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320 recette juives tunisiennes transmises
de mère en fille
Ce livre de recettes veut restituter le patrimoine culinaire de la communauté
des juifs de Tunisie, avec ses influences diverses. De nombreuses communautés
y cohabitaient harmonieusement: italienne, tunisienne, française
algérienne maltaise, silicienne, russe, turque grecque, africaine.
La cuisine judéo tunisienne bien que singulière, est une
belle et généreuse expression de ces métisssages.
Depuis plusieurs années, la cuisine d'Orient a quitté les
restaurants pour entrer dans les pages-recettes de magazine féminins
et dans les foyers.
Les recettes sont tres clairement expliquées le ton est convivial
et l'auteur propose de nombreux trucs et astuces pour se simplifier la
vie.
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Préface
- dis maman, quand est-ce que tu nous fais
les caques de mamie?
- - Dis, maman, pourquoi tu nous fais jamais
les caques de mamie ?
- - Bon, ma petite mère, ils veulent
absolument que je leur fasse tes caques. Ils ne seront jamais aussi bons
que les tiens, mais il faut que j'essaie au moins une fois.
- - Tu sais ma fille , c'est vraiment,
pas compliqué, tu fais comme ci, tu fais comme ça (elle explique
avec les mains), tu mélanges et puis c'est tout ! Puis, si ça
colle, tu rajoutes de la farine; si c'est trop sec, tu verses un peu d'eau...
- - Attends, attends, pas si vite, je note,
combien de farine?
- - Tu vois, une petite poignée.
- - C'est quoi une petite poignée,
combien de grammes?
- - J'sais pas, moi, comme ça (elle
montre).
- - Bon, d'accord. Un peu d'eau...mais
c'est quoi, un peu d'eau?
- - Oh, un petit verre.
- - Mais quel verre?
- - Ben, tu sais bien, le Duralex,...Mais
enfin ma fille, t'as jamais cuisiné ou quoi?
- Le ton monte, tout le monde sénerve...
et naturellement, je rate les caques. Les enfants me remercient gentiment,
mais à leur sourire crispé, je vois bien qu'ils sont décus.
Ma réputation vient d'en prendre un sérieux coup .
- Ca ne peut plus durer. Parceque qu'il
n'y a pas que les caques, il y a aussi la pkaila, la gananouiua, le couscous
boulettes...
- Je me suis demandé si, inconsciemment,
elle ne souhaitait pas qu'on fasse un peu moins, bien qu'elle, ou si elle
avait tellement intégré gestes, durées et quantités
qu'elle était incapable de les expliquer. J'en ai conclu que la
vérité devait se situer entre les deux.
Et comme ce qui semble évident pour elle devient une montagne pour
moi, j'ai décidé de relever les manches.
Ce fut un peu long. il a fallu refaire , peser, tester... mais ce fut toujours
délicieux et émouvant.
- A toutes celles et à tous ceux
qui sont entourée de génies de la cuisine, mères,
grand-mères, tantes ou autres : allez-y ! Recueillez, collectez
attrappez la parole, les gestes, et tous les souvenirs qui leurs sont liés
avant qu'il ne soit trop tard.
Nous voulons croire à l'immortalite de nos parents et de nos grand-parents
Or, un jour ils partent et emportent leurs secrets. Dans les pays de tradition
orale, ne restent souvent ni journaux intimes ni carnet de notes. Les femmes
élevées dans cette tradition n'ont jamais pensé à
consigner leurs précieuses recettes, leurs trucs et tours de main,
parce que leurs filles et belles-filles apprenaient tout naturellement
en les regardant faire, en les aidant, puis en faisant à leur tour.
Aujourd'hui les filles ont eu envie d'apprendre d'autres choses, autrement
et souvent à l'extérieur du cercle familial. Le fil de la
transmission s'est rompu et quand vient la nostalgie, il est parfois trops
tard.
Ce livre veut restitutuer le patrimoine culinaire de la commuanuté
des juifs de Tunisie, avec ses histoires ses anecdotes, ses repères
religieux, ses influences. Il s'adresse à des hommes et des femmes
de cette fin de siècle. Le temps souvent leur manque et ils ne savent
plus comment on cuisinait avant le micro-ondes et les surgelés.
Ce livre n'est ni un ouvrage philosophique ni sociologique, il reste un
livre de cuisine avec la volonte de légéreté et d'humour
qui conviennent à ce genre.
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