Leçon de savoir vivre


Cette pièce-conférence que nous avons eu le privilège de voir jouer par Pierre Arditi, au thèâtre du rond-point des Champs-Elysées, est un monument, dans la présentation théâtrale,de cette question malheureusement encore d'actualité "l'antisémitisme";
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Jean-Claude Grumberg

Interview réalisée par Nathalie Zylberman de Bethelvallée et Claudine Douillet d'Alliance

Comment définir le Juif,comment le reconnaître pour mieux le confondre et en définitif sans débarasser, "n'est il pas notoire ,que sa perfidie naturelle, lui permet même de se glisser dans des dîners sous des patronymes on ne peut plus respectable tel que "Jean-Christophe Lambert" par exemple."

Le défi de Jean-Claude Grumberg et de Pierre Arditi, est de nous citer sur un ton badin, léger, en même temps incisif, les critères raciaux lourds de conséquences pour le peuple juif, définient par un groupe de pseudo-scientifiques qui ont participé, par leurs travaux, à apporter des solutions aux questions juives, cette même legerté qui a permis à plus de 6 millions de personnes d'être massacrées,

Par un raisonnement par l'absurde, il apparaît clairement que rien n'est plus indéfinissable qu'un juif, qu'aucun critère ne peut l'enfermer.
Serait-ce son esprit que l'on tente d'enfermer ?

Pierre Arditi, par son jeu d'acteur, extraordinaire, ses temps de pause si suggestifs, n'a pu empêcher de nous arracher des rires , rires oscillants entre grincement de dents, et tristesse profonde, sur cette présentation si laide du monde ellitiste, nous renvoyant à cette éternelle question mais comment peut on livrer le monde à ces fous, comment peut on être aussi aveugle et sourd ?

Cette interview accordée par l'auteur Jean-Claude Grumberg nous éclaire sur la naissance de cette oeuvre, sa nécessité d'exister, de la faire connaître , pour peut-être penser ou panser des plaies profondes laissées par des scientifiques si scrupuleux sur un périmètre crânien, mais sans état d'âme à l'arrachement de l'humanité à toutes ces vies.


L'expression théatrale, plus directe que d'autres moyens expressions, permet d'installer la relation avec le spectateur, réactions en chaîne pour un mot, une pause, un geste, de l'acteur face à son public.
Cette conférence dépouillée de toute artifice de mise en scène, tente, avec succés, de mettre mal à l'aise et en même temps de transmettre en créant une complicité entre acteur et spectateurs.

Une question fuse, comme une alerte rouge, mais enfin qui rit? Qui a le droit de rire ? Pleurer, oui, il y a eu des larmes, bien légitimes, la question ne se pose donc pas.
Mais le rire était-il complice ou railleur ? Question malheureusement oubliée mais que je continue à me poser , peut-on admettre qu'un non juif à la lecture si terrifante de ces critères de discrimination raciale, puisse rire, et dans ce cas comment interpréter ce rire ?
Quelle complexité ! Tout aussi complexe que de vouloir enfermer l'humanité dans un livre, tout aussi complexe que de vouloir édifier des lois mortifères contre nature.
La vie reprend toujours ces droits.
Claudine Douillet