Les spécialistes du contre-terrorisme américain
constatent que les communications entre les groupes terroristes sont revenus
à leur point maximum, c’est-à-dire au point
équivalent à celui de l’été 2001.
avril : La synagogue de Djerba
était un attentat lié aux activités d’Al Qaeda. Le
bilan, déjà oublié, fut de 19 morts.
Le 8 mai, un attentat suicide à
Karachi, au Pakistan, tue 14 Français, qui travaillaient sur les
chantiers navals.
Juin 2002 : nouvel attentat à
Karachi.
Ceux qui attendent nerveusement le
prochain attentat d’Osama Ben Laden se trompent : cet attentat est
déjà arrivé, suivi même par d’autres.
I. L’organisation des cellules
de Al Qaeda :
L’autonomie qui caractérise chaque cellule rend
très difficile tout démentellement général. Plus
précisément, il semblerairt que les attaques organisées
par les agents d’Al Qaeda ne soient jamais retranscrites sur aucun
document transmis à d’autres cellules. C’est ainsi que
malgré des tonnes de documents trouvés en Afghanistan, les
Américains n’ont pas trouvé une seule ligne de ces
documents traitant du projet du 11 septembre, ni de la synagogue de Djerba, ni
de l’attentat de Karachi, dont ils pont maintenant la preuve qu’ils
avaient été organisés par Al Qaeda. Comme s’est
exclamé l’un des chefs du FBI, « où sont les
documents de com. de ces gens-là ? »
(« where’s the intel of these people ? »).
Cela signifie en d’autres termes,
que d’autres cellules de Al Qaeda pourraient parfaitement continuer
à travailler et à préparer des attentats comme l’a
récemment annoncé Ben Laden sans que l’on puisse trouver un
seul document traitant du problème.
Par ailleurs, on sait qu’une
certains infrastrcuture existe, puisque l’on sait par exemple que Richard
Eid, le « terroriste aux chaussures
piégées » de la ligne American Airline du 22
décembre a reçu une aide logistique pour la fabrication de ses
chaussures en France.
Il y a donc d’une part une
infrastructure, mais d’autre part une autonomie des cellules d’Al
Qaeda, une légéreté de cette organisation qui la rend si
difficile à cerner.
Dans ce contexte, l’interrogation
des suspects ne donne pas beaucoup de résultat non plus, puisque ces
mêmes suspects ne sont pas dans le secret des activités des autres
cellules.
Les révélations faites par
le suspect principal d’Al Qaeda prisonniers des Américains
s’est soudain décidé à parler alors qu’il
était face à un jury de cour d’assise.
Les problèmes de la lutte
internationale contre le terrorisme : une collaboration difficile
La lute contre Al Qaeda n’est pas
seulement une lutte militaire mais c’est une lutte de tous les instants,
de tous les détails. Depuis les attentats du 11 septembre, 1600 suspects
ont été arrêtés dans 95 pays. Les structures de
protection des intelligence services des différents pays rendent
paradoxalement cette lutte difficile. C’est ainsi que par exemple, la
France rechigne à donner certains renseignements au groupe des amis des
USA, qui est composé de pays tels que l’Arabie saoudite, et le
Pakistan, sachant qu’une partie de ces renseignements dénoncent
automatiquement les agents et la voie par laquelle il a été
possible d’obtenir ces renseignements : pour lutter contre le
terrorisme, on risque par cette collaboration internationale, de griller les
agents les plus performants de nos propres services. Plus, il n’est pas
sûr que les pays du Moyen Orient « collaborant »
avec les USA utilisent ces informations à bon escient, par exemple l’Arabie
saoudite est connue pour être un pays affichant son amitié avec
l’Amérique et finançant en sous-main Al Qaeda.
La lutte contre le terrorisme n’a
pas été inactive ni sans effet, mais elle a surtout touché
les strcutures de relai d’ordres directs d’Al Qaeda. Ainsi, lors
d’un affrontement avec des armes à feu en mars avec les forces de
police, à Faisalabad, au Pakistan, l’arrestation de Abu Zubaydah
porta certe un coup à l’organisation des opérateurs
européens d’Al Qaeda. Abu Zubeydah gérait en effet les
actions commanditées précisément par Al Qaeda par
l’intermédiare de certains groupes.
