LE CHABATH
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Parmi les fêtes du calendrier hébraïque, le Chabath occupe la place centrale, à l'instar de la branche médiane du chandelier à sept branches du Temple. Connu comme jour du repos de Dieu, comme révolution sociale au coeur même de l'antiquité et moment de rassemblement communautaire jusqu'aujourd'hui, suivons le texte biblique pour découvrir la manière dont ce rendez-vous hebdomadaire nous est présenté.
L'oeuvre du commencement
Le Chabath de Dieu
Le Chabath de la manne
Le quatrième Commandement
Construction de l'espace, construction du temps
C'est à la fin du chapitre I de la Genèse que le septième jour est mentionné pour la première fois comme Chabath de Dieu.
La traduction habituelle "repos", associée à ce mot, présente plusieurs difficultés. Tout d'abord quelle serait la nature de la fatigue de Dieu ? D'autre part si le Chabath répondait à une nécessité "existentielle" du divin, à l'image d'un sportif devant reprendre son souffle après une course, cela impliquerait que le Chabath n'aurait plus aucun sens positif intrinsèque, mais serait un acte non décidé, à la limite du pis aller. Et puis cet épuisement aurait dû entraîner une chute de la valeur du créé, or la Bible nous présente justement Adam comme l'aboutissement de tout le processus créationnel ? Certes s'il est vrai que la Bible utilise un langage anthropomorphique pour décrire l'action divine, ce vocabulaire ne peut malgré tout, en aucun cas diminuer la conception que nous nous faisons des attributs divins . Le Chabath n'est pas le repos, alors que représente-t-il ?
Le Chapitre I nous décrit la création de l'univers. Pour être plus précis, nous dirons que le début de la Genèse nous décrit la création, la réalisation et la formation du monde. En effet, trois verbes seront utilisés par la Torah pour présenter l'action divine .
Tout d'abord le verbe BaRoH. Il ne s'applique qu'à Dieu, car il désigne la création ex nihilo, en hébreu le yech méaïn . Il apparaît trois fois : au verset 1, pour la création général des cieux et de la terre, au verset 21 pour la création des grands serpents de mers et au verset 27 pour la création d'Adam .
Le deuxième verbe est ASSoH, faire. Une fois l'Être-créature apparut, Dieu fait d'autres éléments, dans la continuité du geste fondateur (l'étendue, les luminaires...).
Le dernier verbe est YaTSoR, former, façonner . Il signifie que l'Éternel organise intérieurement chaque élément (structures chimiques, physiques, physiologiques), et qu'Il définit la spécificité de chaque espèce.
Toute ces actions étendues sur six jours , constituent la trame de ce que la tradition rabbinique nomme le maassé béréchith, littéralement "l'oeuvre du commencement" ou chéchèth yémé ammaassé, les "six jours de l'oeuvre", jamais le judaïsme ne parlera des "six jours de la création". D'après ce que nous venons d'écrire plus haut, nous comprenons que la création ne fut pas étalée dans le temps, mais que tout fut concentré dans le temps t de l'origine, la création des serpents et du Adam s'inscrivant dans l'élan vital de la première parole.
Cette expression maassé béréchith est éloquente pour notre sujet. Comme nous l'avons souligné par ailleurs , le Dieu biblique est un Dieu du commencement, non un Dieu de la totalité . Ce que le Créateur va achever au bout des six jours, c'est le commencement, c'est à dire sa part d'engagement. Le monde n'est pas encore messianisé, il est historisisé, afin que l'Homme, aboutissement de cette création, puisse parachever l'entreprise divine. Le commencement appelle inéxorablement pour la conscience hébraïque, le partenariat et l'Alliance.
Ainsi donc "Dieu acheva dans le jour septième l'oeuvre qu'il avait réalisée ". L'oeuvre se dit MéLaKHaH. Ce mot possède le sens noble de construction de la réalité . Il englobe en lui différentes activités appelées AVoDoTH (sing. AVoDaH).
AVoDaH exprime en général dans la Bible, un travail physique plus ou moins intense . Ce dernier possède une valeur positive, s'il sert à aménager l'environnement humain du point de vue éthique, et négative s'il nie la fraternité. Dans sa dimension efficace le terme AVoDaH sera aussi choisi pour désigner la prière et de façon plus globale le culte , dans son caractère négatif on l'utilisera pour parler de l'esclavage (AVDouTH).
