Question : A-t-on le droit de posséder une télévision à la maison ou est-ce Aboda zarah (idolâtrie), n'est-ca pas une perte de temps ? Est-il vrai que les tunisiens montent au cimétière le troisième jour après l'enterrement ? H. Zana (Toulouse) Réponse : Pour répondre à la question j'évoquerai "l'arbre de la connaissance du bien et du mal" dont il est question au début de la Genèse. Sans entrer dans une étude exégétique poussée et en optant pour une lecture symbolique, cet arbre représente l'expérience de toute vie humaine où le bien et le mal sont en permanence mélangés. C'est l'homme dans l'exercice de sa liberté qui peut sur le plan moral, orienter soit dans un sens positif soit dans un sens négatif les évènements ou les objets du monde. La technologie n'est pas mauvaise en soi. Au contraire elle traduit la bénédiction divine qui s'adresse à tous les fils d'Adam pour conquérir la terre (à attendre dans le sens d'une bonne gestion). Ce n'est pas parce que la Bible dit "tu mangeras ton pain à la sueur de ton front", qu'il faille se rendre à son travail à pied, refuser l'ascenseur ou jeter son ordinateur pour mieux peiner sur un problème. Ainsi la télévision, comme le téléphone ou le fax, est un outil de communication. Ce qui est mauvais n'est pas la boîte, mais ce qui peut s'y trouver. La violence, le sexe, sont sans aucun doute des formes d'idolâtrie moderne qui renvoie au culte de Mars, de Vénus ou du Baal. Mais la télévision possède aussi des bons côtés, comme les émissions de J. Einsenberg, les actualités, les bons films...Aujourd'hui des grands maîtres et des grands rabbins, qui ont compris que nous vivons au XXème siècle, utilisent la vidéo pour transmettre leurs enseignements "presqu'en direct". Un ciné-club communautaire, un film porteur d'un message universel peuvent constituer des éléments d'un programme culturel. Aux responsables, aux parents de savoir jeter l'écorce pour prendre le fruit. Quant à l'argument de la perte de temps (bitoul zemane), l'on peut répondre par ce verset des Psaumes "Je suis devenu sage par tous mes enseignants". La vie est un livre d'étude, il existe des rencontres aussi enrichissantes que des pages de talmud, même si ces rencontres se font devant un écran. En ce qui concerne la montée au cimetière, bien que la halakha demande de monter le septième jour après l'enterrement, dans certaines communautés tunisiennes on monte aussi le troisième jour. Il n'y a pas lieu de remettre en cause ces coutumes ancestrales. |