| Voici une courte réflexion
matinale avant mon départ vers Israel
- Chère Claudine,
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- Chacun doit parler aux siens pour
parler au monde, à part quelques grands artistes et écrivains qui doivent d'abord s'adresser au
monde pour pouvoir rejoindre
les leurs... Je rends grâce à tous ces jardins que j'ai
traversés, à tous ces pays
dont j'ai épousé la langue et la cause -- pour
me ramener à moi même et
à la terre qui me revient... non pour m'y "enraciner" mais pour décoller encore -- comme
si pour naître il fallait un sol à l'écriture, alors que le théâtre
perpétue l'exil pour l'errance de la représentation...
- Le théâtre est un rapport
à la distance et à la territorialité physique --
- l'écriture est un théâtre
intime dont l'espace se métamorphose en une
- épaiseur de temps...et le temps
gagne l'écriture que si un souffle plus vaste que l'instant l'achemine. Toute écriture est une
nostalgie de
- l'origine et de son éternité...
- ll y a des poèmes que je laisse
dormir, une deux et trois années....avant de les reprendre -- c'est
au passage de l'oubli que l'émotion prend sa présence...
- Nous ne travaillons pas "avec"
notre mémoire c'est elle qui nous
- travaille... c'est elle qui transforme
un souvenir en métaphore, un
- personnage n'éxiste pas en
soi, il se confond à plusieurs êtres qui l'ont inspiré
et c'est cette texture multiple et neuve qui donne à notre vie la
sensation d'un récit unique... C'est de ce travail intime que s'élève
l'universalité, dans le giron alchimique de notre réparation
intérieure...
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- Chalom du coeur
- Serge Ouaknine
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peinture Serge Ouaknine

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