Les
parachots du Rabbin Philippe Haddad
Ecoutez les parachots cantilées par Benjamin Houzi.
La paracha de la semaine qui clôture le livre de la Genèse, se nomme "Vayehi" qui signifie "il (Jacob) vécut". Or c'est dans ces chapitres que la Bible nous présente les derniers jours du troisième patriarche. Quelques semaines auparavant la paracha de Hayé Sarah, "la vie de Sarah" nous décrivait les démarches d'Abraham pour acheter la caverne de Mahpéla et y enterrer sa chère épouse.
Dans les deux cas, le nom de la paracha renvoie à la vie, alors qu'elle nous présente la mort. Paradoxe superficiel, qui nous apprend que d'une certaine manière la mort inévitable et incontournable peut être dépassée, par le défi relevé par ceux qui restent vivants.
Ainsi après avoir enterré Sarah, Abraham pense au mariage d'Isaac, ainsi avant de quitter ce monde Jacob pense à l'unité familiale qui garantira la survie des Hébreux pendant le dur exil qui s'annonçait.
Quelques soient les avatars et les difficultés de l'existence, quelques soient les douleurs qui nous touchent, le regard ne peut, ne doit jamais rester figé vers le passé. C'est ce qu'enseignait l'Eternel à Caïn :"Pourquoi ton visage est-il tombé ?". Dans le long chemin de l'évolution créatrice, l'Homme s'est finalement redressé pour regarder loin devant lui.
La réussite communautaire sera liée à notre capacité de choisir la vie...
La paracha de la semaine (Bo) nous relate l'épisode de la sortie d'Egypte. Celle-ci fut précédée par les 10 plaies qui révèlèrent la toute puissance de Dieu sur les forces de la nature.
Le mot Ness possède plusieurs sens en hébreu : il désigne le miracle, mais aussi l'étendard et l'épreuve. Si la langue hébraïque est pauvre en vocabulaire, elle est riche par les sens qu'elle véhicule. Quel lien peut-il donc exister entre tous ses termes ?
L'épreuve, quelle soit morale, spirituelle, intelectuelle ou physique, représente le dépassement de ses propres limites. L'épreuve ne consiste pas tant à réaliser l'impossible qu'à accomplir l'extraordinaire. Un examen réussie signifie que nous avions plus de force que nous l'imaginions. Cette victoire sur nous-mêmes deviendra notre étendard.
C'est là le miracle que l'homme peut réaliser. De la même manière que Dieu dépasse sa transcendance pour agir dans le monde immanent, ainsi l'individu est-il capable de quitter sa propre nature limitée pour réaliser l'exploit moral, intellectuel ou physique.
Chaque fois que Dieu fait des miracles c'est pour rappeler que l'homme peut lui aussi réaliser l'acte surnaturel par excellence : le respect et l'amour du prochain. Mais le pharaon resta sourd à la leçon.
Le juif dit : "le Salut vient de la loi"
Le chrétien dit : "Le Salut vient de la foi"
Tata Ginette dit :"l'odeur vient des boulettes"
Tata Ginette a assisté cette semaine à un congrès sur l'éducation et sa réforme en France. Nous lui avons demandé de résumer ce qu'elle avait retenu.
Evolution du problème mathématique.
En 1960
Un paysan vend un sac de pommes de terre pour 100 francs. Ses frais de production s'élèvent au 4/5 du prix de vente. Quel est son bénéfice ?
Enseignement corrigé de 1968
Un peizan kapitalist privilégié sanrichi injustement de 20 balles sur un sac de patate. analyz les tesk et recherche les fautes d'otografe, de gramère, de pnctuaçion et ensuite di se que tu pense de cet maniaire d'esploité çé ouvrier.
Enseignement traditionnel en 1970
Un paysan vend un sac de pommes de terre pour 100 francs.
Ses frais de production s'élèvent à 4/5 du prix de
vente, soit 80frs.
Quel est son bénéfice ?
