak et l'Arabie saoudite dans les années 1980. »
Il ajouta aussi que l'Irak avait payé plus de 2 milliards pour sa construction. L'Arabie saoudite a récemment conclu de nouveaux accords de production, de transport, et de transformation de son gaz naturel avec des entreprises majeures américaines et des entreprises multinationales, y-compris Exxon-Mobil et Shell.
La majeure partie de ce pipeline irakien construit dans les années 1980, et destiné à amener du pétrole brut irakien du Golfe vers l'ouest, jusqu'au port saoudien de la mer rouge, Yanbu, court en parallèle à un pipeline saoudien plus ancien.

Le roi saoudien Fahed ordonna que l'on déconnecte le pipeline irakien lors de l'invasion du Koweit par l'Irak, après que Saddam Hussein ait accusé ce pays de voler le pétrole irakien, en août 1990.

Ce pipeline n'a pas été mis en focntion depuis que l'Irak refusa de reconnaître les incursion de frontières contre les Saoudiens et déclara aux Nations Unies qu'il demanderait une compensation pour la saisie « hostile » du pipeline.

III. Têtes Mises à Prix
Des démélés diplomatiques récents avec Riyad ont éclaté lorsque Mohammed Al-Douri, l'ambassadeur irakien aux Nations Unies, confirma les suspicions des alliés que Saddam offrait une prime à ses soldats pour tout avion américian ou britannique abattu et coulé.
L'ambassadeur déclara à NBC News dimanche : « Ceci a pour but d'encourager nos hommes à faire leur travail mieux encore qu'à l'habitude, »
La déclaration suivait un reportage de l'Agence de Presse Irakienne suivant lequel Saddam avait mis en garde son cabinet que Bagdad se dirigeait vers une « confrontation majeure avec ses aggresseurs », et devait se préparer à se battre pour une nouvelle « bataille d'indépendance » nationale et à la remporter.
Mais alors que Bagdad a répété à de multiples reprises que l'Irak refuserait la nouvelle proposition de « sanctions intelligentes » des USA et de la Grande Bretagne, Saddam a défié avec succès les tentatives internationales pour arrêter les transferts de contrebande de pétrole opérés par l'Irak à ses voisins, tels que la Turquie, la Syrie, et la Jordanie, la plupart ayant eu lieu en dehors des clauses du programme américain « pétrole contre nourriture » .

IV. Le commerce non officiel et très profitable
Bien que l'Irak ait limité ses exportations de pétrole à 2,2 millions de barils par jour selon le programme pétrole contre nourriture, selon le journal pétrolier du Moyen Orient faisant autorité en la matière, le Middle East Economic Survey (MEES), Baghdad continue son commerce illicite et très profitable de 300,000 barils par jour, vendus à ses voisins.
Les officiels irakiens ont arrêté avec ostentation leurs exportations opérés sous l'égide du programme « pétrole contre nourriture » parce que les Nations Unies n'avaient renouvelé le contrat du programme que pour un mois et non six comme le demandait l'Irak.
Lors des derniers mois, l'Irak a signé un certain nombre de contrats de transactions avec des pays comme l'Algérie, la Syrie, et l'Inde, contrats qui n'ont pas été conformes aux accords signés par l'Irak avec les Nations Unies.
Le commerce accru du pétrole, associé aux exportations vers la Turquie et vers la Jordanie, se développa alors que des sources de l'opposition à l'Irak en Europe avertissaient que Saddam renforçait les forces de ses troupes près des zones proche des populations kurdes au nord de l'Europe, tout en continuant à améliorer ses défenses anti-aériennes contre les avions américains et britanniques basés en Turquie, au Koweit, et en Arabie saoudite.