C'est au bout des six jours qu'apparaît le Chabath qui établira la conclusion volontaire du maassé béréchith. Le décor du monde est suffisamment planté et suffisamment viable , pour que Dieu arrête son activité créatrice. Chabath signifie donc "cessation". Nous en trouverons une preuve à partir de Genèse VIII/22, où l'Eternel annonce à Noé : "Encore, tous les jours de la terre, semence et moisson, froid et chaleur, été et hiver, et jour et nuit ne cesseront yichbotou".
De quelle cessation s'agit-il ? non pas de l'abandon de la terre par Dieu, mais de la non introduction de nouvelles lois dans le monde. Toute la structure physique de l'univers est établie dans ces six jours de l'origine. Le miracle de la création en se répétant donnera la nature, telle que nous la percevons par nos sens immédiats et telle que la science la connaît par ses investigations et ses théories.
La cessation divine, a pour but de garantir et de maintenir la réalité imperturbable de notre environnement. En d'autres termes, le temps de la nature, celui des générations, s'égrène et se construit dans le Chabath de Dieu.
De là, la grande question théologique du miracle qui préoccupa les penseurs juifs du Moyen-âge et de la Renaissance. Pour Maïmonide par exemple , le miracle serait en quelque sorte programmé depuis la nuit des temps, c'est lorsque les conditions de sa révélation sont réunies, qu'il apparaîtra comme loi naturelle extraordinaire. À l'opposé, pour le Maharal de Prague , les miracles de la sortie d'Egypte sont autant d'intrusion de la volonté divine dans le cours normal de l'Histoire. Quel est ici le fond de la discussion ? Eh bien pour Maïmonide, le Chabath de Dieu doit garantir de façon définitive et incontournable la liberté de l'Homme, la moindre manifestation sur-naturelle serait donc une atteinte à ce principe fondamental, Dieu ne peut profaner son Chabath, d'où la programmation des miracles. Pour le Maharal, l'intervention divine est justifiée par la miséricorde de Dieu pour le peuple opprimé, cet amour ne remet pas en cause la liberté, mais révèle que le Créateur reste vigilant quant aux évènements terrestres.
Même si nous ne voulons pas trancher, il n'en reste pas moins vrai que l'opinion maïmonidienne sera la plus justifiée car la plus importante en durée. Le Chabath de Dieu garantie d'abord la Nature.
Mais, le Chabath de Dieu possède une autre fonction corollaire. En effet à quel moment apparaît-il ? juste après la création d'Adam. Tant que Dieu façonne, aménage et ordonne le monde, Il est seul dans toute Sa puissance, la violence de son verbe n'est pas scandaleuse, car aucun existant ne se tient face à Lui. Ainsi l'univers subira jour après jour le poids des paroles divines qui martèleront et graveront la matière d'un sceau indélébile.
Avec Adam, un nouveau rapport va se mettre en place, celui de la réciprocité. Or si l'Homme devient le gardien de la création et de son parachèvement, il est nécessaire que celui-ci soit totalement libre; libre de construire ou de détruire, libre d'être croyant ou d'être athée , libre "d'être juste ou méchant" , aucune nouvelle loi ne doit perturber le libre-arbitre, ce redoutable attribut offert aux fils d'Adam. Trop Dieu signifierait moins d'Homme. Toute "la problématique divine", telle qu'elle ressort de l'analyse biblique, est de savoir comment le Créateur peut être présent pour garantir l'avenir, sans écraser sa créature . Ce sera la fixité des principes du cosmos, divins dans leur texture, qui assurera l'autonomie du sujet pensant. Si le Chabath, Dieu n'agit plus directement dans le monde physique, cela ne signifie point qu'Il se repose, encore moins qu'Il s'absente, mais qu'Il créée, dans l'espace vide de son retrait, ce qui donnera sens à Son ouvrage cosmique : la liberté.
