Le Rouleau de cuivre Découverte du rouleau de cuivre En 1957, une équipe de chercheurs amena en Angleterre un rouleau de cuivre découvert près du site actuel de Qumran, alors Jordanien. Cette équipe était chargée par la Jordanie, à qui appartenait le lieu de la découverte, de tenter de dérouler le rouleau et de le déchiffrer. L'équipe anglaise de spécialistes scia avec une scie de haute précision les différentes épaisseurs du rouleau soudées par le temps. Puis on procéda à la lecture dudit rouleau. L'écriture était d'un hébreu très proche de l'hébreu biblique, ce qui surpris, mais de plus le contenu n'était pas du tout conforme aux attentes de toutes ces équipes : loin de présenter des textes religieux anciens, le rouleau décrivait des "borim" des puits, et leur situation géographique précise les uns par rapport aux autres, ainsi que des séries d'objets contenus dans chaque "bor". Depuis, les recherches continuent pour essayer d'identifier
le lieu dont parle la méguila (rouleau) de cuivre, et pour authentifier
les listes qu'elle décrit : en effet, le rouleau de cuivre donnait
des longues listes de quantités d'or et d'argent. Ce cas de recherche
biblique est particulièrement significatif de la façon dont
les différentes équipes tentent de s'approprier un objet pour
servir une interprétation démontrant le bien-fondé
d'une idéologie ou d'une autre. L'école biblique de Jérusalem, qui s'était approprié les textes de Qumran pendant près de vingt ans, en n'en permettant la publication qu'avec une extrême lenteur, dans le but d'en garder la primauté et l'accès, avait interprété tous les rouleaux de Qumran comme étant ceux d'une secte chrétienne. Les chercheurs actuels, ont remis en question ces interprétations. L'école biblique chercha à démontrer
d'une part, que le texte du rouleau appartenait à la même secte
et d'autre part qu'il s'agissait d'un texte imaginaire, car il n'était
pas possible que les quantités d'argent et d'or décrites appartenaient
à une secte si petite, isolée dans le désert La version du Professeur Bruk. Le Professeur Bruk, de l'Université de Manchester, considère actuellement que les objets de valeur et les quantités d'or et d'argent décrites, ne remettent pas en question la description du rouleau de cuivre, mais bien plutôt la théorie de la secte chrétienne méditative isolée à Qumran. Selon lui, les objets décrits, ainsi que les réserves d'or et d'argent ne peuvent se justifier que si on considère que ces richesses venaient de Jérusalem, et qu'elles appartenaient au Beit Hamikdash, le Temple. Qumran n'est pas un lieu d'isolement volontaire, c'est une cachette de ces objets à l'approche des Romains et devant le danger de la chute de Jérusalem, par un groupe de personnes proches des prêtres du Temple. Du moins tel était le but des premières personnes installées à Qumran. Bruk appuie son argumentation sur le fait que le rouleau décrit une topographie précise, qu'il n'a donc rien d'imaginaire, et qu'on ne gravait pas un rouleau en cuivre s'il s'agissait d'une légende, comme l'école biblique répondait en contre-attaquant.
