Paracha Chémini
- La paracha Chémini contient les règles
de la cacherouth. "Voici les animaux que vous mangerez et ceux que
vous ne mangerez pas". Règles difficiles à comprendre,
car aucune raison historique ou sociale n'est avancée pour justifier
ces lois. La seule réponse convenable est celle du croyant qui accepte
la volonté de Dieu qui est là l'origine de ce régime
&laqno;diét-éthique». A défaut de pouvoir expliquer
pourquoi seuls les ruminants à sabots fendus sont licites, réfléchissons
à la place de la viande dans le contexte biblique.
- A l'origine l'homme est végétarien. Adam
ne peut consommer que l'herbe des champs et les fruits des arbres. Après
la faute, il reste dans cette catégorie de mangeur, mais il doit
produire "le pain et la sueur de son front."
- C'est après le déluge que Dieu va autoriser
la consommation de la viande, mais à une condition : ne pas arracher
le membre d'un animal vivant. Seul l'animal complètement mort pourra
être dépecé et découpé. On sait que le
déluge fut provoquer par la méchanceté des hommes
, devenus de véritables barbares. Dieu préfère des
carnivores qui se respectent que des végétariens qui s'entre-dévorent.
- A travers la consommation de la viande l'individu va
canaliser sa pulsion de mort. En s'interdisant d'arracher le membre de
la bête encore vivante, le sujet apprend à se conduire vis-à-vis
d'autrui. "Dis-moi comment tu manges, je te dirai qui tu es".
- Pourtant les hommes continueront à se faire la
guerre, à se détruire. L'Egypte va devenir l'archétype
d'un pouvoir despotique où l'esclave n'est qu'un élément
anonyme sans valeur.
- Sortir d'Egypte signifie sortir de la barbarie. Dieu
va intervenir, le mal ne peut triompher. La dernier plaie sera tragique,
la mort frappera tous les nouveaux-nés égyptiens. Mais Israël
doit se préparer à sa libération. Il doit sacrifier
l'agneau pascal et badigeonner les linteaux de sang. "Ce sang sera
pour vous un signe» dit le verset. Comment expliquer ce commandement
?
- Israël ne doit pas se venger. Se défendre
oui, juger oui, se venger non. Ici on ne frappe pas les bourreaux, c'est
Dieu dans l'histoire qui s'en occupera.Mais ce désir de vengeance
est possible et compréhensible ? Pour canaliser la violence on choisira
un substitut de l'Egypte : l'agneau.
- Et que fera-t-on du sang ? On le placera sur les linteaux.
Curieuse attitude qui rompt avec la loi qui demande de recouvrir le sang.
Mais là encore il s'agit de diriger le désir de violence.
Le sang de l'agneau et non le sang de l'homme !
- Dans le grand voyage qui mènera Israël du
pays de Pharaon au Sinaï, une ascension doit se réaliser (c'est
le temps du Omer), elle consiste à quitter la barbarie pour s'approcher
de Dieu. Finalement en disant à Israël voici les animaux que
vous mangerez, le législateur divin dit en substance, voici comment
vous deviendrez des hommes.
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- Les tribulations de tata Ginette
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- Tata Ginette : Pardon Monsieur l'agent, le trottoir d'en face c'est
bien ici ?
- L'agent : Ah non c'est en face madame.
- Tata Ginette : Ah ! mais en face on m'a dit que c'était ici
Paracha Emor
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- La paracha de la semaine est lue pendant les fêtes.
Le thème qui y est développé est celui des moadim,
traduit par &laqno;solennités», mais qu'il faut entendre comme
&laqno;rendez-vous».
- Qu'est-ce qu'un rendez-vous ? Une rencontre acceptée
par deux protagonistes, le contraire de la surprise, de l'irruption immédiate
dans l'univers mental de l'autre, de l'improviste. Entre la fixation de
la date et la rencontre effective, du temps s'écoulera, qui obligera
à une certaine préparation ( organisation de dossiers pour
une rencontre professionnelle, ou choix de son plus beau vêtement
pour un rendez-vous amoureux).
- Dans la Bible, le moed répond à
la même logique, un face à face entre Dieu et l'homme, ou
l'homme et Dieu. Le double sens d'écriture possède ici son
importance, car comme le croyant invoque l'Eternel, ainsi &laqno;Dieu est
en quête de l'homme».
- Ce temps est celui du partage, souligné par la
formule lacunaire du Talmud : &laqno;la moitié (du jour) pour Dieu,
la moitié pour vous». Nous sommes là au cur du message
biblique. Ni le Créateur n'anesthésie la liberté de
l'individu, ni le sujet ne se prend pour la totalité. Toute fête
(chabath ou de pèlerinage) implique donc la conscience de l'altérité.
Mais cette mémoire religieuse ne doit pas annuler nos devoirs de
fraternité.
- Ces rendez-vous ne sont pas en effet des moments de jouissances
spirituelles égoïstes, mais également des moments de
vigilance au manque du prochain.
- Ainsi, au bon milieu de la paracha qui traite exclusivement
de devoirs religieux surgit cet impératif, comme la flamme divine
au coeur du buisson, &laqno; lorsque tu moissonneras... tu abandonneras
(la glanure) au pauvre et à l'étranger». Expression
ramassé, mais qui à l'image des yod éclatés
de Moretti, donne à penser une vision centrifuge plus que centripète
plus que centripète de notre ritualisme.
- À l'époque du Temple, le sanctuaire était
le lieu de la reconstruction de l'unité nationale, aujourd'hui la
synagogue véhicule cette notion au niveau communautaire. Rendez-vous
avec Dieu, rendez-vous avec l'autre, vouloir créer des clivages
ou des niveaux d'appréciation serait tout bonnement incohérent
devant le Texte.
- Jamais deux sans trois dit-on, ce dicton pourrait être
notre manière de regarder le monde. Au religieux de réflechir
en termes d'ouverture humaniste, au laïc de croire que spiritualité
ne rime pas toujours avec fanatisme.
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Béhar Béhoukotaï
- Nous terminons cette semaine le Vayikra, Lévitique,
littéralement "Il (Dieu) appela".
- Tout le livre se situe dans cet appel de l'Eternel à
Moïse, et à travers lui à tout Israël, la royauté
de prêtres pour l'humanité toute entière. Dieu appelle,
interpelle tous les hommes afin qu'ils terminent la construction du monde
selon l'ordre moral voulu par le Créateur.
- Les derniers chapitres sont durs, très durs et
mentionnent les catastrophes qui pourraient s'abattre sur Israël,
si celui- ci refusait d'assumer son rôle pleinement. Ou bien Israël
se place sous la protection divine, ou bien il préfère se
soummettre au déterminisme (kéri) de l'Histoire, avec le
risque d'être englouti comme les autres civilisations oublieuses
de la Parole Divine.
- Mais ces propos rigoureux, soulignent aussi notre responsabilité.
Dieu nous attend, il peut tout casser, mais il ne peut rien sans nous.
- La colère de Dieu trahit Sa propre faiblesse,
et rappelle notre grandeur, nous sommes aussi les bâtisseurs du monde.
- Lecture biblique de tata Ginette
- Eve : Passe moi la brosse Adam ! (elle devait avoir une
dent contre lui)
- Adam : Je crois qu'on va avoir des pépins !
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