Dès lors le Chabath de Dieu possède une dimension universelle, aussi universelle que la loi de la gravitation ou les règles de l'ADN. Pour la logique monothéiste qui proclame l'unité du Dieu-Père, l'humanité toute entière se trouve concernée par cette cessation. Si plus tard Israël est interpellé par un rituel spécifique, c'est afin de construire sa conscience religieuse dans la vigilance à l'autre, afin que l'expérience du septième jour préfigure le temps de la paix, et c'est pourquoi la formule de salut après l'office sera Chabath Chalom, Chabath de Paix. Mais dans l'absolu, chaque fois que deux hommes, deux communautés, deux peuples sont capables de vivre ensemble, sans indifférence, ni hégémonie, cela signifie que chacun a été capable de faire Chabath par rapport à l'autre , chacun a su user sagement de sa liberté. La montée des intégrismes aujourd'hui qu'ils soient religieux ou politiques devient dans cette logique, synonyme de profanation du Chabath dans sa dimension éthique, et donc aussi destructeur du monde que la radioactivité ou que la pollution atmosphérique.
Avec la proclamation du septième jour, l'Histoire sera inaugurée. Si le décor a été planté à travers les lois de l'origine, le temps dans lequel se dérouleront les épisodes humains, se confondra avec le Chabath de Dieu. Le profane de la terre se confond avec le rythme des cieux. Or si ce Chabath est béni et sanctifié par l'Eternel , c'est à dire, reconnu comme source de plus d'être et distingué pour l'élévation morale et spirituelle, cela implique que l'Histoire portera comme en miroir ces dimension transcendantes , l'idéal est au coeur de l'existence même.
Les générations vont alors se succéder, Adam et Eve, Caïn et Abel, Noé et le déluge, la Tour de Babel, les patriarches, mais le Chabath ne sera plus mentionné. Il faudra attendre la sortie d'Egypte, pour le redécouvrir le Chabath, comme l'une des premières lois données à la collectivité d'Israël.
Comment est réintroduit le Chabath dans l'histoire d'Israël ? Avec la nourriture, la manne .
En sortant d'Egypte les Hébreux vont être pris en charge économiquement par Dieu, qui fournira eau, pain et protection par les nuées de gloire. Les voici dans une sorte de bulle de bénédiction, de protection qui n'est pas sans rappeler le jardin d'Eden, où là aussi Adam et Eve n'avaient pas à se soucier de leur besoins premiers puisque le monde fonctionnait comme un "self-service" avant l'heure. Les trois obligations du travail, à savoir se nourrir, se vêtir et se loger sont ici et là, suspendus pour permettre à l'individu de se consacrer à l'aménagement de son espace intérieur. Cela ne veut pas dire que toute action soit bannie, ainsi dans le désert le peuple doit-il se déplacer pour aller chercher la manne avant de la préparer dans les casseroles et autres marmites.
Le vendredi par contre la ration de pain céleste était double , une pour le jour même et l'autre pour le Chabath. Ainsi Dieu envoie sa bénédiction au rythme du septième jour.
"Et les enfants d'Israël virent et ils dirent un homme à son frère, "qu'est-ce que c'est ?" car ils ne savaient pas ce que c'était. Et Moïse leur dit : c'est le pain que l'Eternel vous a donné en nourriture" .
Le mot "manne" n'est donc pas un substantif mais une question. Rachbam petit fils de Rachi indique d'ailleurs que ce mot signifie "quoi" en égyptien.
Idée intéressante ! La nourriture renvoie au questionnement. La semaine comme temps de productivité, de transformation du monde à travers la transformation de l'aliment est le temps de l'interrogation. interrogation technique, interrogation métaphysique. Le Chabath va devenir le jour privilégié où l'homme, détaché du labeur de production va penser une réponse possible. La tradition voit d'ailleurs une allusion à cette réponse de l'homme, à cette téchouva , dans le verset 2 du chapitre XXX du Deutéronome qui dit : "et tu reviendras (véchavta) jusqu'à l'Eternel ton Dieu", or véchavta peut aussi se lire (l'hébreu ne possédant pas de voyelles) véchabath : "et le chabath" .
La dialectique Chabath - travail exprimera la dialectique intérieur de l'homme défini comme homme du sens et comme homo faber, dynamique que nous retrouverons dans le quatrième des Dix Commandements.
"Souviens-toi du jour du Chabath pour le sanctifier. Six jours du travailleras et tu feras toute ton oeuvre. Et le septième jour, Cessation pour l'Eternel ton Dieu..." .
