Les fondateurs du révisionnisme
Paul Rassinier
Henri Rocques
La thèse de Roques
Faurisson
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L'historien Henri Roques, qui conteste
l'existence des chambres à gaz, au centre d'une nouvelle procédure
judiciaire,
où l'on reparle du révisionnisme
-
- Qui sont les tenants de cette thèse inadmissible ?
Que veulent-ils ?
Quelle est leur audience dans le public ?
- Marc Knobel un spécialiste de la question répond à ces
questions.
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- Henri Rocques fait de nouveau
parler de lui. Le 14 mai 1990, alors même
- que des dizaines de milliers de personnes manifestaient
à Paris pour
- prostester contre la profanation du cimetière
juif de Carpentras,
- l'historien réviosionniste a, en effet, procédé
au dépôt légal, à la
- préfecture des Hauts de Seine, du premier numéro
d'une Revue d'histoire
- révisionniste, dont le siège est à
Colombes. Directeur de cette
- publication : Henri Roques lui-même, auteur
d'une thèse d'université,
- soutenue à Nantes en 1985 puis annulée
en 1986, niant l 'existence des
- chambres à gaz. Mercredi, la fédération
des Hauts de Seine du Parti
- socialiste a alors saisi le procureur de la République
de Nanterre, " afin
- qu'il fasse appliquer la loi réprimant l'incitation
à la haine raciale,
- l'apologie des crimes de guerre et des crimes contre
l'humanité ". Cette
- procédure intervient quelques jours après
la décision du conseil
- d'administration de l'université Lyon III de demander
la suspension de
- Bernard Notin, maître de conférence, auteur
d'un article récent niant
- également l'existence des chambres à gaz.
Questions : Que veulent les
- révisionnistes ? Qui sont-ils donc ?
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- Le père du négationnisme
français se nomme Paul Rassinier, Instituteur, puis professeur d'histoire
et de géographie dans un CEG. Rassinier fut
- communiste, puis socialiste et résistant pendant
1'Occupation. En 1943, il
- est arrêté et déporté au camp
de concentration de Buchenwald, puis à Dora,
- d'où il revient en 1945.
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- Elu en 1946 député socialiste du Doubs.
Paul Rassinier commence à écrire sur la déportation,
et fait paraître Le Mensonge d'Ulysse. Dans cet ouvrage,
- Paul Rassinier témoigne de ce qu'il a vécu
et ne nie pas les souffrances des
- victimes. Par contre, il entend dénoncer " 1'exagération "
des récits des
- rescapés et, finalement, en arrive à dédouaner
les nazis de leur culpabilité
- dans la mise en place de l'univers du camp de concentration.
En somme, Pau1
- Rassinier, par une sorte de " syndrome de Stockholm
", avant la lettre,
- semble s'identifier avec son tortionnaire plutôt
qu'avec les autres
- victimes.
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- En 1962, enfin, Paul Rassinier met en doute l'existence
des chambres à gaz.
- Rassinier n'a cependant pas connu de son vivant la " gloire
" et son
- audience n'a guère dépassé un public
traditionnel d'extrême droite.
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- A la veille de sa mort, en 1967, Rassinier se désole
de ne pas compter de
- jeunes continuateurs. Pourtant, le relais est d'ores
et déjà pris.
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- Celui qui lui succède est un universitaire, Robert
Faurisson.
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- Les soutiens de Faurisson
-
- Robert Faurisson, maître de conférences
dans une université, pouvait
- faire illusion, à la fin des années 70.
Son domaine est la littérature, et
- sa spécialité la critique de textes.
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- Entre autres, ceux de Louis-Ferdinand Céline.
Dès sa nomination à
- 1'université de Lyon-ll, en 1974, Robert Faurisson
exploite le titre de
- professeur pour provoquer, mais en vain, un débat
de presse sur le " mythe
- des chambres à gaz hiltériennes ".
En 1978, il réussit enfin à se faire
- publier, .et fait paraître, dans le quotidien Le
Monde, un article intitulé
- : " Le problème des chambres à
gaz ou la rumeur d'Auschwitz ".
-
- Cet article est assorti d'un contre-article de Georges
Wellers, maître de
- recherches honoraire au CNRS, " Abondance de
preuves ". Ce premier échange d'arguments est suivi d'une
nouvelle lettre de Robert Faurisson parue dansLe Monde daté du 16
Janvier 1979 sous le titre : " La rumeur d'Auschwitz
- (suite)". et à laquelle répond à
nouveau Georges Wellers le 21 Février :
- " Un roman inspiré ". Wellers
montre le caractère abusif de la thèse de
- Faurisson, qui a écarté délibérément
plusieurs documents;.- et son
- incompétence sur le problème de l'usage
de l'acide cyanhydrique (" Zyklon B").
