COURS N° 4.

LES ELEMENTS (KELIM) DE LA SYNAGOGUE.

 
À partir de la fin de la période talmudique (VIIIème siècle), suite aux longues discussions des maîtres, la synagogue va prendre un cachet définitif, non pas dans son architecture qui restera toujours liée à la culture ambiante, mais quant à ces éléments fondamentaux.
Ainsi nous retrouvons toujours des éléments fixes que nous allons présenter.
ARCHE SAINTE Arone akodéche. Cette armoire qui se trouve au fond de la synagogue contient un ou plusieurs rouleaux de Torah. Elle oriente la synagogue vers Israël. Elle est fermée par des portes et des rideaux (parokheth) qui rappellent la double fermeture de l'Arche Sainte du sanctuaire du désert(1)
ESTRADE Tévah. C'est sur elle que se trouvent le rabbin, le chantre (hazan) et parfois des responsables communautaires. Dans les synagogues achkénazes (occidentales), la tévah se trouve au fond devant l'Arche Sainte. Dans les synagogues sépharades (espagnoles, orientales) cette tévah se trouve au centre.
LUMIERE PERPÉTUELLE Ner Tamid. Cette veilleuse à huile qui peut être aussi électrique rappelle le candélabre à sept branches (ménorah) du Temple qui devait brûler en permanence. Cette flamme symbolise la pérennité de la Torah.
ESPACE DES FEMMES.Ezrath Nachim. La prière juive exige une séparation des sexes pour une meilleure concentration. L'espace des dames peut se trouver derrière ou le plus souvent au dessus sur des balcons, à l'instar de ce qui existait au Temple de Jérusalem.
TABLEAU DU SOUVENIR. Louah Hazikarone. Ce sont de grandes plaques accrochées aux murs de la synagogue et qui portent le noms des défunts de la communauté. Dans sa formule moderne ces plaques possèdent de petites lampes électriques au dessus des noms.
CHAMBRES D'HÔTES. Certaines synagogues anciennes possèdent une ou plusieurs chambres. Elle servaient pour des juifs de passage qui utilisaient la synagogue comme hôtel communautaire. C'est pour eux que l'on récitait le kiddouch le vendredi soir après l'office afin qu'ils soient acquittés de leur devoir de témoigner de la valeur du Chabath.
Bien qu'actuellement ce genre de structures d'accueil aient disparu, l'étranger de passage étant invité dans une famille, dans beaucoup de synagogues l'on continue de réciter le kiddouch le vendredi soir, sans connaître l'origine de cette coutume. en fait d'un point de vue halahique ce kiddouch n'a pas de valeur puisque nous sommes obligés de le réciter de nouveau à la maison mais il permet toutefois de le faire entendre à ceux qui de toute façon ne le ferai pas chez eux (2)
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(1) Exode XXVI 33
(2) Talmud Pessahim 101a et responsa "Yehavé daath" I 16