Parmi les six cent treize mitsvoth, le Chabath apparaît de suite, gravé sur les pierres divines.
En effet, le but de la sortie d'Egypte est d'arriver jusqu'à la terre de Canaan , pour constituer "le grand peuple" annoncé à Abraham , cette société humaine qui devra se confronter aux réalités politiques, économiques sociales, comme toutes les nations de la terre et qui devra introduire la parole divine dans tous les secteurs de ses activités. L'on comprend alors que le travail soit aussi légiférer.
On ne souligne jamais assez que le Chabath est inséparable des six jours de la semaine, et qu'entre ces deux moments se crée une dialectique incontournable. Pas de travail sans Chabath, pas de Chabath sans travail. En d'autres termes, si l'investissement dans le monde appelle un sens, le sens doit alimenter une action et ne pas rester éthéré. Le croyant monothéiste voyage ainsi entre le ciel et la terre, entre l'idée et la réalité, sans jamais basculer dans un extrême. Nous retrouvons là tout le défi de l'Hébreu, qui est celui qui passe, qui vit un mouvement permanent de la conscience, qui traverse toujours une rive pour l'autre. Sédentaire et nomade .
Construction de l'espace, construction du temps
Le contenu des travaux interdits sera explicité dans le chapitre XXXI de l'Exode . Resituons le contexte.
Au mont Sinaï Moïse ne reçoit pas que les Tables de l'alliance, l'Eternel lui demande également de prendre la responsabilité de la construction d'un Temple portatif, le michkane ou "lieu de résidence" ainsi que les accessoires, et les habits sacerdotaux (Exode XXV à XXXI/11). À la suite de cette longue description Dieu ajoute : "...cependant mes Chabath vous garderez, car c'est un signe entre moi et vous pour vos générations, afin de savoir que Je suis l'Eternel qui vous sanctifie.... Et les enfants d'Israël garderont le Chabath pour faire du Chabath une alliance pour leur génération une alliance perpétuelle...Et Il donna à Moïse quand Il eut terminé de lui parler au mont Sinaï les deux tables de témoignages, tables de pierre écrites du doigt de Dieu" (Exode XXXI 13 à 18).
Cette juxtaposition fait dire à la tradition que la construction de la Maison en l'honneur de l'Éternel, ne pouvait remettre en cause la valeur du Chabath. C'est le sens de "cependant" qui possède une valeur restrictive. Malgré l'importance du sanctuaire qui allait devenir géographiquement la centralité des tribus d'Israël, le Chabath devait resté la centralité dans le temps . Cet impératif du septième jour soulignait que la construction du Temple intérieur, celui de l'être, était bien plus supérieur à cette oeuvre architecturale qui somme toute n'était qu'une préfiguration extériorisée de ce que devait être le véritable culte du coeur . Ainsi en ne travaillant pas, les enfants d'Israël étaient sanctifiés, c'est à dire distingués pour témoigner que le monde avait un Créateur.
Du même coup tous les tâches qui servaient
à la réalisation du Michkane, devinrent prohibés. La
tradition en a compté 39 qui se répartissent en travaux pour
manger, pour s'habiller et pour se loger, plus celui qui consiste à
déplacer les objets d'un domaine privé à un domaine
public.
C'est Jean Baudrillard qui parmi nos intellectuels contemporains a mis en
évidence ce rapport ambigu de l'homme moderne aux choses. Pour lui,
à travers notre technologie moderne qui se déconnecte de l'éthique
et de ses valeurs comme l'honnêteté, la générosité,
la décence, au profit de nouvelles vertus économiques comme
l'utile, le performant, le rentable, la société de consommation
devient un espace de mélange entre le sujet et l'objet. Notre auteur
va jusqu'à remettre en cause l'analyse traditionnelle des besoins
humains, on ne consomme pas uniquement pour vivre mais aussi pour se montrer
aux yeux des autres, pour entrer en compétition avec son voisin et
se distinguer. La tradition rabbinique fidèle à la dynamique
travail - Chabath, a voulu souligner davantage la prépondérance
du sujet par une distanciation du monde de la production et par une mise
à égalité des consommateurs. Si la quatrième
Parole place le propriétaire et le serviteur sur le même plan
social, la négation de l'objet de consommation, signe de puissance
et de distinction, réduit l'écart de concurrence en ramenant
le riche et le pauvre dans l'espace chaleureux du communautaire.
