LA MASSORAH
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- Massorah et Quaballah
- Il existe deux termes pour parler de la tradition orale,
la Massorah et la Quaballah. Le premier terme désigne
l'action de donner un enseignement aux élèves, alors que
le second met l'accent sur l'acceptation de cet enseignement par l'auditoire.
En fait un enseignement réussi doit mettre en relation ces deux
modalités, une pédagogie réfléchie au service
du questionnement des nouvelles générations. Ce n'est qu'à
partir du douzième siècle que le mot Kabbalah (1)
fut utilisé pour désigner la tradition ésotérique,
la Kabbale.
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- Le Travail des Scribes.
- Nous lisons dans le Talmud (2), l'enseignement suivant
:
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- &laqno;Si les premiers docteurs furent appelés
Sofrim (compteurs), c'est parce qu'ils ont compté toutes
les lettres de la Torah. Ainsi ont-ils dit : le Vaw du mot Gahone
(Lévitique XI,42) forme le milieu des lettres du Pentateuque. L'expression
daroch darach (ib. X,16) constitue le milieu des mots. Véitgalah
(ib. XIII,3), le milieu des versets. La lettre ayin de méyaar
(Ps. LXXX,14) constitue le milieu du Psautier (quant au nombre de lettres).
Le verset véhou rahoum (ib. LXXVIII,38) en est le
verset médian».
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- Qu'est-ce que la Massorah dans ce cas et quel fut le
rôle de ces rabbins ? Ils ont compté minutieusement et pieusement
le nombre de versets, de mots, de lettres dont se compose chaque livre
de la Bible (Tanakh); le nombre de fois que chaque lettre, que telle construction,
telle particularité graphique s'y réfèrent. Ils ont
localisé la lettre, le mot ou le verset qui occupait la place central.
D'autre part, ils ont noté avec une extrême exactitude les
phénomènes grammaticaux et orthographiques des livres de
la tradition écrite, eu égard aux lettres, aux voyelles,
aux accents toniques ou cantilatoires, enregistrant avec une grande vigilance
chaque anomalie scripturaire, sans pour autant en rechercher les causes
et les motifs.
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- (1) Le mot Kabbalah désigne aussi dans le Talmud,
la tradition prophétique.
- (2) Traité Kidouchin 30a. Cf. aussi
Traité de Jérusalem Chéqualim V.1 : &laqno;D'où
vient le nom de Sofrim ? De ce qu'ils ont fait des comptes (séfouroth)
avec la Torah».
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