QUESTION Quelle est la signification de la sonnerie du Choffar ? Le soir de Yom Kippour, après quelle prière doit-on le sonner ? Albert Guedj (Antibes).
REPONSE Le Torah ne donne pas aucune raison aux sonneries du Choffar. Elle annonce simplement que Roch Hachana ("tête de l'année") est appelé "jour de sonnerie". Mais en lisant la Bible nous voyons que la corne de bélier servait à marquer un événement grandiose (ex : le don des Dix commandements) ou à préparer le peuple pour le combat (ex : la prise de Jéricho). Il y a donc pour Roch Hachana une allusion au rassemblement communautaire pour lutter contre l'ennemi permanent : le mauvais penchant. Maïmonide explique que cette corne retentissant dans les synagogues aura pour effet de réveiller les consciences endormies vers le service divin. Et quel meilleur jour choisir que le Nouvel An qui est le jour du jugement et le temps du bilan moral et spirituel ? La corne de bélier évoque également la ligature d'Isaac ("akédat itshak") qui eut lieu ce jour là et rappelle le saut prodigieux du monothéisme éthique d'Abraham abandonnant définitivement le sacrifice humain pour le sacrifice animal. Enfin les sons saccadés du choffar rappellent les sanglots du repentant (baal téchouva) qui regrette sincèrement ses égarements et décident de recommencer l'année sur de bonnes bases. En ce qui concerne kippour, l'on sonnera après la Néila et avant Arvith (Maariv), c'est à dire au moment où "les dix jours de repentir" seront totalement achevés. Question Kippour signifie-t-il "pardon ou "grand pardon" ? (Yannick Guedj. Les Ulis) Réponse La Torah utilise soit le terme "Yom kippour" qui signifie "Jour de l'expiation" ou "Yom hakippourim" "Jour des expiations". "Le grand pardon" n'est jamais mentionné dans la Torah, car il n'existe ni grand ni petit pardon, mais un pardon sincère et total. Nous avons là une déformation de traduction comme il en existe malheureusement souvent. |