- Cela étant, et dans la polémique qui s'ensuivit,
Faurisson réussit à
- conquérir une sorte de notoriété
" d'historien négationniste " et se
- trouve entouré de divers soutiens. Ceux d'extrême
droite ne surprennent pas
- vraiment. Par contre, ceux d'une fraction de l'extrême
gauche peuvent
- étonner.
-
- Un groupe issu de l'ultragauche 1ibertaire, autour de
Pierre Guillaume et de
- Serge Thion, s'engage dans le soutien à Faurisson.
Les motivations de ces
- gens sont de plusieurs ordres : l'envie de s'élever
contre une .
- " historiographie officielle, le désir
de lutter contre le système
- capitaliste, une grande hostilité à l'encontre
de 1'Etat d'lsraël, fondé,
- selon eux, sur l'imposture...A 1'émission d'lvan
Levaï du 17 décembre 1980
- sur Europe 1, Faurisson donne à sa thèse
l'expression la plus antisémite qui
- soit : " Les prétendues chambres à
gaz hitlériennes et le prétendu génocide
- juif ne sont qu'un même et seul mensonge historique
qui a permis une
- gigantesque escroquerie politico-financière dont
les principaux
- bénéficiaires sont 1'Etat d'lsraël,
le sionisme international, et les
- principales victimes le peuple allemand et le peuple
- palestinien ",.déclare-t-il.
-
- En définitive. le juif, c'est désormais,
dans 1'esprit de Faurisson, le
- peuple allemand et le peuple pestinien !
-
- Au même moment se forme une constellation autour
de la maison d'édition La Vieille Taupe, avec Pierre Guillaume et
Serge Thion, avec l'intellectuel
- juif américain Noam Chomsky - qui démentira
ensuite - , au nom de la
- sacrosainte liberté d'expression, Gabriel Cohn-Bendit
(frère de Dany),
- d'Eric Delcroix. avocat de Marc Fredriksen. le " führer "
français, et de
- quelques autres.
-
- La Vieille Taupe va pouvoir fonctionner et développer
désormais une activité
- centrée sur le négationnisme et l'antisémitisme.
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- La thèse de Roques
-
- Néanmoins, Il manquait une thèse universitaire
à l'ensemble. Un ingénieur
- français qui avait occupé de 1955 à
1958 les fonctions de secrétaire général
- de la Phalange française - du nom de Henri Roques
s'y attaqua.
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- Henri Roques, un autre spécialiste de la critique
de textes, présente à
- l'université de Nantes (faculté des lettres),
pour l'obtention du titre de
- docteur d'université, le 15 juin 1986, un texte
portant ce titre anodin :
- Les confessions de Kurf Gerstein. Etude comparative des
différentes
- versions.
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- La thèse de Roques entend remettre en cause " la
valeur jusqu'ici attribuée
- aux confessions d'un SS, Kurt Gerstein ", qui
avait rédigé une relation sur
- ses visites des campa d'extermination en Pologne.
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- La soutenance de cette thèse avait d'abord été
refuse à l'université de
- Paris-IV. Elle avait été finalement acceptée
par un jury de l'université de
- Nantes, et avait été soutenue dans le département
de français sous la
- responsabilité d'un spécialiste de provencal
médiéval. Le 5 juin 1986, elle
- fut finalement annulée par le ministre de 1'Education
de 1'époque, Alain
- Devaquet.
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- Mis en échec à Nantes, les tenants du révisionnisme
allaient opérer, à
- 1'occasion de l'ouverture du procès Barbie, une
autre tentative en publiant,
- sans mentionner d'éditeur, le no1 d'une revue
au titre impressionnant pour
- le lecteur non initié : Annales d'histoire révisionniste,
revue entendant
- traiter, selon l'indication en bas de page de couverture,
- " d'historiographie et de société ".
Cette revue n'obtint cependant pas le
- succès escompté.
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- Depuis, d'autres " tristes sires "
ont fait leur apparition : les
- post-révisionnistes... Cette " théorie "
consiste, selon Olivier Mathieu,
- l'un de ses représentants, à tirer les
conclusions " idéologiques " du
- travail de Faurisson et à le dépasser,
c'est à dire réveiller la conscience
- du " peuple européen qui croit aux mensonges
qu'on raconte sur la
- national-socialisme ".
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- Marc KNOBEL
- LE FIGARO 25 MAI 1990
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