La reprise de communication des
terroristes concerne actuellement surtout les tentatives faites par certains
groupes isolés de se regrouper, que ce soit en France, en Italie, ou en
Allemagne, où leurs activités ont repris.
Mais les spécialistes
français de la lutte anti-terrorisme ont qualifié
l’attentat de Karachi « d’opportuniste », et
c’est là la dimension la plus effrayante. En d’autres
termes, des « agents dormeurs » d’Al Qaeda
attendaient une opportunité, et dès que cette occasion
s’est présentée, ils ont frappé. Cela signifie que
les services de sécurité internationaux sont censés
être sans cesse sur le qui-vive, puisque les estimations vagues fournies
par les oragnismes du contre terrorisme estiment qu’environ 50 agents
dormants seraient actuellement en Europe.
De plus, les Etats Unis pensent
actuellement que Ben Laden, ,ainsi que son bras droit Ayman al-Zawahiri, se
cachent dans les montagnes entre le Pakistan et l’Afghanistan, et
qu’il continue à transmettre des ordres depuis sa cachette.
Autre difficulté : le
terrorisme islamiste ne suit pas une organisation habituelle et cernable facilement.
Elle est dite « fuzzy », floue, par les
Américains, qui peine à la cerner. L’un des raisons vient
du fait qu’elle constitue une gigantesque toile d’araignée,
beaucoup plus complexe à cerner qu’une structure pyramidale de
pouvoir. Toutes les attaques terroristes islamistes agissent dans un même
but, un djihad mondial, comme l’a montré Steve Emerson dans son
film « World Djihad » qui sera bientôt
distribué en France comme l’a été contre-champ.
Steve Emerson a filmé en caméra cachée pendant près
de 20 ans la croissance de l’oragnisation et de
l’internationalisation des islamistes au niveau mondial, et dont les
bases de liaison se trouvaient toutes aux USA. On trouve ainsi dans toutes les
réunions de ces groupes aux USA, des islamistes venus
d’Algérie, d’Egypte, d’Israël, du Liban, de
Jordanie, du Pakistan. Aux Etats Unis eux-mêmes, les terroristes
couvraient une grande partie du territoire américain, divisé, on
le sait par les autorités particulières de chaque état, et
rendant un contrôle global difficile.

Mais simultanément, tout en
poursuivant ce but commun, les organisations islamistes ne sont pas
inféodées les unes aux autres, elles sont dites
« fellow-travelers » par les services américains,
c’est-à-dire qu’il est tout-à-fait réducteur
de penser que les ordres de toutes les organisations terroristes islamistes
actuelles émaneraient de Al Qaeda.
Cela parait une évidence, mais ce
n’est pas une évidence pour tout le monde. Pour commencer,
après une déclaration du général en charge du Nord
d’Israël en janvier, ayant déclaré qu’il tenait
en sa possession des documents prouvant les liens entre Al Qaeda et les
attaques du hezbollah sur le Nord du pays, on assista à une tendance
général à ssimiler toutes les attaques de tous les groupes
islamistes en Israël à Al Qaeda. En particulier, certains
journalistes avaient pris pour tic d’intituler toutes les nouvelles
d’attaques islamistes en Israël « nouvelle attaque
d’Al Qaeda... ».
Il est aussi assez évident que cette tendance servait une
tentative d’assimilation politique de toutes ces attaques visant à
influencer l’administration Bush à intervenir au Moyen Orient
contre les groupes islamistes de tout bord.
Simultanément, cette
présentation assimilatrice faisant pendant à une tendance tout
aussi extrémiste du côté américain, selon laquelle
l’ »Axe du Mal » se limitait aux groupes
associés à Al Qaeda.
Encore une fois, les enquêtes de
Steve Emerson ont révélé que les liens entre les groupes
islamistes existent. Par conséquent, la lutte contre le terrorisme islamiste,
doit prendre en compte à la fois les connections, mais aussi les
conditions différentes de chaque pays et de chaque groupe
extrémiste.