Enseignement moderne en 1970
Un paysan échange un ensemble P de pommes de terre contre un ensemble M de pièces de monnaie. Le cardinal de l'ensemble M est égal à 100 et chaque élément de PMF vaut 1 franc. Dessine 100 gros points représentant les éléments de l'ensemble M. L'ensemble F des frais de production comprend 20 gros points de moins que l'ensemble M. Représente l'ensemble F comme sous-ensemble de l'ensemble M et donne la réponse à la question suivante : Quel est le cardinal de l'ensemble B des bénéfices (à dessiner en vert) ?
Enseignement renové de 1980
Un paysan vend un sac de pommes de terre pour 100 francs.
Ses frais de production s'élèvent à 80frs le bénéfice
est donc de 20 francs.
Devoir : Souligne en bleu les mots "pommes de terre" et discutes-en
avaec ton voisin.
Enseignement assisté par ordinateur fin 1990
Un producteur de l'espace agricole cablé consulte en conversationnel une data bank qui display le day-rate de la patate. Il loade son progiciel de computation fiable et détermine la cash flow sur écran bit-map (sous Windows/ DoS avec config floppy et disque dur 4.MO).
Dessine avec ta souris le contour intégré 3D du sac de pommes de terre, puis logues-toi au network Internet par le 36.15 Code BP (Blue Patatoe), suis les indications sur le menu.
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Enseignement 2010
Qu'est-ce qu'un paysan ?
Dans la paracha de cette semaine (Béchalah) nous lirons le grand prodige de la traversée de la Mer Rouge. Que l'on soit septique ou croyant cet épisode nous donne malgré tout à penser. Les enfants d'Israël au coeur de l'esclavage ont vu leur propre progéniture jétée dans le Nil par le décret infâme du Pharaon. L'eau fut l'arme du crime. Or voilà que cette eau se retourne contre l'agresseur. Pour la tradition juive ce principe "mesure pour mesure" est la trace de la Providence divine. Le bien finit par triompher. Cela n'assèche pas les larmes de la souffrance et de la déchirure, mais cette idée donne la force de continuer à espérer. La grande invention de la religion d'Israël reste sans aucun doute l'Espérance, au point qu'elle est devenue l'hymne israélien.
À l'heure du procès Papon, n'oublions pas que le lundi 9 février marquera la libération du camp d'Aushwitz. Des hommes, des femmes, juifs ou non-juifs furent massacrés au nom d'une idéologie barbare. Notre mémoire ne doit pas s'endormir. C'est un devoir d'enseigner à nos jeunes de lutter toujours pour la vie.
"Les finances de la synagogue x étant en très mauvais état, le rabbin conseille au président de fixer le montant de la cotisation au prorata de la beauté de chaque épouse de la communauté. Chaque mari voulant vanter les qualités physiques de sa chère et tendre n'offre pas moins de 5000 frs par don (de quoi faire rêver M. Simon notre cher trésorier). Mais voilà qu'au milieu des enveloppes, le président trouve un billet de 2O frs de M. Y. Intrigué il attend que les femmes descendent de l'étage afin d'apercevoir madame Y.
En se rendant au bureau il annonce au chamache : "
va vite rendre la monnaie au mari".
Spécial Tunisie
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Si vous voulez savoir le sens
de la sehoudat Yitro chez les tunisiens
La paracha Michpatim (les lois) nous présente le début du code civil de la société hébraïque. Après la grande manifestation de Dieu au Sinaï donnant les Dix Commandements, arrive le temps où les lois et les jugements vont être proposés avec moins d'emphase mais avec le même objectif : construire une société où la justice permettra aux hommes de vivre dans le respect mutuel et la paix.
Le premier précepte traite de . . .Curieux verset qui suit juste les Dix Paroles qui ont été inaugurées par !
Non la Torah ne vient pas prôner l'esclavagisme, elle vient humaniser la relation entre les hommes. La société antique (même grecque) est une société où le maître n'a que des droits sur son serviteur, droit de vie ou de mort, alors que le sujet n'a que des devoirs vis-à-vis de son souverain. La grande révolution de cette paracha est de nous apprendre que le maître a aussi des devoirs vis-à-vis de son serviteur, devoirs de nourriture, d'habillement, de logement et de respect. Si jamais le propriétaire blessait son domestique, il devait immmédiatement le libérer, car l'esclave possède aussi des droits.