Les cabalistes affirment même que le Chabath est un des noms divins, une manière de dire qu'une fois par semaine, il s'agit de redécouvrir le visage des êtres par la rencontre authentique qui est appel du nom.
Jean Baudrillard décrit le moderne comme un être disloqué, fragmenté, à l'image d'une chaîne de montage où la cohérence du tout ne peut être perçue qu'en fin de circuit. Le Chabath définit comme oth, comme "signe perpétuel", pourrait alors être l'expérience des retrouvailles de sa propre entièreté. Le mot oth est d'ailleurs éloquent pour notre pensée, car composé de la première lettre de l'alphabet hébraïque (alef), du vav, utilisé comme conjonction de coordination, et de la dernière (tav), suggérant ainsi le rassemblement du sujet éclaté. Par la loi du Mouktsé, les sages voulurent vider les objets du leur contenu sacré, de toute fétichisation des choses au profit d'une surévaluation de l'humain comme être de relation et de parole et non comme élément de production et d'exploitation.
Dans un des derniers numéros de Télérama, le rédacteur en chef suggérait à son lectorat, d'arrêter les postes de télévision pendant 24 heures, pour redécouvrir les vertus du dialogue et de la rencontre vraie. N'est-ce pas là une manière de dire le message universel du Chabath ?
L'anthropomorphisme biblique ne renvoie pas comme le pensent certains critiques,à des conceptions païennes pour lesquelles les dieux seraient des surhommes éternels au pouvoir tout puissant. Pour la logique hébraïque, ce vocabulaire a pour but de faire entendre à la masse du peuple sorti d'Egypte, la manière dont Dieu se conduit dans son immanence. "La Torah parle le langage des fils d'Adam". Mais c'est justement parce que le piège de l'humanisation de Dieu est toujours possible, que Maïmonide écrivit son Guide des égarés, afin d'évacuer toutes ses fausses idées, qui ne sont finalement que des conceptions idolâtres, pour le véritable monothéisme.
Nous nous inspirons ici du commentaire du Rabbin Obadia Sforno, exégète italien (Livourne) du XVI ème siècle.
Cf. Du temps au calendrier. Introduction.
Dieu est en quelque sorte obligé d'ajouter une énergie nouvelle pour créer ces grands spécimens marins.
Mâle et femelle ensemble.
Yotser = potier. C'est ce terme qui conviendrait le mieux pour décrire le structuralisme de Lévi Strauss, la forme permanente de toute réalité terrestre.
Yom peut signifier " jour" par rapport à la nuit ou la "journée" de 24 heures, voire mille ans comme dans le Ps XIX. La foi hébraïque n'est pas ébranlée par la datation de la terre en milliards d'années, tant que cette datation ne remet pas en cause la création et ses implications éthiques. Signalons également que Yom s'approche de yam, la mer. Pour l'Hébreu le temps qui passe ressemble à un océan dans lequel nous sommes plongés. L'écume des jours de Boris Vian trouve ici un partenaire linguistique inattendu.
Ces hommes qui parlaient. Ed Laurens. "Du commencement au parachèvement".
Quand avant de consommer certaine nourriture nous récitons : "Béni sois-Tu... qui a tout créé par ta parole", nous exprimons notre foi que tout ce qui existe ici-bas, ne se maintient que par la parole divine, à l'homme de savoir gérer le monde dans lequel il vit.
Quand dans les actions de grâce après le repas (Birkath Hamazone) nous chantons : "Béni sois-Tu Éternel qui nourrit le tout", cela signifie que Dieu offre suffisamment à manger pour chaque vivant, à condition que l'action politique permette un partage équitable des ressources.
Gn II/1.
Ce mot donne MaLaKh = l'ange, mais que l'Hébreu entend comme un être participant à la réalisation de l'oeuvre divine, une sorte de chargé de mission. Le dernier prophète ce nomme Malachie, de la même racine.
C'est pourquoi il n'est jamais utilisé pour Dieu.
D'où la notion d'effort liée à la prière.
Deut. VI et cf. nos articles pour "Coup double pour l'emploi".