Il est soutenu sur ce point de vue par les recherches archéologiques
effectuées par Wendel Jones, un Américain qui s'est installé
près du lieu de fouilles pour rechercher sans relâche les grottes
décrites par le rouleau. Wendel Jones pense en effet que le rouleau
a été trouvé dans une grotte à proximité
des autres grottes dont il donne la description, et qu'il faut utiliser
le texte comme une carte. Jusqu'ici, ses recherches lui ont donné
raison, et Wendel Jones a ainsi retrouvé aux endroits décrits
des grottes qui ont effectivement servi de hangar pour abriter des pots,
des réserves d'encens -qui correspondent effectivement à ceux
brûlés dans le Temple- un rouleau d'argent, dont il est question
dans le rouleau de cuivre, et un curieux pot en terre de grande capacité
empli de cendres animales dont on pense qu'il pourrait s'agir des cendres
de la vache rousse. On connait l'importance de la vache rousse pour les
croyants puisque la vache rousse doit permettre la purification du peuple
permettant la construction du temple, alors que la préparation de
la vache rousse nécessite la purification au temple du prêtre
devant la sacrifier : la découverte de Wendel Jones permettrait de
sortir de cette impasse. Wendel Jones a fondé un centre de "Bnei Noah", (fils de Noé), c'est-à-dire les non-juifs pratiquant les mitsvots (commandements) imposés selon la Torah aux enfants de Noah et donc à toutes les nations. Il accueille chaque année des volontaires qui viennent le soutenir dans son travail de fouilles, payent leur stage d'archéologie, et s'initient à la Torah avec Wendel Jones. Wendel Jones est persuadé qu'il trouvera les grottes (borim) désignées par le rouleau, et que tout n'est qu'une question de temps. Il pense quant à lui que les objets décrits par le rouleau appartenaient aux tribus d'Israël à leur entrée dans la terre d'Israël après la sortie d'Egypte. Quoiqu'il en soit, le professeur Safraï, de l'Université de Bar Ilan, pense que la description du rouleau n'a pas sens, puisqu'il y est question de "homa" (muraille), et que Qumran ne possédant pas de murailles il s'agirait donc d'une légende (sic).
Un prêtre, Pisner, de l'école biblique de Jérusalem, soutient, lui, que le terme de "borim" est à comprendre comme mikvé, et qu'il s'agissait en fait de trous et de bains sacrés situés actuellement dans le cimetière chrétien de Jérusalem, au Mont des oliviers. Il est surprenant malgré tout, que dans cette interprétation, le scribe hébreu ait utilisé un terme pour un autre, puisque le terme de mikvé est un terme précis qui existait déjà à son époque. Pisner pense qu'un rouleau plus complet devait avoir existé, qu'il est tombé aux mains de Romains, et que ceux-ci ont déjà pillé toutes les cachettes : il n'y aurait plus rien à chercher. Emile Pouech, de l'école biblique de Jérusalem, a cherché à soutenir cette théorie en montrant, après reconstitution par radiographie et ordinateurs d'un double réel de la méguila, que le scribe faisait plus de fautes à la fin qu'au début, et que par conséquent, le rouleau de cuivre n'était qu'une copie d'un autre rouleau. L'implicite de ces deux discours revient à nier
l'existence du trésor du Temple avant tout, de nier la valeur du
rouleau de cuivre, et de voir dans l'éventuel trésor passé
un butin passé aux mains des Romains, et, qui sait, aux mains du
Vatican. Dan Baat, archéologue, pense quant à lui que le trésor du Temple se trouve dans l'une des immenses pierres de plusieurs tonnes présentes dans les fondations du Temple que l'on visite par les tunnels. Ces pierres immenses sont creuses. Il explique qu'il n'y avait aucun sens à creuser l'intérieur de ces pierres, sinon pour permettre de servir de caches en cas de danger ou d'attaque. En attendant, il est interdit à Wendel Jones, de continuer ses travaux avec des machines, sous la pression de la shmirat hateva (société de protection de la nature servant certainement dans ce cas d'écran à d'autres intérêts), poursuit ses recherches avec des cordes, des pioches et des pelles. Il a trouvé une salle où une lumière bleue l'illumine à l'aube, et qu'il interprête comme la salle "kokhelet" (bleue) du texte du rouleau. Sa découverte du rouleau d'argent mentionné par le rouleau de cuivre constitue pour lui la preuve que sa démonstration est juste. Le Professeur Bruk, de l'Université de Manchester, enseigne à ses élèves ce qu'il sait du rouleau, et continue d'espérer que d'autres recherches apporteront plus d'éléments sur notre passé. La découverte de réserves d'or et d'argent
n'est pas seulement une histoire de trésor : elle prouverait l'authenticité
de l'origine des objets et du rouleau. Prochaine information :
le rouleau d'argent |