En fait la Bible nous présente à travers une législation du travail.
Nahmanide enseigne : cette paracha commence par le cas de l'esclave, c'est pour t'apprendre qu'il doit être libéré la septième année.
Réflexion à méditer pour notre société, où la lutte des classes au nom des profits personnels est loin d'être dépassée.
Parachiot Vayakel/ Pékoudé/ Para
Cette semaine, en plus de la double paracha Vayakel-Pékoudé du livre de l'Exode, nous sortirons une deuxième rouleau dans lequel nous lirons le chapitre de &laqno;la vache rousse» (para adouma). En effet à l'époque du Temple, il était de coutume de se purifier avec les cendres de cet animal brûlé. Rite symbolique, qui traduisait la volonté de quitter l'animalité du coeur, pour le service de Dieu, marqué par le choix de la vie.
Dans la paracha Vayakel, il est question des offrandes en or, en argent, en tapis, etc..., que chaque enfant d'Israël amena pour la construction du sanctuaire du désert.
La langue hébraïque fait partie des langues qui ne connaissent pas le verbe avoir. Pour le Judaïsme l'implication est claire : l'homme ne possède rien du monde matériel ; tout au plus l'individu est-il en relation avec les objets. En effet, ces objets peuvent être cassés, perdus, nous pouvons demain quitter ce monde, nous n'emporterons pas nos trésors dans nos valises. Seules les vertus et les bonnes actions peuvent appartenir de façon intime à l'histoire de chacun.
En donnant au Temple, comme aujourd'hui à la communauté, aux pauvres, au Talmud Torah, l'on apprend non seulement à donner, mais aussi penser que nous ne sommes au final que les gestionnaires de biens qui appartiennent au Créateur.
Cette conception s'inscrit dans le pur monothéisme hébraïque qui souligne en permanence le partenariat entre Dieu et l'Homme.
Nous commençons cette semaine, le troisième livre de la Torah, nomméVayiqra (Lévitique). Il traite dans un premier temps des sacrifices.
En relisant le texte, on s'aperçoit que le sacrifice possède une histoire et qu'il a répondu à diverses fonctions.
Tout d'abord ce sont Caïn et Abel qui apportent chacun le produit de leur labeur. Caïn offre des fruits, Abel une belle toison de mouton. À ce stade, le sacrifice est une offrande de biens, qui traduit un acte de reconnaissance vis-à-vis de Dieu, dispensateur de bénédictions. Cette initiative humaine est à souligner car Dieu n'avait jamais rien demandé de la sorte, tous au plus avait Il dit à Adam ne mange pas du fruit interdit.
Cette même attitude de don se retrouvera chez Noé, qui sacrifiera pour la première fois des animaux. En effet, après le déluge Dieu autorisa la consommation de la viande, afin de canaliser la pulsion de mort et la violence des hommes. Mais là encore le geste traduit un remerciement.
À partir d'Abraham, la fonction sacrificielle va s'augmenter d'un rôle éducatif, elle sert à faire connaître l'Éternel aux contemporains. C'est le sens du verset : "Il invoqua le nom de l'Éternel".
Par le patriarche nous quittons la religion statique, pour inaugurer la religion dynamique qui consiste à faire connaître Dieu, c'est à dire à faire connaître ses voies : la justice et la charité.
Enfin, en construisant le tabernacle, le sacrifice va devenir le moyen de prendre conscience de sa faute et de corriger ses égarements. D'où l'apparition d'un nouveau terme korbane qui vient de KRV = s'approcher, s'approcher de Dieu.
Est-ce à dire qu'il y ait opposition entre la démarche patriarcale et la révélation de Moïse ? Nullement ! S'approcher de Dieu ne peut signifier pour la Bible qu'une plus grande sensibilité vis-à-vis du prochain.
Tout autre lecture ne servirait qu'une cause extrémiste.
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