C'est le sens de l'expression "Dieu vit que cela était bon" selon l'exégète Rabbi Samuel Ben Méir Rachbam, de Roue (.XI ème siècle) petit fils de Rachi.
Le miracle est défini comme une loi nouvelle introduite par Dieu.
Pour plus d'approfondissement consulter : Charles Touati Prophètes, talmudistes, philosophes. Ed Cerf. Maurice Ruben Hayoun Maïmonide et la pensée juive. Ed. PUF, & Maharal de Prague Les hauts de l'Éternel. "Introduction". Trad. E. Gourévitch. Ed. Cerf.
Rabbi Yéhouda Loeb ben Bétsalel (1512 - 1609).
Nous avons l'habitude de dire "Quand Dieu se révèle aux hommes Il doit s'excuser auprès des athées".
D'après le traité Nidda 30b. "Avant que l'âme ne descende dans le foetus, on lui fait jurer sois juste et non méchant".
Nous avons abordé cette question dans Ces Hommes qui parlaient. Ed Laurens. "Moïse l''Homme du Nom" p 90, & "De Pessah à Pourim" p 214 à 217.
Remarquons que les deux récits historiques qui suivent la création du Chabath sont "Adam et Eve" et "Caïn et Abel", or ces deux épisodes sont décrits comme des échecs, car il y a chez les protagonistes une volonté d'hégémonie sur l'environnement, et finalement le refus de l'esprit du Chabath.
Gn II / 3.
Le verbe B.R.KH = bénir est formé de trois lettres liées au 2. Beth = 2. Rech = 200. Kaf = 20. La bénédiction est le plus.
Sanctifier signifie distinguer. Cf. notre étude "Les trois états de la métaphysique".
À "la raison dans l'Histoire" d'Hégel, l'Hébreu dira Il y a du Chabath dans l'Histoire qui annonce une possibilité de progrès de l'Humanité dans l'exercice d'une liberté morale.
Cf Exode XV/ 25 et Rachi " ...Dieu leur donna les lois du Chabath, de la vache rousse et quelques lois civiles". Un midrach enseigne également que Moïse introduisit la Chabath en Egypte pour le repos des Hébreux.
Cf. Introduction.
Exode XVI.
C'est pourquoi deux pains seront posée sur la table du Chabath à chaque repas.
Exode XVI / 15.
Rabbi Chmouel ben Méir (XII ème siècle) Rouen.
Cf. notre ouvrage Ces Hommes qui parlaient. "les deux premières questions". Ed Laurens.
Les versets du Deutéronome parlent du retour vers Dieu, et du retour d'Israël vers sa terre. Au niveau collectif, le retour dans le pays des ancêtres annonce pour la conscience religieuse, le Chabath du monde, les temps messianiques.
Exode XX/ 8 à 11. Pour la différence entre les premières tables et les secondes, nous renvoyons le lecteur à notre ouvrage op.cit "Le sage supérieur au prophète".
Exode IV "Je vous délivrerai... et Je vous amènerais vers la terre jurée à Abraham".
Genèse XII/ 2.
Cf. Claude Riveline Petit traité pour expliquer le judaïsme au non Juif. Ed ACIP. 1997.
Rachi sur Exode XXXI/13 : "Et bien que je t'ai demandé de leur ordonner de réaliser le sanctuaire, ne considère pas le Chabath comme léger à tes yeux en raison de cette oeuvre".
Traité Chabath 114b : "Rav Aha enseigne : Comment savons nous que c'est la Torah qui nous demande de changer de vêtements pour Chabath, car il est dit Puis il (le prêtre) quittera ses habits et en mettra d'autres. Ce texte montre bien, à partir de l'exemple du prêtre, que dans l'esprit de la tradition juive le Chabath est un Temple dans le temps.
Exode XXV/8 : "Ils me feront un sanctuaire et Je résiderai à l'intérieur d'eux", c'est à dire dans le coeur de chacun.
Le sociologue Jean Baudrillard est l'auteur de plusieurs ouvrages dont Le systèmes des objets, L'échange symbolique et la mort ou Pour une critique de l'économie politique et des signes. Les lignes ci- dessus sont un résumé d'une étude réalisée pour Le Rassembleur du 29/11/91.
LE CHABATH PAR PHILIPPE HADDAD 01 44 07 28 92
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Philippe Haddad