Marceline m'a laissée quelques lettres qu'elle a reçue, témoignages, hommages rendu à son film, bien évidemment l'anonymat de ces personnes a été préservée, mais pas une virgule n'y manque.



Le 11 Novembre

Ma chère Marceline,

Je sors du cinéma l'Arlequin ce soir :
Bravo ! mille fois bravo!
Merci! Mille fois merci !

Ton film est admirable, on pourait en pendant des heures...il y a des détails extraordinaires de justesse d'observation, que l'on ne peut apprécier qu'entre déportés. En outre les images sont soignées, pour ne pas dire "léchèes", digne du cinema américain dans ce qu'il a de meilleur...et très loin de notre cinéma national (malheureusement!...).

Anouk Aimée est formidable, je ne comprends pas comment elel pu entrer à ce cpoint dans ton personnage...Les prises de vues sont orignales....(je parle en connaisseur d'Auschiwtiz où j'ai fait 3 pélerinages...) François est complétement de mon avis sur la beauté de ton film, il me charge de te le dire et se propose d'ailleurs, de retourner le voir en salle.

J'espère qu'il aura beaucoup de succés, bien que ce ne soit pas vraiment un sujet "commercial".
J'espère aussi beaucoup que tu obtiendras le prix "Mémoire de la Shoah", prix prestigieux qui s'adresse aux arts, aux lettres, et aux arts plastiques, (Simone Veil est membre du jury)

Jespère que nous pourrons bientôt parler de tout cela.
Encore bravo ! Encore Merci ! Je ferai de la publicité au sein de "l'union des amaicales d'Auschwitz".
Je t'embrasse de tout coeur.

P.S: Ton film me remonte le moral et m'aide à vivre....
Bravo aussi pour ton speech d'après la projection malhereusement la salle tétanisée, n'avait pas envie de parler...



Le 13 Nov 03

Madame,

J'ai assisté mardi 11 novembre à la projection de votre film "La petite prairie aux bouleaux". J'ai dans ma longue vie vu beaucoup de films, lu beaucoup de livres sur la shoa.
J'ai connu beaucoup de déportés qui m'ont fait part de leur récit. Jamais aucune évocation n'a été faite avec la sensibilité , la justesse de ton que vous mettez dans votre film.
Il faut dire qu'Anouk Aimé vous a comprise et a traduit cet indicible d'une manière remarquable.
Je voudrais, Madame, vous remercier de nous avoir fait vivre le maximum de ce qu'il est possible de ressentir quand a eu la chance de ne pas avoir connu cet enfer.
Croyez, Madame, à ma reconnaissance et à mes sentiments affectueux.




Chère Marceline,
Alain et moi, nous sommes allés voir ton film - film "magnifique", émouvant dans les paroles, dans les silences, dans les images, -Anouck Aimée te représente parfaitement bien - Elle semble empreinte de toi-même dans son allure, dans sa démarche, dans ses gestes, dans sa manière de parler, c'est vraiment toi; pour qui te connaît un peu....

De plus, ce qui est merveilleux, aussi parodoxal que cela puisse paraître, c'est un film qui est à certains moments, plein de vie.

Voilà en quelques mots mon impression.

D'autre part, j'ai d'autant plus apprécié le film que j'étais en Pologne an mars 2003 - et je suis allée à Auschwitz - C'est à toi que j'ai pensé lorsque j'étais sur les lieux, pleine d'émotion - Ceci je tenais à te le dire.
A bientôt Marceline.
Très affecteusement.

-----------

Pour ma part, je n'y suis jamais allé - Je ne connais donc le lieu qu'au travers des images que j'en ai vues et je me suis rendu compte en regardant le film, que ma représentation en a toujours été en noir et blanc, expressionniste et fantomatique à la fois. La couleur lui confère quelque chose de concret , "actuel", d'une redoutable réalité.

L'émotion est d'autant plus intense que le film est pudique, le ton mesuré, Anouk Aimé remarquable. Pour moi un moment de renouvellement et parfois, le sentiment d'effleurer le mystère de ce que vous avez pu vivre.

Avec toute mon amitié.